NOTES

[Note 1: ][ (retour) ]Aujourd'hui conservés à la bibliothèque de Carcassonne, où ils forment la meilleure part du fonds Peyrusse. Voir le Catalogue général des manuscrits des bibliothèques des départements, tome XIII, Carcassonne, par Léon CADIER. Un volume in-8°, Paris, Plon.

[Note 2: ][ (retour)] Voir Correspondance de Napoléon Ier, t. XXVII, et ma publication signalée plus haut.

[Note 3: ][ (retour) ] Marcellin PELLET, Napoléon à l'Île d'Elbe, un vol. in-12. Paris, Charpentier, 1889.

[Note 4: ][ (retour) ] Les Souvenirs de Foresi ont été publiés par son petit-fils. J'ai publié les notes de Rebuffat (adressées à Pons) sur Porto-Longone durante il primo imperio dans l'Archivio storico italiano (série IV, tome XVI, 1895).

[Note 5: ][ (retour) ] Henry HOUSSAYE, 1815, p. 193. Pons, dans son Mémoire aux puissances alliées, parle du «landau impérial».

[Note 6: ][ (retour) ] En 1809.

[Note 7: ][ (retour) ] «Pons à Barras.»

[Note 8: ][ (retour) ] «De la bataille et de la capitulation de Paris, extrait d'un Essai historique sur le règne de l'empereur Napoléon, suivi de la 2e édition du Congrès de Châtillon», par PONS. Paris, Delaforest, 1828.

[Note 9: ][ (retour) ] Sur M. Cornet Peyrusse on trouvera des renseignements utiles dans un rapport sur la Bibliothèque municipale de Carcassonne, dû au bibliothécaire M. Izard et publié dans les Mémoires de la Société des sciences et arts de cette ville.

[Note 10: ][ (retour) ] On peut supposer qu'il le sut par les Cormenin, alliés à la famille de G. Peyrusse.

[Note 11: ][ (retour) ] La lettre d'envoi est conservée avec les autres papiers de Pons.

[Note 12: ][ (retour) ] Aujourd'hui dans la collection d'autographes de la même bibliothèque.

[Note 13: ][ (retour) ] C'est par une singulière erreur qu'ils ont été classés dans le fonds Mahul, où Cadier les a laissés.

[Note 14: ][ (retour) ] J'en ai publié quelques fragments, les moins dénués d'intérêt, dans diverses revues italiennes.

[Note 15: ][ (retour) ] Dans la collection de la Société d'histoire contemporaine.

[Note 16: ][ (retour) ] Voir ci-dessous, chapitre XI.

[Note 17: ][ (retour) ] Voici la version sacrifiée par Pons: «L'Empereur avait l'air riant:--Vous commentez Télémaque?--Non, Sire, mais je l'explique, et mes explications sont écrites.--Faites-vous allusion à ma personne?--J'en fais à votre gouvernement.--En quel sens?--Pour l'intérieur, en plus d'un sens. Et pour l'extérieur?--Tout à l'avantage de Votre Majesté.--Il vous faut bien étudier les causes et les effets.--C'est à quoi je m'applique.--Fénelon fabriquait des rois divins, mais les rois sont des hommes, et ne sont que des hommes, un assemblage de défauts et de qualités, de vices et de vertus. Les plus grands rois sont ceux qui sont les moins imparfaits; ils n'échappent point à la loi commune. Ces principes doivent vous aller?--Oui, Sire, ils m'enchantent.--Tant mieux.» Et l'Empereur, visiblement satisfait, rentra dans son appartement.

[Note 18: ][ (retour) ] Voir ci-dessous, deuxième partie, chapitre premier, sous-chapitre V.

