Notes
[1]: Vie de Thésée.
[2]: Les 2,000 francs que M. Henin lui avait prêtés à Varsovie.
[3]: Études de la nature, t. I, p. 380.
[4]: Voyez ce morceau curieux, t. VII des Œuvres.
[5]: «Les Persans, dit M. Will. Franklin, si on les juge d'après leur conduite extérieure, sont sans contredit les Parisiens de l'Asie. Des manières grossières et insolentes envers les étrangers et les chrétiens caractérisent les Turcs; celles des Persans, au contraire, honoreraient toute nation civilisée, etc.» Voyage du Bengale en Perse, t. II, p. 29 de ma traduction. Je regrette de ne pouvoir transcrire ici le portrait des Persans, tracé par ce voyageur et par M. Scott Waring, p. 101 et suiv. de son Tour to Sheeraz; ce serait un curieux supplément au texte de Chardin, mais qui excéderait les bornes d'une simple note. (L-s.)
[6]: Les Arabes disent: Hadhâ mektsûb, Cela est écrit. Tous les musulmans croient que les moindres circonstances de la vie de chaque homme sont écrites de toute éternité dans un livre déposé au ciel, où, suivant le texte même d'Al-Bédaouy, célèbre commentateur, «elles sont décrétées et écrites sur une table conservée avant leur existence.» Il est inutile d'accumuler les citations pour prouver que les musulmans nient toute espèce de libre arbitre; leur fatalisme absolu et sans bornes est connu de tous ceux qui connaissent l'existence de la religion musulmane. Les principaux passages du Coran et des commentateurs de ce livre, relativement à cette désolante et impolitique doctrine, ont été soigneusement recueillis dans une dissertation historico-critique, intitulée: De fato Muha Medana, Lipsiæ, 1759, in-4o de 40 pages (L-s.)
[7]: Ce mot est le comparatif de meh, grand, et répond au mot majordome; cette charge est la même que celle de grand chambellan; il porte la bourse, l'anneau, la montre, etc., du roi, et ne le quitte jamais, pas même dans le harem, au milieu des femmes. Les fonctions de cet officier exigent donc qu'il ait cessé d'être homme. C'est ordinairement un eunuque blanc qui les remplit, et qui partage conséquemment l'espèce de culte que les flatteurs et les ambitieux rendent à son maître. Voyez Kaempfer, Amœnitates exoticæ, p. 81 et 82. (L-s.)
[8]: Repoussé, chassé par mépris, telle est la signification littérale du mot arabe employé par les Persans pour désigner un apostat. (L-s.)
[9]: Aghâ Mourâd. Le dernier mot signifie désir. (Note de Chardin.)
[10]: Lisez κανδηλαναφτης, kandilanaphtis (allumeur de chandelles); c'est un mot grec moderne et un titre des fonctionnaires dans les grandes églises. Ce mot est composé de κανδῆλι, kandila, chandelle, d'ανάπτω, anapto, j'allume. Le premier est latin, le second grec ancien. On dit aussi, à Constantinople, Κανδηλαφτης, candilaftis, en retranchant la troisième syllabe να (L-s.)
[11]: Sefâhâun nispé 'djihâun. Nisp est la corruption persane du mot arabe nessf, moitié. (L-s.)
[12]: M. Olivier n'en compte que 50,000; mais des renseignements très-positifs m'autorisent à croire qu'aujourd'hui cette ville contient encore près de 200,000 âmes. (L-s.)
[13]: Chardin a sans doute voulu écrire Acroceraunii; car aucun géographe ancien ne parle des monts Acrocerontes. Quant aux monts Acroceraunii, ils étaient situés en Epire; mais Paul Orose donne aussi ce nom à des montagnes qui séparent l'Arménie de l'Ibérie. Historiar. lib. I, cap. II, pag. 19, ex edit. Havercamp. (L-s.)
[14]: «Le Zendéh-roûd d'Issfahàn (certains manuscrits portent Zâyendéh-roùd) coule de la montagne Zerdéh (jaune), et autres montagnes du grand Lor, sur les confins de Djouycerd; il traverse le canton de Roùd-Bàr, dans le Loristàn; il arrose Feyroùzan et Issfahàn, et finit sous le terrain de Kâoù Khâny, dans le canton de Roùyd Chétyn. Son cours est de 70 (ou 80) farsangs. Ce fleuve a cela de particulier, que, lorsque l'on l'arrête tout entier dans un endroit, il s'en échappe encore assez d'eau par la filtration pour former un grand fleuve. Voilà pourquoi on le nomme Zendéh ou Zdyendéh (vivace) et, comme dans le temps des semailles, on emploie tellement toute son eau qu'il ne s'en perd pas une goutte, cette précieuse destination lui a valu le surnom de Zéryn roùd (rivière d'or).
