L’OIE

Une voix avait dit: «Cet enfant est bête comme une oie.» Aussitôt, de longs cous blancs frémirent, des becs jaunes s'agitèrent et du troupeau des Oies, qui picoraient dans la cour de la ferme, s’élevèrent alors de vives protestations.

Les Oies ne sont pas aussi bêtes qu’on le raconte. Quand elles s’en vont en se dandinant, leur gros ventre en avant, l’air grave et prétentieux, elles savent bien choisir les prairies les plus grasses et les jardins les plus ombreux. Elles savent distinguer les pousses tendres et les raisins mûrs.

Et puis n’ont-elles pas jadis sauvé le Capitole!

Les Oies sont estimées pour les succulents rôtis et les délicieux pâtés de foies gras qu’elles nous donnent.

C’est avec leurs plumes qu’on fait les édredons.

Il existe aussi des histoires appelées "Contes de ma Mère l’Oye". Ces récits naïfs et malicieux charment depuis deux siècles tous les petits enfants de France.