[Note 19: ][ (retour) ] «Dès qu'il y eut mis pied à terre, le temps devint orageux, si orageux que le brick ne put plus s'approcher de l'embarcadère et qu'il dut rester toute la nuit à la cape entre l'île de la Pianosa et l'île d'Elbe. Heureusement que l'Empereur avait eu la précaution de faire suivre sa tente de campagne et qu'il put, avec toute sa suite, s'abriter du vent qui était violent et de la pluie qui tombait en abondance. Toutefois il était mécontent; son mécontentement le rendait même un peu injuste: il murmurait contre la marine au lieu de murmurer contre la bourrasque. Le lendemain, l'on profita d'un moment de calme; le brick s'approcha de la Pianosa, la chaloupe, montée par l'enseigne Sarri, aborda le rivage dans un lieu favorable, et elle ramena l'Empereur à bord de l'Inconstant

[Note 20: ][ (retour) ] «L'île d'Elbe au début du dix-neuvième siècle», dans le Bulletin de la Société languedocienne de géographie, 1896 et 1897; et «L'île d'Elbe pendant la Révolution et l'Empire», dans la Miscellanea Napoleonica, t. III, 1897.

[Note 21: ][ (retour) ] Outre l'introduction, Pons a donné aussi dans un des fragments supprimés une sorte de plan général de son ouvrage, qui montre bien son dessein, et qu'il me paraît, à ce titre, utile de donner ici; le morceau est, du reste, fort court: «L'histoire générale de l'île d'Elbe n'entre pas et ne peut pas entrer dans le cadre spécial de mon ouvrage. Aussi je n'écrirai pas l'histoire générale de l'île d'Elbe; ce qui ne doit pas m'empêcher de faire connaître l'île d'Elbe.

«Voici donc le plan que je me suis tracé:

«Je dirai d'abord l'île d'Elbe telle qu'elle était à l'arrivée de l'empereur Napoléon. Je chercherai à expliquer avec vérité les hommes et les choses du moment. J'ai longtemps habité l'île d'Elbe; je puis en parler avec connaissance de cause. J'écrirai avec ma mémoire et avec mes notes. Ma mémoire embrassera les généralités de l'île; elle ne me fera pas défaut, parce que je la débarrasserai de toutes les incertitudes et que je ne lui demanderai que ce qu'elle pourra facilement me garantir. Mes notes sont l'enregistrement abrégé des faits que je puis certifier, elles ne sont susceptibles d'aucune variation, et je n'ai qu'à leur donner une étendue égale à leur importance. Cette partie de mon ouvrage contiendra un travail circonstancié sur les mines de fer qui sont ce que l'île d'Elbe a de plus important.

«Cela fait, je remonterai vers les siècles de l'antiquité; je me placerai au début connu de l'histoire politique de ce rocher célèbre, je franchirai rapidement les époques reculées, je sauterai presque à pieds joints le chaos du moyen âge, et, sans m'appesantir sur les temps plus modernes, j'arriverai au moment où, par suite de la Révolution française, l'île d'Elbe s'est trouvée en contact direct avec la France.

«Alors, sûr d'intéresser mon pays, de lui donner des renseignements utiles, je suivrai pas à pas tous les événements qui ont eu lieu dans l'île d'Elbe, jusqu'au grand événement elbois qui résulte du débarquement de l'empereur Napoléon à Porto-Ferrajo.

«Là, avec toute la gravité de l'histoire, j'avancerai lentement, je méditerai, je discuterai, et, la main sur la conscience, je dirai tout ce qui sera venu à ma connaissance.

«J'ai le désir prononcé de bien faire, mais la bonne volonté ne suffit pas toujours pour remplir avec distinction une belle tache, alors même qu'on se l'est volontairement imposée, et je ne promets que ce qui est (sic) en mon pouvoir de tenir.

«Je ne prends pas non plus l'engagement radical d'écrire positivement l'histoire de l'empereur Napoléon à l'île d'Elbe, car il peut y avoir des choses que je n'aie pas connues, et je ne veux pas m'exposer au reproche mérité d'avoir laissé des lacunes. Ce sont des faits remarquables que je raconte, que je transmets à l'histoire universelle du monde social, et dont je lui lègue la propriété. D'ailleurs, un style purement historique m'exposerait à des embarras dans le récit des événements auxquels j'ai pris part; et comme j'ai pris part à presque tous les événements, ces embarras deviendraient incessants, peut-être même insurmontables.