«Le Mêçâlik êl Mêmâlik (routes des royaumes), et l'A'djaïb-al-Makhloùqât (merveilles de la création), nous apprennent qu'à la distance de 60 farsangs de Gâoù-Khâny, ce fleuve reparaît dans le Kermàn et va se jeter dans la mer Orientale (peut-être la mer des Indes). On dit que l'on fit autrefois un paquet de joncs facile à reconnaître, et qu'on le jeta dans l'eau à Gâoù-Khâny: il reparut dans le Kermàn. Cette petite expérience prouve que de Gâoù-Khâny, jusqu'au Kermàn, le sol est extrêmement escarpé et hérissé de montagnes, et surtout beaucoup plus élevé qu'à Gâoù-Khâny; de manière que l'eau passe sous la terre, plutôt que de se frayer un passage dessus. Du Kermàn à la mer Orientale, la distance est considérable, et toute cette étendue de pays est occupée par différents États. S'il en est ainsi, l'eau disparaît dans cette même étendue. C'est ce qu'on lit dans l'ouvrage intitulé: Ouâq'à Mérïy. Or, dans les années de sécheresse, où le pays de Gâoù-Khâny n'est pas arrosé, le passage ou l'expérience dont nous avons parlé ne peut pas avoir lieu.» Nozahat âl qoloùb, manuscrit persan de la Bibliothèque impériale, n. 127, pag. 286 et 287, et n. 139, pag. 747, 748. (L-s.)
[15]: Mohhmoùd Ker, Mahmoud le Sourd.
[16]: Djâny-Khân était général des qourtchy.
[17]: Vour: ce mot est turc; c'est l'impératif du verbe voùrmaq, et plus correctement, ôùrmaq, frapper, tuer, poignarder. (L-s.)
[18]: Anâ khânum: ces deux mots sont turcs. On a déjà remarqué que le turc était et est encore aujourd'hui plus usité que le persan à la cour de Perse. (L-s.)
[19]: Cherâbdjy bâchy, dont il a été parlé déjà plusieurs fois.
[20]: Lisez mâh-tâb, clair de lune. (L-s.)
[21]: Karvânseraï Massqoud a'ththâr. Ce dernier mot a'ththâr n'a aucun rapport avec l'huile, à moins qu'on n'entende l'huile essentielle, odoriférante. Il signifie un parfumeur, un droguiste, un fabricant et un marchand de a'ther, a'thr, ou o'thr, parfum en général; et, par excellence, l'essence de roses, qu'on désigne encore plus particulièrement par les mots a'thrgul. Voyez mes Recherches sur l'essence de roses, un petit volume in-12, imprimé en 1804, à l'Imprimerie impériale. (L-s.)
[22]: Châh A'bbâs consacra cinq cents toùmâns à l'embellissement de cette place, l'an du Pourceau, qui fait partie des années 1020 et 1021 de l'hégire (1611-12 de l'ère vulgaire). Voyez le Târykh à'âlem Arây fo 168 verso, du manuscrit de M. de Sacy, et f. 337 du manuscrit de la bibliothèque de l'Arsenal. (L-s.)
[23]: Les ssòfy sont un corps d'élite parmi les qourtchy. Voyez, t. V, p. 309. (L-s.)
[24]: Thâoùs khâunéh signifie la maison, la volière des paons. Peut-être Chardin a-t-il voulu écrire thà'at-kháunéh, ou thà'ât khauneh, mots qui ont, en effets la signification indiquée par notre voyageur. (L-s.)
[25]: Je doute fort de la justesse de la signification indiquée ici par Chardin, quoiqu'elle se retrouve encore dans sa Relation du couronnement de Soliman, cérémonie qui eut lieu dans cette même salle. Tàlâr désigne bien un grand salon à jour, soutenu sur des piliers, des poutres, ou des colonnes. Thaoùyléh, ou thavyléh, est un mot moghol adopté par les Persans, qui signifie, en effet, écuries.
