DIALOGUES ARGOT ET FRANÇAIS.

Arsone ce pentre, remouche si sa filoche est chouete, il est marquant, si tésigue peux le fourliner, je te vais noner et nous faderons des sigues.

Tâte cet homme, regarde si sa bourse est bonne, si tu peux la lui prendre, je te vas cacher, et nous partagerons des pièces d'or.

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Le trep aboule, esbigne-toi et cavale dure.

Le monde vient, sauve-toi et cours vite.

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Calte, le pentre se réchauffe.

Finis, le paysan s'en aperçoit.

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Remouche donc la bride de cette gonsesse, c'est du jonc.

Regarde donc la chaine de cette femme, c'est de l'or.

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Elle doit avoir un bogue remouche la tournante.

Elle doit avoir une montre, regarde la clé.

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Cette sorgue j'ai aquigé ma menesse.

Cette nuit j'ai battu ma femme.

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Ce qui me met à renaud, c'est d'être entiflé de C.

Ce qui m'embête, c'est d'être marié légitimement.

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Mesigue je ne suis qu'engoncé.

Moi je vis en concubinage.

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Quand mesigue ne l'aura plus à la bonne, je la balance.

Quand moi je n'en voudrai plus, je la renvoie.

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J'ai le béguin pour une mistone de C.

J'aime d'amour une demoiselle comme il faut.

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Raplique à la vanterne, rembroque qu'esqu'aboule.

Va à la fenêtre, regarde qu'est-ce qui vient.

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Veux-tu morfiller de la japhe.

Veux-tu manger de la soupe.

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Nous irons sur le grand trimar escarper un gons.

Nous irons sur la grande route assassiner un homme.

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J'ai abloqui des empafs une roue de derrière.

J'ai acheté des bottes 5 fr.

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Mon gons est au col.

Mon homme est en prison.

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Rifondons don nous ce satou lago.

Brûlons-nous ce bois-là.

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Le premier qui boni une loffitude, je l'aquige.

Le premier qui dit une bêtise, je le bats.

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Aboule icigo.

Viens ici.

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Niberque je ne veux pas m'aquiger avec tesigue.

Non je ne veux pas me battre avec toi.

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Je lensquine des chasses, ma frangine est esbasis.

Je pleure, ma soeur est morte.

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Ma darone m'a renaudé, je n'irai plus à la piaule.

Ma mère m'a grondé, je n'irai plus à la maison.

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J'ai floué au brême, et j'ai paumé du pognon.

J'ai joué aux cartes, et j'ai perdu de l'argent.

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Gamberge la gouline et fonce-moi mon fade.

Compte ce qu'il y a dans la valise, et donne-moi ma part.

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J'ai poissé la fauf d'un drague, c'est du blencar.

J'ai volé la tabatière d'un médecin, c'est de l'argent.

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Conobles-tu un fourgue qui bille bien.

Connais-tu un receleur qui achète un bon prix.

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Calte, la rousse à l'arnache raplique.

Prends garde, les agents de police en bourgeois viennent.

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Bille à picter aux grivées, quand ils seront pionvilles, nous esbignerons.

Paye à boire aux soldats, quand ils seront saouls, nous nous sauverons.

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Si on ne te conoble pas, boni un centre à lestorgues.

Si on ne te reconnaît pas, dis un nom comme il viendra.

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Bacle la lourde et au pieu.

Ferme la porte et au lit.

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Pictenchons-nous pour deux ronds d'eau d'af.

Buvons-nous pour deux sous d'eau-de-vie.

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Niberque j'ai le soufflet aquigé.

Non j'ai mal à l'estomac.

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J'aime mieux poisser que de droguer.

J'aime mieux voler que de demander.

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Je suis pomé maron male.

Je suis pris flagrant délit.

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J'ai escarpé un cogne pour m'esbigner.

J'ai tué un gendarme pour me sauver.

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En descendant de la roulotte, il faudra suriner ce pentre.

En descendant de voiture, nous donnerons des coups de couteau à cet homme là.

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Niberque je ne veux pas être fauché.

Non je ne veux pas être guillotiné.

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Vas donc frileux propre à mibe.

Vas donc peureux, propre à rien.

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Tu as le taf de Charlot.

Tu as peur du bourreau.

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Fonce-moi 2 ronds et méche pour du tréfoin rifandeur et une boufarde.

Donne-moi deux sous et demi pour avoir du tabac à fumer et une pipe.

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J'ai organe, allons-nous morfiller.

J'ai faim, allons-nous manger.

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Mon gons est au jardin.

Mon homme est allé faire un coup.

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Ma menesse est au persil.

Ma femme est en promenade.

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Morfillons-nous un piquentère ou un engache.

Mangeons-nous un poulet ou une oie.

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Maquille tes douilles et tes douillettes.

Arrange tes cheveux et ta barbe.

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Fonce moi une limasse et des tirans.

Donne-moi une chemise et des bas.

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T'as beau bécher, je rengracie, j'ai de la muette.