«Un mémoire historique écarte tous les inconvénients. C'est donc à un mémoire historique que je vais consacrer mes veilles. L'empereur Napoléon n'y perdra aucun des hommages de vérité que l'histoire aurait pu lui rendre. Je commence.»

[Note 22: ][ (retour) ] Quelques titres et l'arrangement matériel de ces petits cahiers de notes sont dus à M. Cornet-Peyrusse.

[Note 23: ][ (retour) ] J'en ai publié quelques-uns il y a plusieurs années dans la Revue rétrospective de M. Cottin.

[Note 24: ][ (retour) ] Il doit y avoir là un rapprochement forcé; il est probable que ce n'est qu'après 1815 que Drouot a pu corriger quelques pages des écrits de Pons.

[Note 25: ][ (retour) ] Les fragments ci-dessous, par exemple, donneront une idée de ces invectives dont j'ai coupé la plus grande partie: «Sans doute l'Empereur faisait unanimement planer sa prépotence sur tous ceux qui l'entouraient, mais cela ne dit pas que cette prépotence brisait les caractères qu'elle ne parvenait pas à faire plier sous sa volonté, et, à cet égard, je dois à l'honneur de me citer comme preuve du contraire. Si j'avais lutté avec un des personnages du gouvernement anglais de la Restauration, ou avec un des personnages du gouvernement prostitué qui représente la monarchie de 1830, comme j'ai lutté avec l'Empereur, j'aurais été lié et garrotté, puisque, pour avoir fait de justes représentations la loi à la main, j'ai perdu ma carrière.» Ailleurs, à propos du général Boinod qui vint retrouver Napoléon à l'île, il dit: «Boinod, que la révolution de 1830 ou ceux qui l'ont accaparée ont mis hors de service en lui rognant encore quelques écus de retraite... La révolution de 1830 a, d'ailleurs, fait plusieurs choses semblables.»

[Note 26: ][ (retour) ] Voir Revue rétrospective, Documents sur le séjour de Napoléon Ier à l'île d'Elbe.

[Note 27: ][ (retour) ] Qu'entendait-il par trois gros volumes? Son manuscrit est sur feuilles séparées; leur masse pouvait à ses yeux représenter la valeur de trois volumes. Et il y a aussi à Carcassonne une copie en quatre gros registres de son manuscrit, mais je la crois postérieure à Pons, et elle est incomplète; il est possible cependant qu'elle ait été faite sous ses yeux, par une de ses filles peut-être, et que ce soit d'elle que Pons parle ici.

[Note 28: ][ (retour) ] Il raconte avec attendrissement, dans son Voyage en Italie, comment il retrouva à Sienne, en 1841, Mlle Enrichetta Vantini, devenue Mme Patriachi et mère de famille. Il est étonnant qu'il n'ait jamais eu occasion de parler de ce fils aîné du chambellan de l'Empereur, qui fut enlevé enfant par les Barbaresques et qui devint par la suite le général Yusuf.

[Note 29: ][ (retour) ] Voir ci-dessous, deuxième partie, chapitre premier, sous-chapitre III.

[Note 30: ][ (retour) ] Une fois même, soixante-douze heures dans son cabinet, à la préfecture de Lyon, pendant les Cent-Jours.

[Note 31: ][ (retour) ] Sur les divers voyages de l'Inconstant, Pons avait eu des notes de l'enseigne Sarri.

[Note 32: ][ (retour) ] Biographie des hommes du jour, par Germain Sarrut et B. Saint-Edme, Paris, Henri Krabbe, 1836; extrait avec le titre «Pons de l'Hérault», Paris, imprimerie de Béthune et Plon, 1837; «troisième édition, continuant jusqu'à ce jour la seconde édition de 1836», imprimerie d'Ad. Blondeau, 1848, in-4° de 106 p.

[Note 33: ][ (retour) ] La famille de Pons de l'Hérault a aujourd'hui pour chef son petit-neveu, M. Masson, employé de la Compagnie P.-L.-M., à Cette. Citons, entre autres souvenirs conservés par lui, un médaillon en cire envoyé à son frère aîné par Pons pendant qu'il combattait à l'armée d'Italie. Ce curieux portrait n'a jamais été reproduit.

