III
Ils disaient de lui : l’Usurpateur. Mais rien de plus fort ne peut être dit du conquérant, quand on refuse puérilement de lui donner son nom. Le pouvoir légitime ne doit, d’abord, sa tranquillité et son usage qu’à la faiblesse des hommes. Celui qui usurpe la puissance est celui qui la mérite, s’il la garde : il est l’homme seul qui a osé. Il n’y a rien de plus beau sous le ciel que l’homme qui ose. Celui-là qui est assez hardi pour fonder son droit sur sa puissance, celui-là du moins a plus que le pouvoir : il a l’autorité.
C’est pourquoi, lui qui est la force, il est l’ordre aussi ; et l’ordre bien plus même que la force ; car l’ordre est le second âge de la force, et tout le blé de l’épi.