XXIV
Il avait fixé le type légal de toutes ces valeurs rebelles. Il en avait pris la tutelle et la garde. Il était prêt à y tout sacrifier, et en partie lui-même. Il ne pouvait pas admettre qu’on cherchât des variables ou des obliques aux perpendiculaires politiques et morales, qu’il avait abaissées du point fixe : l’intérêt de l’État, tel qu’il l’avait conçu et confondu dans son propre intérêt, à lui. En tout le souci de l’unité, et si l’on veut, la manie. Un seul État, un empire entouré de royaumes feudataires. Un seul esprit, un seul lycée, une seule école. Le blocus continental est l’unité dans l’ordre économique. Les codes, l’unité dans l’ombre des lois ; et l’on peut dire que le vice profond de ces codes, qui ont conquis l’Europe, est assurément le mépris des espèces : ils nient le changement ; ils ignorent l’individu. Au criminel, ils poussent cette ignorance jusqu’à l’atrocité, jusqu’à la sottise. Napoléon eût volontiers promené le même rouleau sur les églises et sur les religions. Au Caire, il fait le mahométan, et le vieil orthodoxe à Moscou. Il enrage de n’avoir pas un nouvel Évangile à promulguer, avec le vicaire de Jésus-Christ. Il croyait être la Révolution et l’ancien régime, la raison et la foi.