[26]: Je suis intimement persuadé que Chardin répète ici la même erreur que j'ai déjà relevée, et confond la langue et l'écriture qofthes ou égyptiennes modernes avec l'écriture kufyque, dont les Arabes se servaient autrefois. (L-s.)
[27]: J'ai souvent occasion de citer dans mes notes la relation de ce voyageur exact et savant. (L-s.)
[28]: Tchehel sutoùn. On donne le même nom aux ruines de Persépolis. (L-s.)
[29]: Hharam, sanctuaire, lieu où il est défendu de pénétrer. Sérail est la corruption du mot turc et persan Séraï, grande maison, hôtel, palais. Le hharam ou hharem est dans le séraï. Il ne faut pas confondre ces deux mots. (L-s.)
[30]: Lisez i'marat ferdoûs, bâtiment, pavillon du paradis Dyvan ayynéh, et plus bas, i'marat dêryaï chah. Bâtiments, pavillons de la mer royale. Il y a, dans la description et la mesure des parterres et des étages, une incohérence que nous ne pouvons attribuer qu'à l'inexactitude de l'imprimeur ou à une distraction de l'auteur. La même faute se trouvant dans les deux formats de l'édition de 1711 et dans celle de 1735, nous ne pouvons la rectifier. (L-s.)
[31]: Cette allée, nommée Tchéhâr bâgh, les quatre Jardins, comme notre voyageur le dit lui-même, a été mesurée par Kaempfer, qui compta soixante-trois grands pas de large, seize cent vingt pas en deçà du pont, et deux mille deux cents au delà, lesquels, joints aux quatre cent quatre-vingt-dix pas du pont même, font une longueur de quatre mille trois cent dix pas. On nommait encore cette immense allée Thaq sebz, la Voûte verte. Amœn., p. 173. Elle fut plantée à Ispahan, et embellie d'un grand nombre d'édifices somptueux, par les ordres et sous l'inspection immédiate de Châh A'bbâs Ier, dans la onzième année de son règne, l'an 1006 de l'hégire (1597-8 de l'ère vulgaire). Les grands s'empressèrent d'imiter son exemple et de seconder ses vues: en peu de temps, on vit s'élever une infinité de palais, de mosquées, etc. Tarykh A'alem araì A'bbacy, fo 58 du manuscrit de M. Silvestre de Sacy, et fo 110 et suiv. de celui de l'Arsenal. (L-s.)
[32]: Kaempfer nomme ce pavillon khiloùét, chambre particulière, solitaire, et en donne la description, p. 185-187 de ses Amœnit. exoticæ. (L-s.)
[33]: Que Kaempfer nomme baghi goùch khauneh toùqdjy, jardin et volière des faucons (hors de la porte) de Toqdjy, mentionnée tome VII, p. 9 et suiv. Amœnitates exoticæ, p. 192. (L-s.)
[34]: Allah-Veyrdy Kân: Kaempfer le nomme Alay Verdy Khan, et dit qu'il est célèbre par la conquête du pays de Lâr; mais j'ai, en faveur de ma rectification, la grande histoire intitulée: Tarykh à'âlem arâi A'bbacy, que j'ai déjà eu occasion de citer, et dans laquelle, fo 99, verso, du manuscrit de M. de Sacy. Allah-Veyrdy Khân, est mentionné comme généralissime (Emyr at-Omra) de la province de Fârs. Le pont qu'il fit bâtir se nomme aussi pont de Djulfah, parce qu'il conduit à ce faubourg. (L-s.)
[35]: Bembo et Kaempfer n'en comptent que trente-trois; le premier a trouvé vingt pas de large sur deux cent cinquante de long, et l'autre, douze de ses pas de large sur quatre cent quatre-vingt-dix de long. (L-s.)
[36]: Notre voyageur a donné déjà quelques détails sur Djulfah.
[37]: Kaempfer donne à l'Hezar Djéryb (Mille-Arpents), plus de mille trois cents pas en carré. Le sol, dit-il, en est sablonneux et stérile, mais a acquis une certaine fertilité, grâce au ruisseau Tchouhouchah qu'on a fait dériver du Zendéh-roùd à la distance de trois farsangs, et qu'on subdivise en un grand nombre de petits courants qui répandent la fraîcheur et favorisent la végétation dans ce jardin. Amœnitates exoticæ, p. 193-195. (L-s.)
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