I.—La Chemise sanglante de Henri le Grand.
Opuscule de huit pages, sans nom d'auteur ni d'imprimeur, et sans indication d'année. M. Barbier l'attribue au ministre Perisse, et cite une édition de l'an 1615 que le nôtre a sans doute précédée, en raison même de l'absence de toute date qui la distingue. Cet écrit violent est un appel à la guerre civile faite au nom du feu roi contre la reine-mère, Concini, la Galigaï sa femme, le père Cotton, le chancelier de Sillery, le surintendant Bullion, d'Épernon et autres sangsues de l'État, dans l'intérêt du prince de Condé qui méditait alors de prendre les armes pour se venger de la cour, assisté des ducs de Vendôme et de Guise, et généralement aussi du parti des réformés. Le ton de ce manifeste est sanglant comme le titre l'indique. «Louis XIII, mon cher fils, c'est à vous que je parle; c'est vous dont je me plains, etc. Votre mère ne parle que par l'organe de ce coyon de Conchine et de la Sorcière... Cet yvronyme de Dolé, ce loup de Bullion, ce traître chancelier qui se sont faits, par leurs voleries, les plus riches de vostre Estat..., sont les conseillers et maquereaux du désordre. D'Espernon tient encore les armes sous la faveur desquelles Ravaillac m'a mis dans le tombeau.... Mon cher fils, mon très cher cœur, esveillez vous! voyez cette chemise toute trempée de mon sang; la France la pleure, vos parens la vengent...; ne demeurez stupide à cette juste et sainte demande... Conchine m'a fait assassiner; il a fait empoisonner votre frère d'Orléans et mon cousin le comte de Soissons, emprisonner le duc de Vendosme, vostre frère, chasser mon neveu le prince de Condé, assassiner mon neveu le duc de Longueville, et feu Rouville. Il a tyrannisé les habitans d'Amiens, entrepris sur mon neveu de Guise, etc., etc.; introduit le boucon et le coton en France.... Vengez la mort de votre père, etc., etc.» Ces griefs n'étaient que trop fondés pour la plupart; mais le remède proposé devint pire que le mal, et sans le cardinal de Richelieu, il eût amené la ruine totale ou peut-être même le démembrement de la monarchie.