NÉCROLOGIE
Le 16 Mai 1916 est décédé à Lille, en son domicile, rue du Port, 69, à l'âge de 68 ans, M. Paul de Renty, ancien avoué, juge de paix du 5e arrondissement de paix de Lille (canton Ouest).
Les obsèques ont eu lieu le Samedi 20, à 10 h. 1/2, en l'église St-Pierre-St-Paul, où les nombreux amis de M. Paul de Renty, avaient tenu à apporter à sa famille ce dernier témoignage de douloureuse sympathie.
A l'issue de la Messe, M. Merchier, doyen des Juges de Paix de Lille, a, devant l'Eglise, adressé au défunt les derniers adieux. Il a rappelé que le défunt, après avoir été avoué à Lille et à St-Quentin, fut juge de paix à Ribemont, Roubaix et Lille, et, dans une allocution émue, qui a vivement impressionné l'assistance, il a salué l'homme fin et délicat, le magistrat modeste, intègre et éclairé qui, dans ses jugements et ses études de législation, opposait aux prétentions de la force, le droit tempéré d'humanité.
Les coins du poêle étaient tenus par M. Testart, Procureur de la République, M. Lebeau, juge de paix du 2e arrondissement, M. Chatteleyn, ancien sénateur du Nord, qui avait été à Roubaix le suppléant de M. de Renty, M. le Maire de Lille, remplacé par M. Braekers-d'Hugo, adjoint.
Comité Américain.--Témoignages d'enfants
La vérité sort de la bouche de l'innocence. Jamais proverbe n'a trouvé une application plus charmante. A l'occasion de l'anniversaire du fonctionnement de notre Comité à Lille, les élèves d'une de nos écoles communales ont adressé, chacune, sa lettre de remerciements au Président de la «Commission for Relief in Belgium».
L'une écrit: «Sans vous, nous serions malheureux, car tous les vivres nous manqueraient». Une autre: «Je vous remercie encore une fois pour toutes les mères de famille et, dans un baiser, tous les petits enfants vous envoient un grand merci». Eugénie D... s'arroge une haute mission: «A l'occasion de cet anniversaire, j'ai l'honneur de vous écrire au nom de toutes les mères, pour vous exprimer leurs sentiments de reconnaissance et de gratitude». Eliane R... croit que: «L'Amérique sera à tout jamais aimée et vénérée par tous les Français et Françaises qui, grâce à vous, pourront passer ce moment affreux, qui est un fléau pour le monde entier». Peut-on plus gentiment exprimer la reconnaissance du ventre que la fillette qui dit: «C'est grâce à vous, que nous avons chaque jour et à chaque repas notre table garnie d'un bon pain de blé, que nous mangeons en pensant au Comité Américain et en lui envoyant toute notre gratitude». Et voyez comme celle-ci sait comprendre l'intérêt général de l'oeuvre de la C. R. B.: «Combien de mères, à qui l'Amérique était indifférente, l'estiment maintenant! C'est grâce à vous que le bon pain n'a pas manqué, c'est grâce à vous que les pauvres mangent mieux. Moi, petite Française, de tout mon coeur, je vous remercie».
Les autres... expriment leurs sentiments de façon tout aussi charmante, tout aussi personnelle, tout aussi sincère: «Les remerciements d'une naïve enfant ne sauront jamais vous exprimer la reconnaissance que le peuple de Lille a pour l'Amérique, pour vous et vos dévoués collaborateurs». Mais si, petite Madeleine, tes remerciements sont plus éloquents que nos phrases, laisse parler ton coeur, qui trouvera sûrement le chemin du coeur de M. Hoover et de ses collègues.
Nous nous empressons d'adresser ce joli bouquet de félicitations et de reconnaissance enfantine à son destinataire, le Président de la C. R. B. Il verra, qu'en nous faisant à maintes reprises, les interprètes de nos concitoyens, nous exprimions imparfaitement leur profonde gratitude, que tous, grands et petits, ont compris la valeur du service rendu par la C. R. B. et apprécient la générosité de ses membres; et qu'enfin, si les parents et les petits enfants d'Amérique ont prouvé leurs sentiments de solidarité délicate, ils n'ont pas obligé des ingrats.
LE COMITÉ DU DISTRICT DE LILLE.
Le Lait desséché
Pourquoi dessécher le lait? N'est-ce pas une complication? Et ne modifie-t-on pas définitivement, par là, ses éléments constitutifs? Tels sont les arguments des adversaires du lait desséché.
Après de longues et très complètes études sur la question, M. Porcher a voulu en faire connaître les résultats et, il les a réunis dans un ouvrage très documenté, d'un réel et puissant intérêt, intitulé «Le lait desséché», que «Cosmos» analyse en ces termes:
C'est dans un but économique qu'on a d'abord songé à dessécher le lait; ce n'est qu'après un temps assez long qu'on a compris toute la valeur hygiénique du procédé.
