CHRONIQUE LOCALE

22 Juin.--Procès-verbal contre la femme Ronse, née Colliez, ménagère, rue Philadelphie, pour vol de deux paires de chaussures au préjudice de M. Dobin, rue du Molinel.

Vol de planches dans l'immeuble, rue de Tournai, 56, dont l'auteur est recherché.

Mort subite, rue du Bois-St-Sauveur, du sieur Pérus, 56 ans, domestique, demeurant rue du Molinel, 50.

Tentative de suicide de Mme veuve C..., 77 ans, rue des Pénitentes, qui s'est jetée dans la Basse-Deûle, elle a été sauvée par M. Louis Descamps, journalier, quai de la Basse-Deûle, 50. Mme C... souffrait de migraines intolérables.

21 Juin.--Vol de légumes au préjudice de M. Le Moinier, propriétaire, rue de La Madeleine. L'auteur est resté inconnu.

Nombreux, très nombreux vols de lapins, rue Championnet, dans la nuit du 20 au 21.

22 Juin.--Enquête pour découvrir l'auteur d'un vol de 44 fr. dérobés dans un placard chez Mme Leroux, rue Bourignon.

Arrestation d'un nommé Lemaire Louis, garçon boulanger, rue d'Austerlitz, qui, rencontré porteur d'un sac de légumes, a refusé d'en faire connaître la provenance. Deux individus, également porteurs de sacs, qui l'accompagnaient, ont pris la fuite.


Institut Industriel du Nord

La première session des examens d'entrée aura lieu à l'Institut Industriel, 17, rue Jeanne-d'Arc, le jeudi 20 Juillet, à 8 heures 1/2 du matin. Une deuxième session aura lieu le mardi 10 octobre, à la même heure. S'adresser pour tous renseignements au Secrétariat, de 9 h. à midi et de 14 h. à 17 h.

Nota.--Un certain nombre de Bourses et fractions de Bourses du Département du Nord et de la Ville de Lille, sont disponibles et pourront être attribuées aux élèves les plus méritants.


Comité Américain.--Vente de Chaussures

La note parue dans le Bulletin du 29 juin et qui modifiait la réglementation en ce qui concerne la vente de nos chaussures, faisait prévoir que le Comité aurait à tenir compte des expériences des premiers jours et qu'il serait peut-être amené à changer encore le mode de répartition. Nous avouons qu'il n'y a là rien d'agréable pour le public. Nous lui demandons toutefois de considérer que ce n'est pas notre faute, si la quantité que nous avons à offrir dans les catégories les plus demandées, est tout à fait minime par rapport aux besoins. Or, il nous est impossible d'augmenter cette quantité. Un commerçant ordinaire profiterait de la situation pour hausser le prix et mettrait en quelque façon sa marchandise aux enchères. Nous avons toutes sortes de motifs d'agir autrement et de maintenir des prix modérés. Nos clients ne nous en voudront pas et ils jugeront, avec nous, que le mode de répartition qui consisterait à exclure les moins aisés, serait le plus déplorable.

Voici le résultat des sept premiers jours de vente, qui ont permis de servir les clients de six locaux de pain:

Proportion par Proportion par rapport
Catégories rapport à notre au total des ventes
stock effectuées
---- ---- ----
Bébés et enfants 14% 12%
Fillettes 32% 12%
Femmes 25% 65%
Garçonnets et garçons 24% 8%
Grands garçons 5% 3%

Pour respecter la proportion des ventes par rapport au stock, nous aurions dû, par exemple, vendre plus de bottines de fillettes que de femmes. En réalité, nous en avons vendu 5 fois moins. Relativement à notre stock, on nous a demandé beaucoup trop peu de chaussures de fillettes et de garçons, mais beaucoup trop de chaussures de femmes. En chiffres ronds, nous avons, pendant ces sept jours, écoulé près de 3 fois trop de chaussures de femmes, 3 fois trop peu de chaussures de fillettes et de garçons.

Remarquons, en outre, en examinant spécialement la catégorie des bottines de femmes, que les demandes sont très variables selon les pointures, et qu'elles sont loin de correspondre à nos contingents. Ainsi, les pointures 38 constituent 15% de notre total dans cette catégorie; les ventes forment 22% du même total. Si cela continuait, nous manquerions bientôt de pointures 38.

