XXXVI
Napoléon est impassible. Certes, il aime la France. Et comment non ? Où jamais eût-il fait une telle fortune ? La France est le levier divin. Rien n’a manqué à Annibal qu’une France : Rome eût disparu.
Malgré tout, il n’avait pas le cœur de la vieille France, celui qu’il avait reçu de la France nouvelle, et qu’elle lui avait donné, sans qu’il le sût, en lui donnant son cœur. Il n’était pas capable de s’oublier pour elle. Comme l’État, pour Napoléon, la France c’est lui ; c’est son fils, c’est son sang. Quand la France se sépare de Napoléon et de son petit, Napoléon n’a plus pitié de la France. La grand’pitié qui est au royaume de France, il ne la pas sentie, quand elle saignait. Après la Russie et Leipzick, il a pu refuser la frontière du Rhin : par amour-propre ! Il ne voulait pas laisser la France plus petite qu’il ne l’avait reçue. Sire, il ne fallait pas vous croire plus grand qu’elle.