NOTES:

[1] Etienne Marcel, chef du tiers état et défenseur des droits du peuple aux États généraux de 1356, pendant la captivité du roi Jean, fut le premier qui tenta la révolution démocratique et réclama énergiquement la garantie des libertés féodales et des franchises communales accordées par Philippe le Bel.

[2] Quelques historiens, entre autres Piganiol de la Force, donnent à tort: 22 avril 1371.

[3] Mur de fortification reliant deux tours ou deux bastions.

[4] On sait que sa longue et dure captivité a poussé ce prisonnier à certaines exagérations dans ses mémoires, aussi ne citons-nous de lui qu'un passage.

[5] Dans ce texte, qui se trouve au bas de l'estampe conservée au Musée Carnavalet, l'orthographe des noms et des mots a été respectée.

[6] D'après la lettre de Cachet et la lettre de levée d'écrou que nous donnons plus haut, on comprend facilement le dire de M. Marmontel dont la détention à la Bastille dura dix jours à peine.

[7] Nous donnons plus loin le récit de Linguet à ce propos.

[8] Sous cette dénomination, on désigne un acte par lequel Louis XIV enleva aux protestants la liberté de conscience qui leur avait été accordée par Henri IV en 1598. Les conséquences de cet acte furent désastreuses: 230,000 protestants quittèrent la France, emportant à l'étranger, non seulement, les secrets de notre industrie, mais encore cette intrépidité, cette valeur militaire qui fut toujours l'apanage de la France.

Un grand nombre d'entre eux se réfugièrent en Allemagne et chaque fois que leurs fils vinrent en France à la tête des bataillons prussiens, ils nous firent cruellement payer le séjour de ces missionnaires bottés que leurs ancêtres durent loger au nom du roi. Ces missionnaires firent cependant l'admiration de Mme de Sévigné:

«Les Dragons, écrivait-elle le 28 octobre 1685, ont été très bons missionnaires,» et en parlant de l'édit de révocation:

«Rien n'est si beau que se qu'il contient; jamais aucun roi n'a fait ni ne fera rien de plus mémorable

Et le vieux Le Tellier ne comprit pas qu'il signait un des plus grands malheurs de la France.

[9] Piganiol de la Force (1742), t. IV, p. 428.

[10] Le boulevard Beaumarchais actuel.

[11] Ces deux figures sont conservées dans le Jardin du Musée de Cluny (côté de la rue de Cluny).

[12] R. S. H. signifient: Reparatæ salutis hominum.

[13] P. C. signifient: Posuerunt Consules.

[14] On lit dans Piganiol de la Force (1742), t. IV, p. 420: «Les fortifications qu'on y voit furent commencées le 11 d'Août de l'an 1533 et ne furent achevées qu'en 1559. Elles consistent en une courtine flanquée de bastions, et bordée de larges fossés à fond de cuve. Les propriétaires de Paris furent taxés pour cette dépense, depuis quatre livres, jusqu'à vingt-quatre livres tournois.»

[15] Ce bastion était situé à peu près vers le milieu du boulevard Bourdon actuel.

[16] Cet autre bastion s'élevait sur l'emplacement actuel des premiers numéros pairs du boulevard Beaumarchais.

[17] On lit dans les Mémoires de Sully: Le Roy avoit en 1604 sept millions d'or dans la Bastille et sur l'an 1610, en avait pour lors quinze millions huit cent soixante et dix mille livres d'argent comptant, dans les chambres voûtées, coffres et caques, étant en la Bastille; outre dix millions qu'on en avait tirés pour bailler au trésorier de l'épargne.

[18] Est-ce une erreur ou intentionnellement que Linguet dit: «une femme». D'après le dessin que nous donnons de l'horloge de la Bastille et les documents qu'il nous a été donné de consulter au Musée Carnavalet, les deux figures représentaient un vieillard et un homme dans la force de l'âge.

