ARISTE.

Vous parlez, Polyphile, comme si les idées qu'on attache à un mot, dépendantes de ce mot, naissaient, changeaient et mouraient avec lui; et parce qu'un nom, comme Dieu, âme ou esprit a été successivement le signe de plusieurs idées dissemblables entre elles, vous croyez saisir dans l'histoire de ce nom la vie et la mort de ces idées. Enfin, vous rendez la pensée métaphysique sujette de son langage et soumise à toutes les infirmités héréditaires des termes qu'elle emploie. Cette entreprise est si insensée que vous n'avez osé l'avouer qu'à mots couverts et avec inquiétude.