V

Le premier de ces chants est un récit nuageux, mais transparent, de l'histoire de Fingal père, d'Ossian, grand-père d'Oscar, aïeul de Toscar et de Yaul, ses petits-fils. Ce fut la première des traductions galliques que Macpherson essaya de donner à ses compatriotes dix ans avant les autres poëmes ou chants dont son recueil se compose. Ce premier chant est par là même le plus véridique et le plus soigné. Macpherson, encore inconnu, voulait se signaler à leur attention par des qualités plus irréfutables. L'authenticité en était avérée et presque populaire parmi les vieux bergers de la Calédonie. Beaucoup d'ecclésiastiques des montagnes connaissaient et possédaient des fragments de ce poëme. Ils ne sont pas les plus beaux, mais ils sont les plus mémorables de ces chants. On y découvre toute la filiation historique des chefs et des bardes de ces dynasties de combattants et de chanteurs. Ce sont les Achilles et les Homères de ces âges de héros et de poëtes. Lisez avec attention cette espèce de préface historique. Elle vous donne la clef des autres mémoires ossianiques.