CHAPITRE III
Ferdinand au pouvoir de Napoléon.—Charles IV et Godoy à
Bayonne.—Émeute et bataille dans les rues de Madrid.
Ferdinand VII partit de Madrid le 10 avril, allant à la rencontre de l'Empereur, que le général Savary annonçait devoir être déjà à Bayonne. Le peuple de la capitale, quoiqu'il ne soupçonnât point encore le sort qu'on réservait à son souverain, mais guidé par une sorte d'instinct, le vit avec regret s'éloigner. Ferdinand VII, toujours accompagné du général Savary, s'avança jusqu'à Burgos au milieu des acclamations des populations accourues sur son passage. Toutefois, ne trouvant pas Napoléon, qu'on leur avait dit être à Burgos, et voyant les nombreuses colonnes de troupes françaises dont les routes étaient couvertes, le nouveau roi et ses confidents commencèrent à craindre quelque guet-apens et refusèrent d'aller plus loin. Le général Savary calma leurs appréhensions par l'assurance que Napoléon était à Vitoria. Ferdinand se rendit dans cette ville, où il apprit avec une surprise mêlée d'un mécontentement qu'il ne put cacher, que non seulement l'Empereur n'avait pas encore passé la frontière, mais qu'il n'était même pas arrivé à Bayonne!… L'orgueil espagnol se trouva blessé; les conseillers de Ferdinand VII pensèrent que la dignité de leur roi ne permettait pas qu'il allât plus loin au-devant d'un, souverain étranger, si peu empressé à le voir. Il fut donc résolu qu'on resterait à Vitoria, malgré les instances de Savary, qui, furieux de voir sa proie sur le point de lui échapper, se rendit à franc étrier à Bayonne, où l'Empereur venait enfin d'arriver le 14 avril.
Le lendemain de ce jour, Ferdinand, qui se croyait encore libre, ne l'était déjà plus, car le maréchal Bessières, commandant un corps d'armée établi dans Vittoria, avait reçu l'ordre secret d'arrêter le nouveau roi, dans le cas où il voudrait rétrograder vers le centre de l'Espagne, et le vigilant Savary, qui avait arraché cet ordre à l'Empereur, arrivait pour en assurer l'exécution. Mais il ne fut pas besoin d'employer la violence. En effet, pendant la courte absence de Savary, Ferdinand apprit que sa sœur, l'ancienne reine d'Étrurie, avec laquelle il était au plus mal, avait déterminé son père et sa mère à aller sans retard implorer l'appui de Napoléon, et que les vieux souverains, auxquels l'Empereur avait donné des escortes et des relais avec des chevaux de trait des équipages français, avaient déjà quitté Madrid et s'avançaient à très grandes journées vers Bayonne. À cette nouvelle, Ferdinand et ses conseillers éperdus, craignant de trouver l'Empereur prévenu contre eux s'ils se laissaient devancer par Charles IV et la Reine mère, demandèrent à partir sur-le-champ, malgré les protestations du peuple et les sages avis d'un vieux ministre, M. d'Urquijo, qui prédisait tout ce qui se vérifia depuis.
Le 20 avril, Ferdinand traversa la Bidassoa. Il s'attendait à y être reçu en souverain, mais il ne trouva pas au delà du pont un seul piquet d'infanterie française pour lui rendre les honneurs, ni un cavalier pour l'escorter… Enfin, les officiers de la maison de l'Empereur qui vinrent à sa rencontre, à quelques lieues de Bayonne, ne lui donnèrent que le titre de prince des Asturies!… Le voile était déchiré et les prédictions d'Urquijo accomplies!… Mais il était trop tard, Ferdinand se trouvait en France au pouvoir de Napoléon.
