CHAPITRE XVI
Ruine de Mme Duplessy.—Procès avec M. de Pauferrat: mémoires judiciaires.—Installation rue du Cahernan.—Nouvelles habitudes.—M. et Mme de Cursol à Fonchereau.—Vie d’un gentilhomme campagnard.—Correspondance de Mme Duplessy.—Une petite-fille de Montaigne.—Personnages divers.
Désintéressée dans ce débat héroïque, Mme Duplessy n’eut point à en subir les meurtrissures. Mais, au moment même où il se déroulait, d’autres épreuves bouleversaient son existence.
L’aîné de ses fils, François-Sabin, était, comme ses pères, entré au Parlement. Un mariage d’inclination, contracté avec une personne sans fortune, ne lui permit pas de conserver des fonctions aussi peu lucratives: il se retira d’abord en Médoc, puis à Paris, où il devint secrétaire perpétuel de la Société des Sciences[371].
Mise en demeure de fournir des comptes de tutelle, Mme Duplessy se trouva fort dépourvue. Les revenus de ses terres n’avaient cessé de décroître, tandis que ses dépenses allaient en augmentant... Les frais d’un salon, au siècle dernier, n’étaient point chose négligeable. Poètes et philosophes, quelque dégagés qu’ils fussent de la matière, ne faisaient point fi des menus savoureux: la légende de Scarron, remplaçant le rôt par un choix d’anecdotes, est de celles qui prêtent à la controverse... En vue de soutenir son train de maison, Mme Duplessy avait dû vendre quelques terres et contracter des dettes[372].
Pour comble de malheur, ce premier litige ne tarda pas à se compliquer d’un second, soulevé par son beau-frère, M. de Pauferrat, lequel, condamné par la retraite à ne plus trancher les différends des autres, s’ingéniait à faire de la procédure pour son compte, afin de n’en point perdre «l’heureuse accoutumance»: un adversaire redoutable, rompu à la chicane et prenant un malin plaisir à multiplier les attaques.
L’usage était alors de publier des mémoires contenant, avec des vérités bonnes à retenir, un flot d’indiscrétions, de perfidies, parfois même d’injures. Le factum de M. de Pauferrat, empreint d’une ardeur sénile, constitue un des spécimens les plus curieux de ce genre de littérature. Assorti de lardons et d’épigrammes, tantôt en prose, tantôt en vers, latins ou français, il dut mettre en belle humeur les perruques de la Grand’Chambre[373]. L’exorde, emprunté à la langue de Corneille, rappelle la prospérité des ancêtres, la situation brillante de l’auteur commun, les vertus de sa vénérable compagne... Comment—s’écrie l’émule de Petit-Jean—cette digne matrone procédait-elle pour accroître le bien familial?
En ne l’employant point en bijoux ni dentelles,
Plantes, fleurs, cabinet d’histoire naturelle,
Festins, jeux et concerts, peintures et vernis,
Mais en le ménageant pour elle et pour ses fils.
C’est ainsi que, voulant éviter la critique,
Elle leur conserva leurs charges, leurs maisons,
Enseignant à ses brus, sans savoir la physique,
Que le meilleur système est de garder ses fonds.
C’est Bélise traitée de belle manière par un Chrysale retors, hargneux et jaloux d’amuser la galerie. Mlle Élisabeth n’est point oubliée dans ce flot d’outrages: elle se voit reprocher la foule de soupirants, de flatteurs, de parasites qui lui font cortège... On va même jusqu’à mettre en doute son honneur et sa probité. Tout cela pour réclamer «une portion légitimaire»[374]!
