XI
Après la messe, les deux héros se confient leurs destinées bien différentes. Sîfrit, à l'aide de son talisman, promet à Gunther de l'aider à dompter l'épouse rebelle.
Ici le poëme, semblable à Daphnis et Chloé ou plutôt à l'Arioste, change de ton et tourne par sa crudité naïve en tragi-comique. Sîfrit, à l'aide de l'obscurité, pénètre sans être vu dans l'appartement nuptial, il lutte longtemps invisible avec Brunhilt et remet au roi son épouse vaincue et soumise. Il lui dérobe seulement un anneau et une ceinture soustraits pendant la lutte. Il s'évade sans avoir été reconnu et va rejoindre sa femme Kriemhilt. Le sujet nous oblige à abréger ces détails aussi poétiques, mais moins chastes qu'Homère. Cela est bien beau, mais un peu barbare. Passons.
XII
Cependant moitié amour, moitié jalousie, Brunhilt, la gigantesque héroïne devenue l'épouse de Gunther, insinuait à son mari l'envie de voir Sîfrit et sa femme Kriemhilt. Gunther résiste, puis il cède, il les invite à revenir prendre leur service à la cour.