Celui-ci occupait aux portes de Bayonne le fameux château de Marac, dans lequel j'avais logé en 1803 avec le maréchal Augereau. L'Empereur se rendit en ville, fit une première visite à Ferdinand, le combla de politesses, l'emmena dîner avec lui, mais sans lui donner le titre de roi… Le lendemain, sans plus attendre, Napoléon, se démasquant complètement, annonça à Ferdinand et à ses ministres que, chargé par la Providence de créer un grand Empire, en abaissant la puissance de l'Angleterre, et le passé lui ayant démontré qu'il ne pouvait compter sur l'Espagne tant que la famille de Bourbon gouvernerait ce pays, il avait pris la ferme résolution de n'en rendre la couronne ni à Ferdinand ni à Charles IV, mais de la placer sur la tête d'un membre de sa famille; que, du reste, il assurerait au Roi ainsi qu'aux princes d'Espagne une existence des plus honorables, conforme au rang qu'ils avaient occupé. Ferdinand VII et ses conseillers, atterrés par cette déclaration, refusèrent d'abord d'y adhérer, répondant avec raison que dans tous les cas aucun membre de la famille impériale de France n'avait droit à la couronne d'Espagne. Bientôt la présence du vieux roi et de la Reine vint apporter un nouvel intérêt à cette scène mémorable.
Avant de quitter Madrid. Charles IV et la Reine ayant eu une entrevue avec Murat, qui les reçut comme s'ils n'eussent jamais cessé de régner, réclamèrent son intervention pour mettre en liberté le prince de la Paix, au sort duquel ils portaient toujours le plus vif intérêt. Les instructions données par l'Empereur à son beau-frère portant qu'il fallait à tout prix sauver la vie de Godoy, le prince Murat s'adressa d'abord à la Junte, ou gouvernement provisoire, à qui Ferdinand avait confié le gouvernement des affaires pendant son absence. Mais cette Junte, présidée par l'infant don Antonio, oncle de Ferdinand et ennemi du prince de la Paix, ayant répondu qu'elle n'avait pas le pouvoir de relâcher un prisonnier de cette importance, Murat, agissant militairement, fit cerner pendant la nuit le château de Villaviciosa par une brigade française, dont le général avait l'ordre de ramener le prince de la Paix, de gré ou de force. Mais comme on savait que les gardes du corps préposés à sa garde avaient déclaré qu'ils le poignarderaient plutôt que de le rendre vivant, et que le marquis de Chasteler, Belge au service de l'Espagne, commandant de Villaviciosa, avait exprimé la même intention, Murat fit prévenir ces forcenés que, s'ils exécutaient leur horrible projet, ils seraient tous fusillés sans aucune rémission, sur le cadavre du prince de la Paix!… Cette menace les fit réfléchir; ils en référèrent à la Junte, qui, apprenant la résolution de Murat, donna enfin l'ordre de lui remettre le prince de la Paix. Ce malheureux nous arriva au camp sous Madrid, malade, sans habit, ayant une longue barbe, enfin dans un état pitoyable, mais enchanté de se trouver au milieu des Français et loin de ses implacables ennemis.
Le maréchal Murat lui fit l'accueil que réclamait son infortune, et, après l'avoir généreusement pourvu de tout ce dont il avait besoin, il le fit monter en voiture avec un de ses aides de camp, qui reçut l'ordre de le faire constamment escorter par des piquets de cavalerie française, en marchant jour et nuit jusqu'à ce qu'il fût à Bayonne, tant il craignait que la populace ne se portât aux derniers excès contre Godoy!… Celui-ci, m'ayant reconnu au milieu de l'état-major, vint me serrer la main, en me remerciant affectueusement de ce que j'avais fait pour lui au bourg de Pinto. Il aurait bien désiré être conduit par moi jusqu'à Bayonne, et j'aurais reçu cette mission avec plaisir; mais, ainsi que je l'ai déjà dit, les aides de camp auxiliaires n'ont jamais que les mauvaises missions; ce fut donc à un des aides de camp en pied que le prince Murat confia celle-ci, et je ne tardai pas à en avoir une fort dangereuse.