A l'heure actuelle, alors que nous avons servi 1/9 seulement des locaux, nous avons épuisé 1/5 de notre approvisionnement en bottines de femmes. Si nous ne changions pas le mode de répartition, les clients des 22 ou 23 derniers locaux ne trouveraient plus de chaussures de cette catégorie. C'est pourquoi, il nous faut modifier le régime actuel et restreindre encore la faculté d'acquérir des bottines de femmes. Nous ne changeons rien aux dispositions qui concernent la vente des chaussures d'enfants. Mais, à partir du 12 juillet, on ne délivre une paire de chaussures de femmes qu'aux femmes qui se présentent avec une carte de pain de 4 rations au minimum.

C'est une nouvelle expérience que nous tentons sans pouvoir garantir que cette réglementation n'aura plus de variation à subir. Nous aurions voulu contenter tout le monde; nous savons que nous n'y réussirons pas; nous prions qu'on nous reconnaisse au moins la bonne volonté d'agir pour le mieux.

LE COMITÉ.


Le Fraisier

Il n'est guère de fruit plus généralement recherché et plus essentiellement salubre que la fraise, avec ses tons écarlates et sa chair fondante et délicieusement parfumée; aussi, ne conçoit-on guère un jardin sans fraisiers. Dame Nature a répandu ceux ci sous un grand nombre de climats divers. Les fraises se divisent en deux groupes, celles à petits fruits et celles à gros fruits. Les premières ont pour point de départ et pour type les «fraises des bois» et l'emportent, par leur saveur et leur parfum, sur toutes leurs autres soeurs. Elles ont choisi pour domaine favori les prés fleuris, les terres dorées et les bois profonds, frais, sombres et pleins de mystère. Dissimulées sous les feuilles comme l'humble violette, elles ne sont trahies que par leur parfum. Le fraisier des bois était seul connu avant la fin du 16e siècle, où on commença à se livrer à la culture systématique du fraisier. En 1712, un officier du génie maritime, qui portait le nom, prédestiné sans doute, de Fraizier, importa du Chili 5 plants d'un fraisier nouveau, dont l'un, mis en terre aux environs de Brest, a été la souche de la grande quantité de fraises produites par la Bretagne. Le fraisier affectionne les terres franches légères, substantielles, sèches et saines en hiver, humides en été, qui doivent être fumées avec des engrais bien consommés, et une exposition découverte, il se trouve bien de copieux arrosements. C'est une plante d'une sensibilité extrême qui craint l'excès de chaleur comme l'excès d'humidité. Les plantations doivent être renouvelées tous les 2 ou 3 ans. Par le forçage, on arrive à faire fructifier le fraisier en toute saison.

Le fraisier peut se cultiver en pots. Un mode de culture original consiste à se servir de vases et tonneaux, avec perforations espacées. La culture en tonneaux, gracieuse, amusante et propre, donne depuis longtemps en Amérique les meilleurs résultats. Les tonneaux affectés à cet usage, sont placés debout et percés de trous, de distance en distance. Nos pères se servaient eux-mêmes de vieux tonneaux perforés pour cultiver la salade en cave et d'autres légumes d'hiver. Malgré ses nombreux détracteurs, ce genre de culture a donné et donne encore aujourd'hui d'excellents résultats. La culture en vases et récipients perforés remonte à bien des siècles, on en a la preuve par les vases en terre cuite remontant à l'époque romaine et désignés sous le nom de vase à crocus. L'ennemi le plus redoutable du fraisier est le hanneton.

Les meilleures variétés de fraisiers sont: La fraise des bois (des Alpes) améliorée, dite des quatre saisons (juin et août-septembre), rouge et blanche; Héricart de Thyry (communément appelée: La Ricard), Ananas; Dr Morère, Joseph Paxton, Dr Hogg, stimulante. La fraise est rafraîchissante, diurétique, laxative, mais ne convient pas toujours aux dyspeptiques, aux obèses et aux diabétiques, ni à ceux qui ont une tendance aux éruptions cutanées. Car, quoiqu'on en dise, elle fait éclore l'urticaire chez certaines personnes prédisposées, par un dérivé d'acide salicylique qu'elle contient. En outre, la fraise convient aux rhumatisants, elle est anti-graveleuse. Pourquoi? tout simplement parce qu'elle alcalinise le sang et même jusqu'aux urines, et non parce qu'elle contiendrait de l'acide malique. Armand Gautier, qui fait autorité en ces matières, donne comme composition moyenne de la fraise: eau 87.7, matières albuminoïdes 0.50, cellulose 2.32, pectoses 0.81, sucre 0.28 pour cent; anhydrides (acides anhydres), phosphorique 1.05, sulfurique 0.33, potasse 1.77, soude 2.27, chaux 1.20 pour mille. Cela explique qu'elles sont excellentes par leur suc pour la rate, les tempéraments sanguins et bilieux, les ulcères de la bouche, les aphtes, la dysenterie, les obstructions, les bronchites avec toux sèche. On en prépare une décoction de 25 à 50 grammes par litre d'eau, dans les hydropisies, la gravelle, la goutte, les vices du sang. Une poignée de racines, bouillies dans 500 gr. d'eau, forme un bon astringent et diurétique, qu'on peut employer en gargarisme dans l'angine, la diarrhée et les flux de toutes natures.

