XVII

C'est une étrange pensée que celle d'imaginer qu'un jour, sûrement, tu disparaîtras pour moi, tu cesseras de m'aimer, tu t'en iras au loin… Je ne puis me figurer ce que sera le monde pour moi quand cette heure viendra — car elle viendra… Ces temps derniers, Irène et moi, nous avons vu un enterrement, le soir ; sur le seuil de l'église, ceux qui escortaient le mort éteignaient leurs torches : ils les écrasaient contre la pierre, et la flamme résistait et les étincelles crépitaient, mais enfin elles s'éteignaient… L'action me paraissait cruelle comme celle de broyer un cœur — et le jour viendra pourtant où il faudra étouffer cette flamme de mon amour!…