Cependant, les vieux souverains approchaient de Bayonne. Ils y entrèrent le 20 avril. Napoléon leur fit une réception royale, envoya sa garde et sa cour au-devant d'eux: les troupes se formèrent en haie, l'artillerie fit les saluts d'usage; l'Empereur se rendit avec le Roi et la Reine à l'hôtel préparé pour ces anciens souverains de l'Espagne et les conduisit dîner au château de Marac, où ils trouvèrent leur cher Emmanuel Godoy, dont ils étaient séparés depuis la révolution d'Aranjuez. Pendant cette touchante entrevue, Ferdinand VII s'étant présenté pour rendre ses devoirs à son père, Charles IV le reçut avec indignation, et l'aurait chassé de sa présence s'il n'eût été dans le palais de l'Empereur.
Dès le lendemain de son arrivée à Bayonne, Charles IV, informé des projets de Napoléon, ne parut y mettre aucune opposition, la Reine et le prince de la Paix lui ayant persuadé que, puisqu'il lui était désormais impossible de régner sur l'Espagne, il fallait qu'il acceptât la position que l'Empereur lui offrait en France et qui lui procurerait le double avantage d'assurer le repos de ses vieux jours et de punir l'odieuse conduite de Ferdinand. Ce raisonnement d'une mauvaise mère était faux, en ce qu'il privait tous ses enfants de leurs droits à la couronne pour les faire passer dans la famille de Napoléon.
Tandis que de grands événements se préparaient à Bayonne, le prince Murat, resté provisoirement maître du gouvernement à Madrid, avait fait publier la protestation de Charles IV, et supprimer sur tous les actes publics le nom de Ferdinand VII. Ces mesures mécontentèrent infiniment le peuple et les grands, dont l'agitation s'accrut par l'arrivée des nouvelles de Bayonne, qu'apportaient des émissaires secrets déguisés en paysans et envoyés par les amis de Ferdinand VII. L'orage grondait autour de nous; il ne tarda pas à éclater à Madrid; voici à quelle occasion.
Charles IV, la Reine, Ferdinand et son frère don Carlos se trouvant à Bayonne, il ne restait plus en Espagne des membres de la famille royale que l'ex-reine d'Étrurie, son fils, le vieil infant don Antonio et le plus jeune des fils du roi Charles IV, don Francisco de Paolo, qui n'avait alors que douze à treize ans. Murat ayant reçu l'ordre d'envoyer à Bayonne ces membres de la famille de Bourbon, la reine d'Étrurie et l'infant don Antonio déclarèrent qu'ils étaient prêts à s'éloigner de l'Espagne; le jeune don Francisco, qui n'était pas majeur, se trouvait sous la tutelle de la Junte, qui, alarmée de voir enlever successivement tous les princes de la maison royale, s'opposa formellement au départ de cet enfant. L'agitation populaire devint alors extrême, et, dans la journée du 1er mai, des rassemblements nombreux se formèrent dans les principales rues de Madrid et surtout à la Puerta del Sol, immense place située au centre de Madrid. Quelques-uns de nos escadrons parvinrent cependant à les dissiper; mais le 2 au matin, au moment où les princes allaient monter en voiture, quelques domestiques de la maison du Roi sortent du palais en s'écriant que le jeune don Francisco pleure à chaudes larmes et se cramponne aux meubles, déclarant qu'étant né en Espagne, il ne veut pas quitter ce pays… Il est facile de comprendre l'effet que produisirent sur l'esprit d'un peuple fier et libre des sentiments aussi généreux, exprimés par un enfant royal, que l'absence de ses deux frères rendait l'espoir de la nation!…
En un instant, la foule court aux armes et massacre impitoyablement tous les Français qui se trouvent isolés dans la ville!… Presque toutes nos troupes étant campées hors de Madrid, il fallait les prévenir, et cela n'était pas facile.
