REMERCIEMENTS

--Mme Nonbalez, profondément touchée des marques de sympathie qui lui ont été témoignées dans son pénible deuil, remercie vivement les personnes qui ont assisté aux messes anniversaires de M. Adolphe NONBALEZ, et s'excuse auprès de celles, qui, en raison des circonstances actuelles, n'ont pu être avisées.

--Les familles Van Hecke-Laloy, Coppez-Richard, Van Boxom-Van Hecke, remercient profondément les personnes qui leur ont témoigné leurs sympathies, en assistant aux funérailles de Mme Léon VAN HECKE, née Marthe LALOY, et s'excusent auprès de celles, qui, par oubli, ou, en raison des circonstances actuelles, n'ont pu être avisées.

--Mlle Marie Aernout, profondément touchée des marques de sympathie reçues, à l'occasion du décès de Mme veuve Pierre AERNOUT, née Agnès CAPIOMONT, remercie vivement les personnes qui ont assisté aux funérailles, et s'excusent auprès de celles, qui, en raison des circonstances, n'ont pu être avisées.


Imprimerie LA GUTENBERG, 5-7, rue Desrousseaux, Lille.

N° 178.Prix du Numéro: 0,05 Jeudi 27 Juillet 1916

Obsèques de M. Hippolyte Verly

Nos concitoyens ont appris avec le plus vif regret la mort de M. Hippolyte Verly, ancien rédacteur en chef et directeur de l'Echo du Nord, ancien conseiller municipal, ancien président de la Société des Sciences et de la Commission des Musées, vice-président de la Commission historique du Nord, membre de la Société des Gens de Lettres, chevalier de la Légion d'Honneur, décédé le 19 Juillet, à l'âge de 77 ans.

A ses obsèques, qui ont eu lieu le 22 Juillet, assistaient: M. Anjubault, sous-préfet d'Avesnes, faisant fonction de Préfet du Nord, M. Georges Lyon, recteur, M. Charles Delesalle, Maire de la Ville de Lille et un grand nombre de notabilités.

Les cordons du poële étaient tenus par MM. Ch. Delesalle, puis Brackers d'Hugo, au nom de la Ville, Parenty, président de la Société des Sciences, Théodore, conservateur général des musées et Lemaire, secrétaire de la Commission historique.

Parmi les couronnes, nous avons remarqué celle de la Ville, celle de l'Echo du Nord, celle de la Presse du Nord.

A la sortie de l'église Notre Dame de Consolation, où ont eu lieu les obsèques, M. Parenty a dit une vibrante allocution et M. Emile Ferré, rédacteur en chef de l'Echo du Nord, a prononcé le discours suivant:

Messieurs,

L'heure n'est pas venue de dire les paroles qui doivent classer M. Hippolyte Verly comme publiciste et le situer dans notre littérature régionale. Et je ne puis apporter aujourd'hui devant son cercueil, à défaut d'une voix plus autorisée, que l'adieu douloureux de ses anciens collaborateurs, de ses confrères, de tous ses amis.

M. Verly portait un nom déjà inséparable de l'Histoire de Lille. Petit-neveu de François Verly, l'éminent architecte et graveur qui popularisa, dans un dessin d'après nature, l'attitude héroïque du barbier Maes au siège de 1792, fit de Charles Verly, l'archéologue distingué qui fut parmi les fondateurs de la Commission Historique du Nord, du Comité Flamand de France, de la Société française d'archéologie et qui créa notre Musée des médailles, M. Hippolyte Verly puisa, au sein même de sa famille, cet amour du beau et du bien qui fut, dans ses écrits comme dans sa vie, sa règle immuable.

Ayant au plus haut point tous les dons du conteur, aussi habile à reconstituer les époques tragiques de l'Histoire qu'à fixer les traits caractéristiques de nos moeurs lilloises, il sut évoquer avec la même aisance, tantôt comme dans le Sac de Bavai, tantôt comme dans Van Brabant et Cie, toiles et sarraux, les traditions familiales de notre négoce, qui a porté si loin dans le monde le bon renom de la cité. Et que de tableaux à la manière flamande, hauts en couleur et débordants de vie, on pourrait extraire de la Conjuration de Bruges, de la Furie espagnole, de Boinebroke, des Gens de la Vieille Roche, des Souvenirs d'une Vieille Barbe, etc.