Tu as beau me mépriser, je ne volerai plus, j'ai de la conscience.

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Il y a trois reluis, j'ai fait suer un chêne.

Il y a trois jours, j'ai tué un homme.

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Gouale devant ces pentres, ils te fonceront des pognons.

Chante devant ces paysans, ils te donneront de l'argent.

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Sais tu maquiller les caroubles.

Sais-tu faire les fausses clés.

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Esbigne en jargue d'icigo.

Va-t-en sans payer d'ici.

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Fais foncer du pelard et de la grenouze au gaille.

Fais donner du foin et de l'avoine au cheval.

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Ta menesse est bien entapée.

Ta femme est bien mise.

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Tu n'as pas de pafs aux paturons.

Tu n'as pas de souliers aux pieds.

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Et tésigue pas de montant au prose.

Et toi pas de pantalon au derrière.

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Je me suis rifaudé les pognes.

Je me suis brûlé les mains.

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Le cabe est cause que nous sommes servis marons.

Le chien est cause que nous sommes arrêtés avec preuve.

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Mon pivas a deux aquigeuses.

Mon enfant a deux dents.

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Aboule icigo ou je t'aquige.

Viens ici ou je te bats.

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Viens-tu au vague avec mesigue.

Viens-tu voler avec moi.

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Il n'y avait que niberque, j'ai renaudé.

Il n'y avait rien, j'ai été en colère.

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Rengracié, le pentre rembroque.

Finis, l'individu nous regarde.

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Un tel est maron male, sur un écornage.

Un tel est pris en flagrant délit à couper un carreau.

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Refile-moi la camelotte.

Passe-moi ce que tu viens de voler.

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Faut escarper les coqueures.

Faut tuer ceux qui nous dénoncent.

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Remouche ce pentre, il pionce, fourline-lui son ployant.

Regarde cet homme, il dort, prends donc son portefeuille.

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Il y a peut être des talbins.

Il y a peut-être des billets de banque.

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J'ai maquillé un tiroir à une boulanche cette sorgue.

J'ai fait un trou à un volet cette nuit.

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Quand le pentre t'a rembroqué, tu as fargué.

Quand l'homme t'a regardé, tu as rougi.

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Remouche la cambriole où va pioncer ce gniaire lago.

Regarde la chambre où va coucher cet homme-là.

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J'ai un rossignol qui est chouette, il débride toutes les lourdes.

J'ai une fausse clé qui est bonne, elle ouvre toutes les portes.

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Niberque il y a un cabot qui chialerait.

Non pas, il y a un chien qui avertirait.

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Flouons au frotin ou au brême.

Jouons au billard ou aux cartes.

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Si je paume, j'ai pas de poignon.

Si je perds, je n'ai pas d'argent.

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Ta bille est toute gembergée.

Ton argent est tout compté.

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N'aboule pas, je te bute.

Ne viens pas, je te tue.

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Je ne rigole plus avec tésigue, tu morganes.

Je ne ris plus avec toi, tu mors.

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Ma menesse m'a fait pioncer avec le cheval.

Ma femme m'a fait coucher seule.

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Aboule au vague, voilà le tardif.

Viens voler, voilà le soir.

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Pour l'étalage, c'est la plombe.

Pour ce qu'il y a à la porte des boutiques, c'est l'heure.

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Attends que le pentre soit rentandé.

Attends que l'homme soit rentré.

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Vas-y desbrouf à la tête du can, je te none.

Vas-y hardiment devant tout le monde, je te cache.

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Balance la camelotte, ou tu es maron.

Laisse tomber l'objet par terre, ou tu es pris.

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Balance du tréfoin dans les chasses du cogne et cavale dur.

Jette du tabac dans les yeux du gendarme et cours vite.

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Je solis du baveu, y a de l'asfure.

Je vends du savon à détacher, y a du bénéfice.

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Tu n'auras pas ton fade, tu es trop frileux, tésigue a manqué de faire servir mésigue.

Tu n'auras pas ta part, tu es trop peureux, tu as manqué de me faire arrêter.

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J'ai été escraché de la piaule.

J'ai été renvoyé de la maison.

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Le miston est chouette, mais sa darone ne vaut que mibe.

Le jeune homme est bon enfant, mais sa mère ne vaut rien.

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Jean est gerbé à 7 longes de dur et surbine à user le soleil.

Jean est condamné à 7 années de travaux forcés et surveillance de la haute police à vie.

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J'ai grinchi 32 bogues en jonc à l'écornage.

J'ai volé 32 montres en or par l'ouverture d'un carreau.

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J'ai eu pour mon fade 1,503 balles, 18 ronds et méche.

J'ai eu pour ma part 1,503 fr. 92 c. et demi.

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Ma ménesse a reçue un coup de pateron dans le prose sa lui a aquigé.

Mu femme a recue un coup de pied dans le derrière sa lui a fait mal.

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Rembroque ce bibon comme il remouche cette mistonne.

Regarde ce vieux comme il regarde cette femme.