Dès que j'entendis les premiers coups de fusil, je voulus me rendre à mon poste auprès du maréchal Murat, dont l'hôtel était voisin de mon logement. Je montai donc précipitamment à cheval et j'allais sortir, lorsque mon hôte, le vénérable conseiller à la Cour des Indes, s'y opposa, en me montrant la rue occupée par une trentaine d'insurgés armés, auxquels je ne pouvais évidemment pas échapper; et comme je faisais observer à ce digne homme que l'honneur exigeait que je bravasse tous les périls pour me rendre auprès de mon général, il me conseilla de sortir à pied, me mena au bout de son jardin, ouvrit une petite porte et eut l'extrême obligeance de me conduire lui-même, par des ruelles détournées, jusque sur les derrières de l'hôtel du prince Murat, où je trouvai un poste français. Ce respectable conseiller, auquel je dus probablement la vie, se nommait don Antonio Hernandès; je ne l'oublierai jamais…
Je trouvai le quartier général dans une agitation extrême, car bien que Murat n'eût encore auprès de lui que deux bataillons et quelques escadrons, il se préparait à marcher résolument au-devant de l'émeute; chacun montait à cheval, et j'étais à pied!… Je me désolais… Mais bientôt, le général Belliard, chef d'état-major, ayant ordonné d'envoyer des piquets de grenadiers pour repousser les tirailleurs ennemis qui occupaient déjà les abords du palais, je m'offris pour en diriger un à travers la rue dans laquelle se trouvait l'hôtel de don Hernandès, et dès que la porte fut dégagée, je pris mon cheval et me joignis au prince Murat qui sortait en ce moment.
Il n'y a pas de fonctions militaires plus dangereuses que celles d'un officier d'état-major dans un pays, et surtout dans une ville en insurrection, parce que, marchant presque toujours seul au milieu des ennemis pour porter des ordres aux troupes, il est exposé à être assassiné sans pouvoir se défendre. À peine en dehors de son palais, Murat expédia des officiers vers tous les camps dont Madrid était entouré, avec ordre de prévenir et d'amener les troupes par toutes les portes à la fois. La cavalerie de la garde impériale, ainsi qu'une division de dragons, étaient établies au Buen retiro; c'était un des camps les plus voisins du quartier général, mais aussi le trajet était des plus périlleux, car, pour s'y rendre, il fallait traverser les deux plus grandes rues de la ville, celles d'Alcala et de San Geronimo, dont presque toutes les croisées étaient garnies de tireurs espagnols. Il va sans dire que cette mission étant celle qui présentait le plus de difficultés, le général en chef ne la donna pas à l'un de ses aides de camp titulaires; ce fut à moi qu'elle fut dévolue, et je partis au grand trot sur un pavé que le soleil rendait fort glissant.
À peine étais-je à cent toises de l'état-major, que je fus accueilli par de nombreux coups de fusil; mais l'émeute ne faisant que commencer, le feu était tolérable, d'autant plus que les hommes placés aux fenêtres étaient des marchands et des ouvriers de la ville, peu habitués à manier le fusil; cependant, le cheval d'un de mes dragons ayant été abattu par une balle, la populace sortit des maisons pour égorger le pauvre soldat; mais ses camarades et moi fondîmes à grands coups de sabre sur le groupe d'émeutiers, et, en ayant couché au moins une douzaine sur le carreau, tous les autres s'enfuirent, et le dragon, donnant la main à l'un de ses camarades, put suivre en courant, jusqu'au moment où nous atteignîmes enfin les avant-postes du camp de notre cavalerie.