[19] D'après les coupes et élévations de plan de la Bastille par Caffiéri (Musée Carnavalet) certains étages des tours étaient voûtés comme les calottes.

[20] On lit dans Piganiol de la Force (1742—t. IV, p. 422): «Sur la première porte de la Bastille, c'est-à-dire sur celle qui donne dans une petite place qui est en cet endroit de la rue Saint-Antoine, est un magasin d'armes où l'on en trouve de toutes espèces et en grande quantité. Les curieux y remarqueront d'anciennes armures de chevalerie et ils trouveront toutes ces choses d'une propreté et dans un arrangement qui les surprendront agréablement.»

[21] Aujourd'hui rue Jacques-Cœur.

[22] Ainsi appelée à cause d'un grand orme qui ombrageait l'un de ses coins.

[23] «Réveillon, le plus riche des fabricants de papier de Paris, employait un très grand nombre d'ouvriers à sa manufacture de la rue Saint-Antoine. On fit habilement courir le bruit qu'il allait réduire de moitié le salaire de ses ouvriers; on lui attribua même les propos les plus violents à leur égard; enfin, on chercha à soulever contre lui la population du faubourg Saint-Antoine. La famine et la misère publique avaient attiré une foule d'étrangers prêts à toutes les besognes. Ce furent ces individus, inconnus du vrai peuple, qui l'excitèrent à la révolte, au pillage, à l'incendie. Malheureusement quelques citoyens payèrent de leur vie leur trop prompte crédulité. Quoi qu'il en soit, le sang versé fut fécond et le piège ainsi tendu aux patriotes amena l'aurore de la liberté!»

[24] On nommait ainsi les députes du tiers.

[25] Aujourd'hui place de la Concorde.

[26] En effet, après la prise de la Bastille, on trouva, dans une des poches du gouverneur de Launay, un billet ainsi conçu: «J'amuse les Parisiens avec des cocardes; tenez bon jusqu'au soir et vous aurez du renfort.—Signé: Flesselles.» Ce billet fut l'arrêt de mort du dernier prévôt des marchands. Carnot.—La révolution française.

[27] Des Invalides.

[28] Quelques auteurs écrivent de Flue, cette orthographe semble du reste être la véritable.

[29] Munis de leur charge de poudre.

[30] Officier de la milice parisienne qui avait pris, suivant les districts, les noms de: Volontaires du Palais-Royal, des Tuileries, de la Bazoche, de l'Arquebuse, etc., etc.

[31] X du plan d'ensemble (page 50).

[32] Actuellement ce qu'on appelle le quartier du Marais.

[33] Un dogue terrible de la race de Danton, dit Michelet (Histoire de la Révolution française).

[34] Certains auteurs écrivent à bas la troupe au lieu de en bas la troupe, expression qui seule pouvait avoir un sens dans la bouche du peuple.

[35] La pièce de canon chargée à mitraille qui était braquée sur le pont de l'avancée se nommait la petite Suédoise et d'après l'invalide Guiot de Fléville, qui fit une relation de la défense de la Bastille, «cette pièce est la seule qui ait été tirée pendant tout le combat qui a duré cinq heures, les assiégés ne s'étant toujours défendus qu'avec leurs fusils».

[36] Fusil de rempart portant une livre et demie de balles.

[37] Michelet. Histoire de la Révolution.

[38] Cette capitulation portait simplement ces mots:

«Nous avons vingt milliers de poudres; nous ferons sauter la garnison et tout le quartier si vous n'acceptez la capitulation.» Signé: De Launay. De la Bastille, 5 heures du soir, 14 juillet 1789.

Elie a postérieurement écrit au-dessous: «Je certifie avoir reçu cette capitulation au dernier pont-levis par un trou oval du grand pont-levis, que j'ai fait passer une planche sur le fossé pour la recevoir, et que j'ai donné ma parole d'honueur, foy d'officier, que je l'accepte.» Signé: «Elie, officier au régiment d'infanterie de la Reine.»