Au milieu de ces déboires, l’aimable femme trouvait le moyen d’assurer l’avenir de ses enfants. Le plus jeune, Claude-François, était pourvu d’un emploi sur la flotte. Sa fille cadette, Jeanne-Marie-Victoire, épousait un avocat de talent, M. de Lamontaigne, frère du conseiller[375]. Enfin, l’aînée, encore meurtrie des traits lancés par un oncle barbare, se décidait à accorder sa main à un gentilhomme de bonne maison, M. Méric de Cursol, l’arrière-neveu de Michel de Montaigne[376]. Ces mariages ne purent se réaliser qu’au prix de lourds sacrifices, dont le plus dur fut la vente de l’hôtel du Jardin-Public... Partagés, les meubles artistiques provenant de la succession de M. de Chazot! Dispersées, les collections qui faisaient la joie des connaisseurs! Délaissés, les instruments de physique qui excitaient la verve railleuse d’un adversaire impitoyable! Il ne resta de ces richesses à celle qui, si longtemps, les mit en œuvre, que ses livres préférés—parmi lesquels le Temple de Gnide bien relié en maroquin vert—et quelques toiles de choix: les Téniers, les Berghem, les Wouwermans... De la vie large, mondaine, agrémentée des jouissances de l’esprit, on passait à l’existence modeste, parfois gênée, d’une petite bourgeoise.
C’est rue du Cahernan, dans une maison du procureur Aumailley, tout proche son ami M. Buhan, avocat et jurat[377], que nous retrouvons Mme Duplessy[378]. Plus de laquais galonnés: son personnel se réduit à une camériste, Suzette, et à «une petite cuisinière servante»—que ferait-elle d’une grande!—sachant préparer un bouillon, mettre à la broche un rôt et mijoter une blanquette. Deux autres personnages, l’un à plume, l’autre à poil, complètent cet intérieur: une poule, aux ailes irisées, qui pond chaque matin un œuf exquis, et Circé, une bête de race, qui répond au signalement suivant... «Robe de couleur puce tirant sur l’écureuil, de jolies oreilles bien portantes, un fouet qui monte jusqu’aux épaules, les quatre pieds et l’estomac blancs, la tête mignonne, le museau fin, et toutes les grâces de l’enfance, car elle n’a pas encore deux mois et n’est guère plus grosse que le poing.»
La maîtresse du logis a maintenant dépassé l’âge des succès personnels et atteint celui où, d’après la duchesse de Brancas, il faut quitter les mouches pour la coiffe, la comédie pour le sermon, les parties fines pour le directeur de conscience, et les galants pour les amis «plus capables de soins que d’entreprises»... S’il est vrai, comme l’assure Larochefoucauld, que la vieillesse soit l’enfer des femmes, il est permis de croire que la règle souffre des exceptions. Mme Duplessy en est la preuve. Cette jeunesse qui l’a fuie, elle la contemple d’un œil ému, mais sans amertume. Même humeur, même sérénité, mêmes goûts qu’autrefois, et même confiance en l’avenir...
Vieille, cette septuagénaire? L’est-elle bien?... Voyez-la passer, dans sa robe de taffetas d’Espagne, mollement appuyée sur la canne d’ébène qu’elle acheta à la dernière foire. Sans doute, ses cheveux ont blanchi, sa bouche s’est plissée aux coins, les rides sillonnent son visage... Mais que de verdeur encore dans tout son être, que de grâce en ce sourire, que de charme au fond de ces yeux doux et pénétrants! Quant au cœur, il est resté chaud et généreux, en dépit de certain scepticisme inhérent à l’âge: une pensée noble le transporte, la contemplation d’une œuvre d’art le trouble, et la vue d’une touffe de roses ensoleillées le rend rêveur comme à vingt ans.
La fidélité s’impose à l’égard de ces natures d’élite «faites d’atomes accrochants»[379]. Mme Duplessy n’a perdu aucun de ses adorateurs. Barbot est demeuré son confident; le président de Lalanne lui fait une cour assidue; le Père François, dont les châteaux se disputent l’alerte vieillesse, est plus empressé que jamais. Quant à Dom Galéas, l’ami Patience, il continue son rôle de factotum, sans d’ailleurs y perdre une rime, une tirade déclamatoire, un coup de dents. Rien de changé pour lui dans la maison, si ce n’est la table devenue plus frugale. Mais lorsque «la petite cuisinière servante» a préparé, pour unique rôt, un plat de morue blanche, on mène le Révérend dîner chez quelque intime du voisinage... De la morue! s’écrie Mme Duplessy, jugez si c’est un mets de Bénédictin!