[Note 34: ][ (retour) ] Voir ce qu'il en dit ci-dessous, page 221.

[Note 35: ][ (retour) ] Il critique assez vivement celle-ci dans son Mémoire aux puissances alliées.

[Note 36: ][ (retour) ] Voici ce qu'il dit, dans un fragment inédit, de ses trois Devanciers:

«Il y a cependant un Voyage à l'île d'Elbe, par Arsenne Thiébaut, publié à Paris en 1808, et ce voyage peut être bon à consulter. Mais M. Arsenne Thiébaut a écrit vite, bien vite, et quoiqu'il n'ait passé que trois jours dans l'île, il tranche sur tout, et son langage n'est pas toujours vrai.

«Lambardi, de Porto-Ferrajo, publia, en 1791, un mémoire sur l'île d'Elbe, et les Elbois ont considéré cet ouvrage comme une sornette. Il y a eu quelques autres sornettes.

«Ninci, qui, comme Lambardi, est de Porto-Ferrajo, a écrit, en 1815, une Histoire de l'île d'Elbe, et il l'a dédiée «à Sa Majesté sacrée l'empereur Napoléon le Grand». Ninci a peut-être été plus hardi dans sa dédicace que savant dans son travail. Cette histoire est d'ailleurs d'une diffusion telle qu'on a souvent peine à comprendre ce que l'auteur a voulu dire. Ninci a autant puisé dans la fable que dans la vérité, dans l'inconnu que dans le connu, et ses opinions ne font pas toujours preuve d'un génie transcendant. Lui-même en convient. Il me l'a dit avec une bonhomie charmante. Toutefois, l'ensemble de son travail est un véritable service rendu à l'île d'Elbe. Un jour l'empereur Napoléon me demanda «si je croyais que Ninci était capable d'écrire une histoire», et je dus lui répondre, ce qui était vrai, que je ne savais même pas qu'il fût écrivain. J'appris à l'Empereur que Ninci avait été moine. Alors, l'Empereur ajouta à la demande qu'il m'avait adressée: «Moine! cela nous vaudra une chronique.» J'ignorais complètement que Ninci fût auteur. Il peut se faire que j'aie recours à lui, c'est-à-dire que j'aie besoin de son ouvrage, et j'y puiserai sans scrupule, si j'y trouve des choses essentielles qui aient échappé à mes recherches.»

«Il y a cependant un Voyage à l'île d'Elbe, par Arsenne Thiébaut, publié à Paris en 1808, et ce voyage peut être bon à consulter. Mais M. Arsenne Thiébaut a écrit vite, bien vite, et quoiqu'il n'ait passé que trois jours dans l'île, il tranche sur tout, et son langage n'est pas toujours vrai.

«Lambardi, de Porto-Ferrajo, publia, en 1791, un mémoire sur l'île d'Elbe, et les Elbois ont considéré cet ouvrage comme une sornette. Il y a eu quelques autres sornettes.

«Ninci, qui, comme Lambardi, est de Porto-Ferrajo, a écrit, en 1815, une Histoire de l'île d'Elbe, et il l'a dédiée «à Sa Majesté sacrée l'empereur Napoléon le Grand». Ninci a peut-être été plus hardi dans sa dédicace que savant dans son travail. Cette histoire est d'ailleurs d'une diffusion telle qu'on a souvent peine à comprendre ce que l'auteur a voulu dire. Ninci a autant puisé dans la fable que dans la vérité, dans l'inconnu que dans le connu, et ses opinions ne font pas toujours preuve d'un génie transcendant. Lui-même en convient. Il me l'a dit avec une bonhomie charmante. Toutefois, l'ensemble de son travail est un véritable service rendu à l'île d'Elbe. Un jour l'empereur Napoléon me demanda «si je croyais que Ninci était capable d'écrire une histoire», et je dus lui répondre, ce qui était vrai, que je ne savais même pas qu'il fût écrivain. J'appris à l'Empereur que Ninci avait été moine. Alors, l'Empereur ajouta à la demande qu'il m'avait adressée: «Moine! cela nous vaudra une chronique.» J'ignorais complètement que Ninci fût auteur. Il peut se faire que j'aie recours à lui, c'est-à-dire que j'aie besoin de son ouvrage, et j'y puiserai sans scrupule, si j'y trouve des choses essentielles qui aient échappé à mes recherches.»

