FORT COMME LES ARCHAMBAULT
Le comté de l'Assomption est le berceau de la famille Archambault, très nombreuse, d'ailleurs, et dont les ramifications s'étendent sur toute la province de Québec dans le clergé, la magistrature, la politique, les emplois publics, etc. Ils ont justifié le dicton populaire bien connu dans tout le comté; "Forts comme les Archambault!" et ils laisseront certainement une marque indélébile dans notre histoire, ce qu'ils ont bien mérité par leurs grands talents.
Un jour, un habitant de l'Assomption, voulant abattre une demi-douzaine d'érables engagea deux Archambault, de solides gaillards, universellement reconnus comme le deux hommes les plus forts de la région. Il leur donna deux haches, un "godendard" et deux couennes de lard, en leur recommandant de faire diligence et de scier ces arbres en billots de douze pieds de longueur pour en faire du bois de service. Ils abattirent la plus grosse des six érables et se mirent en train de la scier, mais ça ne marchait pas du tout.
Vers les deux heures de relevée, l'habitant se rendit au bois pour voir où en était rendu son ouvrage, lorsqu'il trouva les deux hommes face à face, tenant chacun un des manchons du "godendard"; ils avaient à peine effleuré l'écorce et se regardaient en chiens de faïence.
—Quoi-ce donc que vous avez faite depuis c'matin que vous êtes là? C'est pas correct, ça.
—C'est pas not' faute, M'sieu Painchaud, on a faite c'qu'on a pu, mais on est fort à fort.
Les élèves d'une école laïque présentent une adresse et un cadeau à leur maîtresse, une Irlandaise parlant le français comme nous. Une des élèves, de retour chez elle, raconte ce qui s'est passé.
—Et puis, qu'a fait mademoiselle M..., demande le père, en apprenant tout cela?
—Elle a braillé, pas pour rire.
Un chien extraordinaire: Un de mes amis possède un chien phénoménal. Il me disait un jour: —Il ne lui manque que la parole, et encore!
—? ? ?
—Oui, l'autre jour je suis sorti avec lui pour aller à la chasse et comme je venais de tuer un gibier quelconque, je lui dis d'aller le chercher.
—Où ça? me fit-il.
—! ! !
LE P'TIT TAUREAU CROISÉ
Un brave cultivateur demeurant dans l'un des grands comtés de l'Est désirait améliorer son stock de bétail qui était devenu fort dégénéré. Il s'en alla trouver un grand éleveur des environs. Celui-ci était un anglais qui ne parlait pas le français; Baptiste, lui, ne connaissait pas l'anglais. En revanche, tous les deux se comprenaient bien. À son arrivée, l'éleveur reçut Baptiste avec la plus grande cordialité, en lui demandant des nouvelles de sa famille, et en le félicitant sur sa bonne apparence et l'état merveilleux de sa santé.
Pour répondre à cette politesse, Baptiste se confondit en remerciements, et il finit par cette phrase:
—Ben, j'vas vous dire, j'su' ben content de voir l'intérêt que vous m'portez, mais c'est pas ça qui m'amène.
—Well, Baptiste, all right. Speak out and let me know what you want this morning.
—Ben, v'là c'que c'est, mon bétail est d'assez bonne race, mais depuis quelques années, il s'est détérioré, et j'voudrais ben l'ravigoter un peu. Pour ça, y'm'faudrait un p'tit taurau de bonne race.
—That's all you want? Why, dear man alive, there's nothing easier. There are plenty of them in the field yonder. You have only to pick out your choice.
—Ben, y en a un dans l'coin là-bas qui f'rait ben mon affaire, j'pense. Y m'a l'air fringant et il est ben faite.
—No good for you.
—Pourquoi ça?
—When I tell you he is no good, I know what I say. I do not want to cheat you. That is why I tell you the beast is no good.
—Encore, ya p'têt' ben moyen de savoir pourquoi.
—Oh! certainly. It is becuse the animal is crossed.
—Ah ben! dans c'cas-là, j'en veux pas!
Écho d'élection:
Au cours d'une campagne électorale dans Montcalm, un orateur échevelé lance la phrase suivante:
"Oui, Messieurs, voilà huit ans que notre adversaire vous représente à Ottawa. Qu'a-t-il fait durant tout ce temps? Rien du tout. Il n'a pas même été capable de faire poser une rivière navigable dans le comté. Si vous élisez l'homme respectable que je représente ici ce soir, il en fera mettre trois dans le comté."
(Applaudissements.)