Son talent procédait de la bonne veine gauloise et ce n'est pas seulement dans ses Contes où il relate «les hauts faits de guerre, d'amour, de beuverie et autres advenus ès pays de Flandre», mais dans maint autre récit que sa verve se plaisait au naïf et savoureux langage de nos vieux romanciers.

C'est par centaines que l'on compterait les pages, dramatiques ou charmantes, qu'il a jetées comme en se jouant, soit dans les revues régionales et parisiennes,--dans l'Illustration, notamment,--soit dans l'Echo du Nord, qui s'honorera toujours de l'avoir eu comme rédacteur en chef et directeur, et auquel son nom restera indissolublement uni.

Journaliste de la bonne école, polémiste inflexiblement courtois, excellant à faire jaillir la lumière des chocs de la discussion, son style sonnait clair le bon métal français; il avait la netteté, la mesure, la force,--et ce style, c'était l'homme.

Républicain d'avant la République, il fut de ce groupe politique lillois qui lutta obstinément pour tant de belles idées. Ardent à les propager, généreux à les servir, M. Verly aurait pu dans le régime nouveau, prétendre à de hautes fonctions. Il aima mieux garder sa plume et, avec le noble désintéressement qui fut la marque distinctive de son caractère, auquel rendirent souvent hommage des hommes comme Jules Simon, de Marcère et Testelin, il poursuivit le bon combat du journalisme.

Et puis, au soir de la bataille, la victoire étant d'ailleurs dès longtemps assurée, il se retira sous sa tente et, sans abandonner sa bonne et vaillante plume, il vécut en sage.

On peut dire que les bruits du monde et même quelques-unes des rumeurs du forum expiraient à son seuil hospitalier. Non pas certes, qu'il fût indifférent et qu'il ne ressentit le contre-coup des événements publics: son patriotisme vibrait aux moindres chocs, prenait sa part de toutes les douleurs comme de toutes les joies, tendait hardiment la voile à toutes les espérances. Je veux dire seulement que, sans ambition et même désormais sans préoccupation personnelle, considérant les hommes et les choses dans un recul favorable aux jugements sans passion, il voyait en pleine lumière les secrets ressorts de certaines agitations, la vanité de certaines contingences et le péril, qui ne lui avait jamais échappé, de certaines doctrines.

Le Socialisme n'eut pas d'adversaire plus résolu, ni mieux armé et tous ceux qui suivent le mouvement des idées, savent quels trésors de bon sens aiguisé et de clairvoyante logique renferment le Triomphe du Socialisme et les Socialistes au Pouvoir, qui obtinrent la plus haute consécration qu'un livre puisse ambitionner.

Conseiller Municipal durant trente années, Ancien Président de la Société des Sciences et de la Commission des Musées, Vice-Président de la Commission historique du Nord, Membre du Conseil d'administration du Lycée Fénelon, lauréat de l'Institut de France, de la Société d'encouragement au bien, de la Société des Gens de Lettres, M. Verly nous laisse le souvenir d'une vie toute de travail, de droiture, d'honneur, au cours de laquelle aucune main ne s'est vainement tendue vers lui. Car il fut essentiellement, exemplairement bon. C'est cette vertu qui donnait tant de charme à son commerce et qui groupait autour de lui tant d'amitiés fidèles.

... Leur fidélité ne sera point rompue par la mort, mon cher maître, et notre vénération, nos respectueuses sympathies ne quitteront pas la maison où, celle qui fut la digne compagne de votre laborieuse existence, ne veut pas être consolée.

Puissent cependant les témoignages de haute estime prodigués aujourd'hui à votre chère mémoire par vos concitoyens et l'espoir, à tant de titres fondé, que l'homme de bien que vous fûtes, a reçu la suprême récompense, être un adoucissement à son immense douleur!