Ses relations féminines ne sont pas moins nombreuses. Elles comprennent tout un monde de douairières parmi lesquelles Mmes Le Berthon, de Brach, de Pontac, de Secondat, Dartigaut, de Saint-Angel, et un bouquet de jolies femmes où brillent, au premier rang, la comtesse de Reigniac et la captale de Buch, délicieuse malgré sa toilette extravagante et son chapeau à bords relevés comme celui que portait la Grande Mademoiselle. Partout, l’académicienne des Arcades est la bienvenue. Les réunions auxquelles on la convie n’ont rien des assemblées littéraires qu’elle présida jadis; mais on trouve encore, dans quelques salons, des causeries variées avec une partie de brelan, de piquet ou de whist à dix sous la fiche. On use—disons-le tout bas—de cartes de contrebande, et l’on se retire satisfait quand on gagne la course de ses porteurs ou le montant d’un billet de loterie, dont le prix est de trois livres.
Mais les heures préférées de Mme Duplessy sont celles qu’elle consacre à la série de lettres familières dont la bibliothèque de la Ville a reçu le dépôt[380]. Leur destinataire est sa fille, Mme de Cursol, confinée aux champs avec son mari... Quelques mots sur ce couple, uni de fraîche date, donneront une idée des hobereaux de village, en plein XVIIIe siècle, à la porte même de Bordeaux.
M. de Cursol, qui s’intitulait seigneur des maisons nobles de Talence et de Fonchereau, venait de quitter le service avec la croix de Saint-Louis. C’est dans ce dernier domaine—paroisse de Montussan—qu’il s’installa avec sa jeune femme. Le logis n’avait rien de remarquable: une bâtisse vulgaire environnée de communs où gîtaient serviteurs et paysans. Ni luxe, ni confort. L’été, on se garait de la chaleur; l’hiver, il était difficile de lutter contre le froid.
Le pays étant giboyeux, surtout riche en lièvres, M. de Cursol passe ses journées à la chasse. Il s’occupe aussi de ses terres, fauche ses prés, échenille ses bois et veille à la culture de ses vignes dont il tire, les bonnes années, jusqu’à cent tonneaux de vin. Le beau militaire d’autrefois néglige un peu sa toilette. Habits de velours, culottes de soie, vestes de satin ne lui font pas défaut; mais il donne la préférence à des vêtements que son meunier dédaignerait pour ses dimanches, et fait sa compagnie habituelle d’une meute de chiens courants gratifiés de noms pompeux: Daphnis, Cyrus, Chloé, voire Alexandre... Au demeurant, le meilleur époux du monde, aux petits soins pour sa femme, et adorant sa belle-mère qui ne lui ménage ni tendresses ni friandises.
Mme de Cursol s’accommode moins bien des occupations champêtres. Elle préside à la confection du confit, élève des poissons rouges et dresse des servantes qu’elle paie vingt écus par an[381]. Au besoin, elle battrait le beurre, cet exercice étant à la mode depuis que la dauphine, Marie-Antoinette, fut surprise dans cette posture, manches retroussées jusqu’aux épaules. La surveillance du potager, un peu de musique, beaucoup de lectures—et l’on parvient à atteindre le soir.
