SAINT-AUGUSTIN.
Oui, ces vérités doivent être prises au sens littéral. C'est la vraie chair des damnés qui souffrira dans les siècles des siècles. Les enfants morts sitôt le jour ou dans le ventre de leur mère ne seront point exemptés de ces supplices. Ainsi le veut la justice divine. Si l'on a peine à croire que des corps plongés dans les flammes ne s'y consument jamais, c'est un pur effet de l'ignorance, et parce qu'on ne sait pas qu'il y a des chairs qui sa conservent dans le feu. Telles sont celles du faisan. J'en fis l'expérience à Hippone, où mon cuisinier, ayant apprêté un de ces oiseaux m'en servit une moitié. Au bout de quinze jours, je redemandai l'autre moitié, qui se trouva encore bonne à manger. Par quoi il apparut que le feu l'avait conservée comme il conservera les corps des damnés.