On peut aussi préparer un sirop de fraises, en faisant bouillir et en remuant constamment dans une bassine, quantité de sucre en poudre et de fraises à moitié mûres. Filtrer ensuite à travers un linge.

Fraises ensablées. Les fraises sont souvent souillées par de la terre et véhiculent ainsi les impuretés et germes nocifs contenus dans le sol. Pour éviter que leur ingestion, en cet état, ne devienne une source de maladies intestinales surtout à l'époque de régime anormal actuelle, les hygiénistes recommandent instamment de les laver avec de l'eau, préalablement bouillie, bien qu'elles perdent ainsi un peu de leur parfum. Le mieux serait encore de ne les manger qu'à l'état cuit, sous forme de compote ou de confiture.


RECETTES CULINAIRES

Beurre de guerre

-1/2 litre d'eau, 35 gr. de céréaline, 10 gr. de sel, 10 gr. de poudre de lait ou une cuillerée à café de lait condensé.

Faire bouillir 10 minutes. Ajouter alors 50 gr. de saindoux. Mélanger parfaitement et faire encore bouillir 10 minutes. On obtient ainsi 350 gr. de beurre de guerre pour environ 25 centimes.

Ce beurre ne peut naturellement pas servir à la cuisson des aliments, mais donne sur le pain la parfaite illusion du vrai beurre!

Quatre-quarts de guerre

Moudre très fin 0 k. 250 de riz, ajouter 0 k. 200 de sucre, un oeuf cru (battre le blanc en neige), du lait «Nestlé» ou du lait ordinaire. Battre le mélange, avant de le mettre au four dans un moule graissé avec un peu de beurre ou de saindoux.


Annonces diverses

--Les annonces et réponses aux annonces sont reçues au Bureau du Journal, spécialement installé à cet effet à la Préfecture (entrée par la grille, place de la République).


Etude de Me Bigo, Notaire à Marcq-en-Baroeul
Fonds de Commerce.--2e insertion

Aux termes de l'inventaire dressé par Me Navarre, notaire à Lille, le 5 juin 1916, après le décès survenu en son domicile le 5 mars précédent, de M. Emile-Constantin Laebens, négociant en bois, demeurant à La Madeleine-lez-Lille, rue du Chaufour, nº 2, époux de Mme Clara-Louise-Hortense Quequet, cette dernière, en vertu du droit que lui confère son contrat de mariage, a déclaré conserver pour son compte le commerce de négociant en bois que son mari exploitait à La Madeleine-lez-Lille, rue du Chaufour, nº 2, avec scierie mécanique, rue Jeanne-Maillotte, nos 44, 46 et 48, ledit commerce comprenant la clientèle et l'achalandage, le matériel servant à son exploitation et les marchandises en dépendant, ainsi que le droit au bail des lieux où il exploite et de ceux nécessaires à l'habitation de Mme Laebens.

Par suite, Mme Laebens est devenue seule propriétaire de ce fonds de commerce et de ses accessoires, à compter du jour du décès de son mari.

Les oppositions devront être faites dans les dix jours de la présente insertion en la demeure de Mme Laebens, sise à La Madeleine, rue du Chaufour, nº 2.

Pour deuxième insertion, NAVARRE.


Cercueils tous genres, zingués et plombés à l'avance prix modérés. Maison Foubert et fils 37, r. de Roubaix. Grand choix couronnes à prix avantag.


--Couronnes funéraires.--Maison Cannoo inf. nombreuse clientèle que son magasin est transféré provisoirement à sa fabrique 1, rue des Trois-Mollettes.