[Note 37: ][ (retour) ] Publié dans la Revue rétrospective.

[Note 38: ][ (retour) ] Inédite.

[Note 39: ][ (retour) ] Il semble d'ailleurs, à son insistance même, qu'il n'a pas obtenu satisfaction sur ce point. Peyrusse n'avait pas d'ailleurs, à proprement parler, de journal. Pons demandait probablement les livres de comptabilité du trésorier. Mais Peyrusse lui donna d'autres renseignements.

[Note 40: ][ (retour) ] Les uns et les autres n'ont été publiés que tout récemment dans la Revue hebdomadaire et dans la Revue bleue.

[Note 41: ][ (retour) ] M. Marcellin Pellet l'a déjà dit. M. Capelletti a bien voulu s'en assurer de nouveau pour moi.

[Note 42: ][ (retour) ] Mon ami M. Casanova, archiviste à l'Archivio di Stato, de Florence, y a cependant fait pour moi quelques recherches dont le résultat, quant à ce contrôle, a été négatif. À Trieste, mon confrère et ami M. Madelin s'est également assuré que les archives de la police ne conservent aucune trace de Pons.

[Note 43: ][ (retour) ] Cette, Archives municipales. Il ne reste que quelques volumes épars et fragmentaires de ces registres. M. Mouret, archiviste à Cette, a bien voulu m'en extraire de précieux renseignements.

[Note 44: ][ (retour) ] Il y a des différences dans les noms propres. Pons appelle Rohan-Mignac la même dame que Mariotti appelle Renard de Polignac; il écrit Borri ou Bourri le nom que Mariotti écrit Baury, et Roule celui de l'officier casseur et tapageur Ruhl. La liste des officiers de la garde ne paraît pas exempte d'erreurs et de répétitions. Les noms des gens du service intérieur sont aussi défigurés.

[Note 45: ][ (retour) ] On ne trouvera ici qu'une allusion à ce fait, qui est raconté tout au long dans l'Ile d'Elbe pendant la Révolution et l'Empire.

[Note 46: ][ (retour) ] Quoique ami du colonel Vincent, Pons s'exprime sur lui avec la plus âpre sévérité: «L'Empereur eut le malheur de trouver à Porto-Ferrajo un homme que la nature avait fait l'ennemi des hommes, et dont chaque parole était une sorte d'anathème contre l'espèce humaine. C'était le colonel qui, depuis plusieurs années, commandait le génie militaire en Toscane et que les événements de la guerre avait forcé de se réfugier sur l'île où son commandement s'étendait. L'Empereur le connaissait bien. Sa Majesté avait plusieurs fois refusé de lui donner de l'avancement. D'ailleurs, la police ne lui avait pas laissé ignorer que cet officier était son antagoniste décidé. Tout devait donc le lui rendre suspect.

À propos du départ du colonel, il dit encore: «Le colonel du génie partit également. Ses adieux furent marqués par une foule de traits satiriques contre l'Empereur; il blâmait la trop grande dépense de Sa Majesté; ensuite, il feignait de craindre la circulation d'une monnaie de mauvais aloi.»

[Note 47: ][ (retour) ] Il refusa toujours de porter le titre de comte de Rio que Napoléon lui avait donné à Paris en 1815 avant de l'envoyer administrer ses chers Lyonnais.

[Note 48: ][ (retour) ] Le dernier historien de Cambronne, M. Brunschwig, ne les a pas tous connus.

