III

Vous le voyez, mon parti est bien pris, Madame. Je souhaite qu’il soit dans le sens où vos intérêts amoureux sont le mieux servis. Dans la pratique, il est souvent difficile à prendre, parce que la bégueulerie contemporaine ne permet pas de s’éclairer sur toutes les pièces du procès. On reconnaît immédiatement une femme laide de visage. Mais une femme belle de corps ne se révèle, sans se livrer, qu’à certains délicats, sachant du premier coup déshabiller la femme, sans toucher à une agrafe de son corset ni à un cordon de ses jupons. C’est un art suprême, mais qui demande une expérience longue et souvent coûteuse à acquérir. Ce que les femmes vous font payer ces leçons de choses! Mais passons. La morale—il y en a toujours une dans mes précieuses dissertations—est qu’il ne faut jamais condamner une femme sur son visage et la proclamer laide parce qu’elle a les traits peu plaisants. Un chercheur consciencieux, un érudit sincère, un magistrat intègre s’efforce de lui faire montrer le reste avant de la juger. C’est une façon de procès qui n’a rien de déplaisant à instruire, une jurisprudence dont on se farcit sans ennui, une méthode de continuer Cujas que je conseille aux amateurs d’agréables surprises. On n’y saurait trop reproduire la scène du crime. Cultivez, mes enfants, ces Pandectes-là!

VII

Le bon parjure