LXXIX
Quand je lui ai dit que tu étais là et que tu souhaitais la voir, elle a fait un geste d'acquiescement. Tu juges que, même de force, il faut la faire pleurer et parler et qu'elle mourra si elle reste ainsi ; je crois qu'elle souhaite passionnément la mort et l'oubli, et que toute sa volonté tend à s'y enlizer peu à peu comme dans un sable mouvant. Moi, je n'ai pas le courage d'ouvrir sa plaie et de faire couler le sang, et cependant il faut la réveiller. Mais, ne sachant pas ce que la vie lui garde, j'aurai la faiblesse de respecter son assoupissement : il me semble malgré tout qu'elle souffre moins ; toi, tu penses, au contraire, qu'elle souffre plus.