A l’heure du souper, les seigneurs du domaine s’adjoignent l’abbé, une façon de chapelain à la tonsure récente, qui pleure à chaudes larmes lorsque ses chefs, pour l’appeler à un vicariat, l’arrachent à cette sinécure. C’est que la maison est bonne; elle prit ce séminariste maigre et dépourvu d’orthographe; elle le rend gras et parlant français... Le repas expédié, les servantes desservent, et, dans cette même pièce, encore imprégnée du parfum des sauces, on lit en commun les journaux de la semaine: les Gazettes à la main, venues clandestinement de Paris; l’Iris de Guyenne, une nouvelle publication bordelaise[382], et les Annonces-Affiches, en échange desquelles M. de Brach, lorsqu’il séjourne à Montussan, envoie le Mercure de France[383]. Puis, chacun se recueille; l’abbé tire son bréviaire et rêve qu’une riche abbaye lui tombe du ciel; Madame, en proie à ses vapeurs, absorbe un bouillon de grenouilles mélangé de jus d’herbes et de fleurs de sureau; et Monsieur, après avoir craché en parabole, comme le grand seigneur des Lettres persanes, s’endort côte à côte avec sa chienne favorite, tandis que ce coquin de Daphnis—une bête insupportable—s’étend en rond sur les chenets.
Des visites? c’est chose rare. Sans doute, trois lieues, à peine, séparent Fonchereau du porche de Saint-André, mais quelles lieues! A pied ou à cheval, on en vient à bout dans une matinée; en voiture, elles sont infranchissables. On ne se fait pas une idée de l’état des chemins dans ce coin de l’Entre-deux-Mers; partout, rampes ardues, fondrières en façon de précipices, marais où l’on demeure embourbé. C’est en fermant les yeux, en se bouchant les oreilles, et avec une envie folle de se jeter à bas de la charrette à bœufs qui la transporte, que Mme Duplessy accomplit le voyage. Aussi ne se risque-t-elle qu’une fois l’an, à l’époque des vendanges, et il n’est pas improbable qu’avant de tenter l’aventure elle ne mette ordre à ses affaires, comme si elle s’embarquait pour Jérusalem ou Constantinople.
Triste existence, en somme, que cette réclusion au milieu des boues. Mme de Cursol, malgré l’attachement qu’elle porte à son mari, ne laisse pas que de s’en apercevoir. D’où la correspondance presque quotidienne qui s’échange entre les deux femmes. On s’écrit souvent par la petite poste, une création récente due à l’initiative du sieur Loliol, secrétaire général de la cavalerie du roi[384]. Mais la petite poste n’est pas plus sûre que la grande... Les paquets s’y égarant avec une facilité prodigieuse, on communique par messagers toutes les fois qu’il s’agit de choses confidentielles.
Que Mme de Cursol, au fond de sa solitude, attende avec impatience les lettres maternelles, cela se conçoit sans peine. Ces lettres sont, en effet, de nature à la distraire. Il y est question de tout, des nouvelles du jour, du mariage en perspective, des baptêmes et des enterrements, des fortunes qui s’élèvent et de celles qui périclitent, du parvenu en quête de savonnettes à vilains et du traitant enivré de ses écus, des plaideurs pourchassant leurs juges, des intrigues de théâtre et des scandales mondains. A une appréciation touchant l’ouvrage qui vient de paraître succèdent des détails sur l’étoffe à la mode: aujourd’hui le Palais-Royal, une sorte de gaze légère, demain l’Alexandrine brillantée, dont la nuance est rose tendre. Après quoi, on passe aux recettes de cuisine et aux méthodes de jardinage, pour revenir de nouveau à la silhouette des gens en vue[385].
Oh! la mine est inépuisable, car Bordeaux fourmille de figures bizarres...
N’en est-ce point une curieuse que cette comtesse de Béarn qui, malgré les pleurs de tous les siens, consentit à servir de marraine à Mme Dubarry pour sa présentation à la cour? Tenez! La voilà qui débarque de Versailles, après ce scandale retentissant: «Mme la comtesse de Béarn est ici, toujours pour ses procès. Ce n’est plus cette dame que nous avons vue mise si simplement et dont les manières étoient assorties à la parure. Elle a un ton de cour bien fait pour elle, et beaucoup de rouge. Sa fille vient de faire un très grand mariage. Elle a épousé M. de Pontchartrain, frère unique de M. de Maurepas, lequel n’a point d’enfants. Il est vrai qu’il a soixante ans et qu’elle n’en a que vingt-neuf; mais c’est une fortune immense. C’est M. le duc d’Aiguillon qui a fait ce mariage. Deux autres filles qu’a Mme de Béarn sont chanoinesses à Metz.»