[Note 49: ][ (retour) ] Pons en trace dans le fragment suivant un assez long tableau: «L'organisation générale, civile et militaire était accomplie, et tous les Impériaux Elbois devaient s'y soumettre. Mais l'Empereur se moquait des règles qu'il avait établies, des hiérarchies qu'il avait fixées, et il ne prêchait pas d'exemple. Tous les moyens de donner des ordres lui étaient également bons. Il dictait à la première personne de ses alentours qui lui tombait sous la main. N'importe que cette personne fût ou ne fût pas au courant de ce dont il était question, qu'elle eût ou qu'elle n'eût pas autorité sur ceux à qui elle écrivait. Néanmoins tout allait. D'ailleurs, lorsque la chose en valait la peine, les ordres se succédaient, les instructions les suivaient, et il n'y avait jamais sujet de désobéir pour cause d'ignorance. Ce n'étaient que les susceptibilités qui, parfois, se trouvaient blessées.»

[Note 50: ][ (retour) ] Pons a fait deux fois le tableau des relations de Napoléon avec ces princesses. On n'a pas à attendre de lui de confidences sur la vie privée de Pauline Borghèse; il ne croyait pas, du reste, au mauvais état de santé de la princesse.

[Note 51: ][ (retour) ] Mais il fait ici une restriction notable: «Napoléon ne demandait jamais deux fois la même chose, lorsque, après une première demande, on s'était mis à même d'obéir sans pourtant pouvoir exécuter. Mais alors qu'on lui répondait de suite que ce qu'il voulait n'était pas faisable, il s'irritait comme si on l'avait accusé de manquer de raison ou de jugement, et cette irritation s'exhalait quelquefois par un mot d'impatience et de mécontentement.» (Fragment inédit.)

[Note 52: ][ (retour) ] Pons fait retomber sur le colonel Vincent une partie de ces choix malheureux: «Sa Majesté, dit-il, le prit pour son principal conseil; ce qui le conduisit à quelques choix qui auraient pu être plus dignes... Toutefois, ces quelques choix peu convenables n'appartenaient qu'aux fonctions d'apparat, au servage plus ou moins brodé des affaires privées du palais, et ce n'était que par l'intrigue qu'ils pouvaient influer sur les actes du gouvernement. L'Empereur savait que l'étoffe de la domesticité couvre mal un fonctionnaire public.»

[Note 53: ][ (retour) ] Henri HOUSSAYE, 1815, p. 144 et suivantes.

[Note 54: ][ (retour) ] «L'idée d'avoir l'Impératrice avec lui à l'île d'Elbe n'était sans doute pas pour l'Empereur une idée de stabilité indéfinie, et il serait ridicule de le penser aveuglément. Mais cette idée de stabilité, sinon indéfinie, du moins prolongée, dans les combinaisons de l'Empereur, aura encore une plus grande probabilité, si l'Empereur traîne à sa suite une quantité d'équipages somptueux qui ne pourraient être qu'un embarras fastidieux et une dépense exagérée pour un établissement précaire.» Ces lignes se trouvent dans un chapitre sur les écuries impériales à l'île d'Elbe que j'ai jugé inutile de reproduire, Pons s'étant borné à y transcrire les mémoires du sellier Vincent que j'ai publiés dans la Revue rétrospective.

[Note 55: ][ (retour) ] «Je m'empare de tout ce qui peut tendre à prouver moralement que les méfaits de la Sainte-Alliance ont fait partir l'Empereur de l'île d'Elbe bien plus tôt qu'il ne voulait en partir, si tant est qu'il voulût d'abord en partir.» (Même chapitre.)

[Note 56: ][ (retour) ] Rien ne confirme la fameuse invention des fromages évidés dans l'intérieur desquels auraient circulé, de Marseille à Porto-Ferrajo, des lettres de Masséna à Pons ou autres. Je n'ai trouvé la preuve de cette imagination saugrenue nulle part, pas même dans l'enquête de police dirigée contre Masséna en 1816 par Decazes et le commissaire Caire, lesquels pourtant ont accueilli nombre d'inepties passionnées.

[Note 57: ][ (retour) ] Il faut cependant observer qu'il dit le dimanche 6 février, et que le 6 février de l'année 1815 n'était pas un dimanche, mais un lundi. Y a-t-il erreur sur le jour ou sur le quantième? Cette date, dimanche 6 février, ne peut-elle pas être fausse tout entière? N'a-t-elle pas été suggérée à Pons par la date vraie du dimanche 26 février? Et alors comment conclure, et que croire?