En effet, le lait frais contient des microbes, entre autres, celui de la tuberculose, capables d'infecter les êtres vivants qui le boivent. Le lait en poudre n'est pas complètement aseptique, il est vrai, mais il est absolument dépourvu de germes pathogènes. A cet avantage, il joint celui d'une très grande digestibilité. Le dessèchement ne lui fait rien perdre de ses qualités nutritives, tandis qu'il le met à l'abri de la fraude, écrémage et mouillage, si pratiquée un peu partout. Suivant une expression pittoresque, «le lait desséché, c'est une vache dans un placard». Et de fait, dans les villes, le lait, sous cette forme, se conserve et se trouve toujours sous la main en cas de besoin urgent.
C'est surtout dans l'alimentation des jeunes enfants et même des adultes souffrant de certaines maladies, que le lait en poudre montre toute sa supériorité. Suivant qu'on a affaire à un bébé sain ou mal portant, on peut, grâce à lui, modifier l'alimentation. Les poudres peuvent être en effet, mi-grasses, grasses ou maigres. On suit aussi, beaucoup mieux, les indications données par l'état général de l'enfant qu'on élève. Aussi, partout où il a été employé avec méthode et discernement, constate-t-on une diminution considérable dans la mortalité infantile. A Gand, par exemple, le taux était de 350 décès sur 1000 enfants. Le lait bouilli, appliqué dans une crèche de cette ville, ne donnait plus que 260 décès pour 1000. Le lait stérilisé a abaissé ce chiffre à 140. Enfin, l'emploi du lait desséché, en 1908, l'a fait tomber à 34 pour 1000, où il se maintient depuis.
Le Belgicisme
Le «Belgicisme», ou façon de parler le français de nos excellents voisins les belges, qui nous fait parfois sourire, bien à tort, mériterait, en vérité, plus d'égards qu'on ne lui en accorde d'ordinaire, si on voulait bien se souvenir qu'il est, le plus souvent, du français véritable, du français vieilli, dont l'usage s'est perdu (désuet), mais qui s'est conservé en Belgique.
Une des caractéristiques du belge est une initiative hardie, tout adjectif, tout participe lui semblant bon à former un adverbe.
Il dit erronément, outrément, préparatoirement. Le premier de ces mots s'employait encore chez nous au seizième siècle.
On rencontre, en Belgique, certains noms de professions, qui ont eu une origine ancienne: friserie, pour boutique de coiffeur; parapluiterie, casquetterie, panneterie s'expliquent d'eux-mêmes. Le livrancier est le commerçant qui livre à domicile; le poulier vend des poules; le légumier et le verdurier font commerce de légumes. Tout cela est fort logique et enrichit la langue.
Les verbes contribuent également à l'assouplissement de notre commun idiome: C'est ainsi que d'enseigne, on tire enseigner. «Une maison à usage d'hôtel enseignée au cheval noir». On dit acter, pour dresser un acte; arborer, pour l'action de planter des arbres; écoler pour instruire; procéder pour faire un procès; scrutiner pour voter; instiguer pour se livrer à des instigations; indaguer pour faire une enquête; perdurer pour durer longtemps. Tous ces verbes furent jadis en France d'un usage courant.
L'initiative belge va plus loin encore; elle crée des substantifs dont il n'existe plus que les verbes correspondants: agréation, action d'agréer; fabricat, objets fabriqués; accès, faculté de voir ou de recevoir quelqu'un, deux jours sans accès (où la visite n'est pas permise), dit-on à Bruxelles. On emploie en outre fréquemment le suffixe négatif: inchangé, infondé, et aussi le suffixe péjoratif: se méconduire, pour se mal conduire mal.
Ne rions donc pas des libertés que les Belges prennent avec notre langue; leurs belgicismes ont un sens très pratique, et nous gagnerions à les imiter. Déplorons plutôt que tant de vocables, si commodes, soient, ou tombés chez nous en désuétude, ou n'y aient pas cours.
Annonces diverses
--Les annonces et réponses aux annonces sont reçues au Bureau du Journal, spécialement installé à cet effet à la Préfecture (entrée par la grille, place de la République).
--Bijouterie--Horlogerie--Orfèvrerie «A la Perte d'Or», 46, r. Esquermoise. Maison de confiance. Réparations soignées, prix très modérés. Cadeaux pour 1re communion, croix, médailles, etc.
Cercueils tous genres, zingués et plombés à l'avance prix modérés. Maison Foubert et fils 37, r. de Roubaix. Grand choix couronnes à prix avantag.
Houblon du Soleil extra fin 1915. Faites votre bière! Produits Brasserie. Caramel colorant, extra, pour tous les liquides. Gros et détail, 218, rue Nationale (de 10 à 4 h.)