Des honneurs, des alliances, des prébendes: c’est dans l’ordre... La bénéficiaire ne se montre pas ingrate. Devenue riche par un coup du sort, elle s’applique à faire de sa protectrice le plus touchant portrait... Mme Dubarry, assure-t-elle, est une calomniée: pour un peu, elle dirait un dragon de vertu!... Mais le piquant, c’est que—cousine de M. de Cursol—la comtesse de Béarn descend en droite ligne de l’auteur des Essais: on peut croire que, malgré son scepticisme, le seigneur de Montaigne n’eût point vu sans déplaisir les complaisances de sa petite-fille[386].
Et le défilé continue, pour le plus grand amusement de Mme de Cursol, dont ces récits dissipent les vapeurs... Voici encore quelques silhouettes tracées à son intention:—le chanoine Boier, un horticulteur habile dans l’art de créer des variétés de fleurs;—le financier Beaujon, escorté de son sérail dont plus d’un sujet, recruté dans le bon monde, naquit sur les rives du Peugue[387];—l’actrice Mlle Dix-Neuf, qu’on admire dans son carrosse à quatre chevaux, un présent de l’ambassadeur du Maroc;—des jeunes filles qui se résignent à épouser des vieillards cacochymes;—des folles de soixante ans conduisant à l’autel des éphèbes à peine hors de page;—un conseiller, dont le père vendait du poisson salé, et qui, féru de noblesse, essaie de se rattacher à Guillaume le Conquérant; d’où une hilarité formidable à la barbe de l’intéressé, lequel, finalement, a le bon esprit de rire plus fort que la galerie... Gardez-vous de douter de ces menus faits. Mme Duplessy ne verse que du bon coin: «J’en puis parler savamment, déclare-t-elle, j’y étois!»
Tout cela coule de source. Ce n’est ni l’apprêt de grande dame, ni le raffinement d’élégance, ni l’enjouement voulu de Mme de Sévigné. Mais, peut-être, plus justement que la spirituelle marquise, l’épistolière bordelaise a-t-elle le droit de dire que, chez elle, l’expression vole sur le papier et que sa pensée a toujours la bride sur le cou. A peine se permet-elle, de loin en loin, une modeste entrée en matière: «Je vais vous faire une histoire, et, pour cela, je change de plume, car vous voyez bien que celle-ci est trop usée...» Et la plume neuve de courir en zigzags pittoresques où le naturel, assaisonné de sel gascon, le dispute à la fantaisie de l’orthographe.
On épuise ainsi tous les sujets, sans lasser la châtelaine de Fonchereau, dont la curiosité réclame toujours un nouvel aliment. «Mes gazettes vous amusent, réplique Mme Duplessy, c’est tout ce que je demande. Débitez-les, mais ne les donnez pas à lire. Elles ne sont écrites que pour vous. Si je croiois qu’elles dussent passer par d’autres mains, cela me gêneroit dans mes narrations[388].» Et comme prix de la discrétion qu’elle sollicite, l’excellente femme joint à son envoi des flacons d’eau de senteur, des pastilles de chocolat, des bonbons de jurade[389], pour sa vaporeuse correspondante—sans compter tout un lot d’oranges, de pistaches de Verdun, de macarons, destinés au plus gâté des gendres.
Après quoi, elle se remet en campagne, jetant un regard curieux sur tout ce qui l’environne... Justement, la voilà qui rentre, après de fructueuses investigations. Elle tend sa canne à Suzette, quitte le point-du-jour drapé sur ses épaules, détache son voile de guipure qu’elle porte à la modestie, respire le parfum des fleurs qui garnissent sa cheminée, va clore la fenêtre d’où elle adresse un salut amical au bon M. Buhan, et s’assied à sa petite table...
Respectons son recueillement, et, mettant ses notes à profit, reprenons le cours de cette étude.