[Note 58: ][ (retour) ] Comme nous l'avons déjà dit, Sa Majesté avait déjà décidé que le drapeau serait blanc, traversé diagonalement d'une bande rouge qui le diviserait en deux triangles égaux, et que cette bande rouge serait parsemée de trois abeilles en or. Napoléon hésita pour adopter les trois abeilles jaunes: il les voulait bleues. Mais après avoir réfléchi, il dit: «Avec les abeilles bleues, nous aurions le drapeau tricolore, ce qui pourrait bien nous occasionner des désagréments.» Et les abeilles jaunes l'emportèrent.

[Note 59: ][ (retour) ] Plusieurs de ces embarcations étaient remplies de musiciens qui jouaient des airs analogues à la circonstance. On remarquait aussi quelques improvisateurs qui chantaient Apollon exilé du ciel et réfugié en Thessalie.

[Note 60: ][ (retour) ] Comme le prouve entre autres choses la lettre que je transcris ici. J'avais dû faire deux rapports financiers à l'Empereur. J'avais prié M. Peyrusse de les remettre. Il m'écrivit immédiatement:

«Mon cher Pons, vous avez toujours l'air en colère; votre premier rapport est trop sec, et le second est d'un style acerbe. On a déjà observé qu'il y avait trop de raideur dans votre caractère. Votre diction s'en ressent. Voilà, mon ami, ma manière de voir, et je vous la témoigne, parce que je voudrais que vous plussiez en tout point, etc.»

«Mon cher Pons, vous avez toujours l'air en colère; votre premier rapport est trop sec, et le second est d'un style acerbe. On a déjà observé qu'il y avait trop de raideur dans votre caractère. Votre diction s'en ressent. Voilà, mon ami, ma manière de voir, et je vous la témoigne, parce que je voudrais que vous plussiez en tout point, etc.»

[Note 61: ][ (retour) ] M. Vauthier, employé à Florence dans l'administration militaire, sous les ordres de l'ordonnateur Mazade, se rendit à l'île d'Elbe en quittant la Toscane, et l'Empereur le plaça auprès de l'ordonnateur Boinod. Ce M. Vauthier fut ensuite nommé adjoint aux commissaires des guerres.

[Note 62: ][ (retour) ] Il y avait quelque chose tout à la fois d'admirable et d'incompréhensible dans les discussions que l'Empereur soulevait; il allait jusqu'aux entrailles des questions les plus opposées et auxquelles on le croyait le plus étranger: il les tournait et les retournait; il les prenait sous toutes les formes et de toutes les façons; il ne les quittait que lorsque tous les raisonnements étaient épuisés. L'Empereur souffrait très bien la controverse, il soutenait son opinion, il cherchait à la faire prévaloir; mais il s'arrêtait dès qu'on l'avait convaincu. Un léger mouvement des épaules était l'indice le plus ordinaire de son mécontentement. Après ce mouvement on pouvait tout dire. Le mécontentement de l'Empereur dans les discussions d'affaires, quand on parlait de bonne foi, n'avait pas d'autre durée que celle d'un instant.

[Note 63: ][ (retour) ] Le jour du départ de l'île d'Elbe, M. Noisot était commissaire pour le bal qui devait avoir lieu chez l'Empereur le jour même du départ. M. Franconnin était aussi l'un des commissaires.

[Note 64: ][ (retour) ] Le capitaine Mompez voulait quitter l'île et avait déjà pris congé de ses camarades, par la raison que l'Empereur n'avait pas voulu admettre au cercle de la Cour une dame avec laquelle cet officier vivait. La réflexion fit que ledit officier changea de dispositions.

[Note 65: ][ (retour) ] Ces paroles de l'Empereur lui étaient dictées par les prétentions d'un grand nombre des officiers ou des personnages corses qui se faisaient présenter à lui et qui, presque tous, croyaient ou prétendaient avoir des affinités de famille avec Sa Majesté. Ce qui faisait souvent dire à Napoléon: «Il n'en serait pas de même si je n'étais qu'un simple et pauvre vétéran.»