XXVIII
Le lys est le plus beau des enfants du zéphire,
Il lève un front superbe et demande l'empire.
Des suaves esprits dans sa coupe formés,
L'air, les eaux, le bocage, au loin sont embaumés.
Sous l'herbe, loin des yeux, plus aimable et moins belle,
La violette fuit. Son parfum la révèle,
Avertit qu'elle est là; que, voulant se cacher
Là, pour le sein qu'on aime, il faut l'aller chercher.
XXIX
A L'HIRONDELLE
Fille de Pandion, ô jeune Athénienne,
La cigale est ta proie, hirondelle inhumaine,
Et nourrit tes petits qui, débiles encor,
Nus, tremblants, dans les airs n'osent prendre l'essor.
Tu voles; comme toi la cigale a des ailes.
Tu chantes; elle chante. À vos chansons fidèles
Le moissonneur s'égaye, et l'automne orageux
En des climats lointains vous chasse toutes deux.
Oses-tu donc porter dans ta cruelle joie
A ton nid sans pitié cette innocente proie?
Et faut-il voir périr un chanteur sans appui
Sous la morsure, hélas! d'un chanteur comme lui!
(Trad. d'Événus de Paros.)