IV
Il y avait là une femme qui pleurait et qui éclata en sanglots: c'était la soeur de Vallia, celle-là qui vivait du péché et qui ne voulait pas vivre du repentir.
On sonna.
—N'ouvrez pas! dit Vallia.
Parlait-elle par pressentiment, ou bien ne songeait-elle qu'à respirer plus longtemps dans la même atmosphère de prières et d'encens?
Sa soeur, qui était allée ouvrir, fit quelque bruit à la porte pour empêcher une nouvelle venue de dépasser l'antichambre. Elle reparut en disant à Vallia:
—C'est Héloïse.
—Jamais! jamais! dit Vallia.
Une lueur étrange passa sur son visage; la lumière du mal, brûlant la lumière du bien, faillit rejeter l'orage en cette jeune fille transfigurée.
Alors seulement elle m'aperçut. Elle me fit signe, et j'allai lui prendre la main.
—Ah! vous aviez raison, me dit-elle, de vouloir m'arracher à cette fille, car elle m'a tuée.
Vallia laissa tomber sa main et ferma les yeux. On eût dit qu'elle venait de mourir. Sa soeur lui mit un flacon sur les lèvres.
Mme de la Châtre me ramena à la fenêtre.
—J'ai peur de voir une morte, dit-elle toute pâle.
J'avais soulevé le rideau. Je vis alors Double-Croche qui s'en allait toute frétillante vers son coupé, précédée de son groom,—un objet d'art.—Ses deux chevaux, de magnifiques chevaux anglais, piaffaient de jeunesse et d'impatience.
—Comment! me dit la comtesse, cette coquine de musicienne a des chevaux?
—Oui! et on dit que ses chevaux lui viennent d'une femme du monde. Voyez-vous, ma chère comtesse, on ne saura jamais si Sapho est jetée du haut du rocher de Leucade pour Phaon ou pour Erinne.