En défendant le dragon démonté, j'avais reçu un coup de stylet dans la manche de mon dolman, et deux de mes cavaliers avaient été légèrement blessés. J'avais ordre de conduire les divisions sur la place de la Puerta del Sol, centre de l'insurrection. Elles se mirent en mouvement au galop. Les escadrons de la garde, commandés par le célèbre et brave Daumesnil, marchaient en tête, précédés par les mameluks. L'émeute avait eu le temps de grossir; on nous fusillait de presque toutes les maisons, surtout de l'hôtel du duc de Hijar, dont toutes les croisées étaient garnies de plusieurs adroits tireurs; aussi perdîmes-nous là plusieurs hommes, entre autres le terrible Mustapha, ce brave mameluk qui, à Austerlitz, avait été sur le point d'atteindre le grand-duc Constantin de Russie. Ses camarades jurèrent de le venger; mais il n'était pas possible pour le moment de s'arrêter; la cavalerie continua donc de défiler rapidement, sous une grêle de balles, jusqu'à la Puerta del Sol. Nous y trouvâmes le prince Murat aux prises avec une foule immense et compacte d'hommes armés, parmi lesquels on remarquait quelques milliers de soldats espagnols avec des canons tirant à mitraille sur les Français.
En voyant arriver les mameluks qu'ils redoutaient beaucoup, les Espagnols essayèrent néanmoins de faire résistance; mais leur résolution ne fut pas de longue durée, tant l'aspect des Turcs effrayait les plus braves!… Les mameluks, s'élançant le cimeterre à la main sur cette masse compacte, firent en un instant voler une centaine de têtes, et ouvrirent passage aux chasseurs de la garde, ainsi qu'à la division de dragons, qui se mit à sabrer avec furie. Les Espagnols, refoulés de la place, espéraient échapper par les grandes et nombreuses rues qui y aboutissent de toutes les parties de la ville; mais ils furent arrêtés par d'autres colonnes françaises, auxquelles Murat avait indiqué ce point de réunion. Il y eut aussi dans d'autres quartiers plusieurs combats partiels, mais celui-ci fut le plus important et décida la victoire en notre faveur. Les insurgés eurent douze à quinze cents hommes tués et beaucoup de blessés, et leur perte eût été infiniment plus considérable, si le prince Murat n'eût fait cesser le feu.
Comme militaire, j'avais dû combattre des hommes qui attaquaient l'armée française; mais je ne pouvais m'empêcher de reconnaître, dans mon for intérieur, que notre cause était mauvaise, et que les Espagnols avaient raison de chercher à repousser des étrangers qui, après s'être présentés chez eux en amis, voulaient détrôner leur souverain et s'emparer du royaume par la force! Cette guerre me paraissait donc impie, mais j'étais soldat et ne pouvais refuser de marcher sans être taxé de lâcheté!… La plus grande partie de l'armée pensait comme moi, et cependant obéissait de même!…
Les hostilités ayant cessé presque partout, et la ville étant occupée par nos troupes d'infanterie, la cavalerie qui encombrait les rues reçut l'ordre de rentrer dans ses camps. Les insurgés qui, du haut de l'hôtel du duc de Hijar, avaient tiré si vivement sur la garde impériale à son premier passage, avaient eu l'imprudente audace de rester à leur poste et de recommencer le feu au retour de nos escadrons; mais ceux-ci, indignés à la vue des cadavres de leurs camarades, que les habitants avaient eu la barbarie de hacher en petits morceaux, firent mettre pied à terre à un bon nombre de cavaliers, qui, après avoir escaladé les fenêtres du rez-de-chaussée, pénétrèrent dans l'hôtel et coururent à la vengeance!… Elle fut terrible!… Les mameluks, sur lesquels avait porté la plus grande perte, entrèrent dans les appartements, le cimeterre et le tromblon à la main, et massacrèrent impitoyablement tous les révoltés qui s'y trouvaient; la plupart étaient des domestiques du duc de Hijar. Pas un seul n'échappa, et leurs cadavres, jetés par-dessus les balcons, mêlèrent leur sang à celui des mameluks qu'ils avaient égorgés le matin.