II

LA SOUPE A L'OIGNON.

Elle est longue pour les pauvres diplomates, cette journée du 1er janvier; les ministères, les puissances diverses, officielles et occultes, il faut à tous rendre ses hommages. C'est aussi le jour des dîners officiels, plus cruels qu'un jeûne rigoureux; mais elle finira enfin, cette journée de rudes devoirs; le soir vient et rend à tous leur liberté; nous allons retrouver nos diplomates dans l'intimité et après la pompe du matin aller souper en bonne compagnie.

C'est dans une des rues les plus tranquilles de N... que MM. les diplomates célibataires ont pour la plupart leur domicile, et que le prince Dobeliansky possède un «premier étage», où il reçoit assez souvent les belles ambassadrices et les aimables collègues qui ne dédaignent pas son pied-à-terre de garçon. C'est là que le soir du 1er janvier va s'assembler pour un souper de camarades la Société de la Soupe à l'oignon, composée de la crème de la diplomatie européenne. N'en est pas qui veut de cette association, fondée dans un jour d'ennui profond par un ambassadeur aimable et méridional, et devenue depuis la meilleure consolation des pauvres diplomates en exil. Pour y être admis, il faut d'abord justifier d'un goût sérieux pour la soupe qui en est le prétexte, être bien entendu de la carrière, et enfin se voir reçu à l'unanimité des suffrages.

Le président du souper mensuel est tiré au sort, et tout ce qui s'y dit, portes closes et entre associés, demeure un secret mieux gardé que celui des dépêches chiffrées; on peut être à sa guise gai, triste, sceptique, croyant, enthousiaste, vrai même; tout est permis, et jamais on n'a ouï parler d'une indiscrétion.

Mesdames les diplomatesses sont toujours ravies quand la fortune les envoie chez un célibataire, et Dobeliansky est le modèle du genre. Tout chez lui est irréprochable, les tentures, l'éclairage et le cuisinier, article de primo cartello que le prince n'appelle que «mon cher», et les jours de «soupe» il est notoire que M. «Cher» se surpasse lui-même.

A l'heure sonnante, avec l'exactitude de vrais diplomates, les petits coupés sobres qui font le service de nuit roulent discrètement sur le pavé inégal de la rue tranquille; les hommes arrivent à pied, enfouis dans leurs fourrures, fumant la cigarette qu'ils jettent à la porte. Cette porte est ouverte et rend inutile l'inscription primitive qui indique le bouton de cuivre qu'il faut habituellement tirer pour se mettre en communication avec le premier étage. L'escalier est laid, en pierre grise; le gaz brûle faiblement. Dobeliansky a renoncé depuis longtemps à corriger l'horreur de cette entrée et préfère la laisser dans sa laideur naturelle, qui fait ressortir mieux encore le contraste une fois qu'on a franchi le seuil de son chez-lui. Cet escalier, d'ailleurs, met tout d'abord ces dames de bonne humeur; c'est un changement complet, c'est autre chose, c'est l'avant-goût d'un plaisir qui n'a rien d'officiel. La porte de l'antichambre s'ouvre toute seule, et l'on entre dans une grande pièce brillamment éclairée et sentant bon les fleurs fraîches.


Avant d'aller plus loin, présentons nos personnages à nos lecteurs: plusieurs leur sont déjà connus; mais nous tenons à les présenter de nouveau plus à fond.

Madame de Glouskine.—Ambassadrice de Russie, vingt-trois ans, blonde, grande, mince, l'air hautain, mariée depuis peu de temps à Son Exc. M. Serge Glouskine, ambassadeur de Sa Majesté de toutes les Russies, soixante ans, bien conservé, maigre, les cheveux légèrement grisonnants, la moustache rousse, le sourire sceptique, la main longue, blanche et fine.

La marquise Della Primavera.—Italienne, femme d'un premier secrétaire, un peu forte, le teint mat, les yeux bruns, des cheveux immenses. Franche et bonne enfant, trop élégante, trop rieuse, trop parlante; trente ans.

La baronne de Camon.—Vingt-huit ans, femme d'un secrétaire de l'ambassade de France; pas jolie, mais mieux; élégante, parfumée, coiffée et habillée au dernier goût et avec une rare perfection. Sage et un peu austère, quoique aimable; la plus jolie main du corps diplomatique, toujours gantée.

Madame Stuart Boyll.—Trente-huit ans, Anglaise, blond ardent, vaporeuse, peinte à ravir, coquette avec passion, des yeux rêveurs qui n'en finissent pas; sans goût, mais d'une distinction irréprochable.

La comtesse Sonnenbund.—Viennoise, vingt-cinq ans, ne met pas de faux cheveux, porte les siens flottants crêpés, et n'a jamais l'air coiffée; romantique et valseuse infatigable; laide, mais avec un sourire parlant et des petits yeux de flamme; très-fêtée par MM. ses collègues.

Le prince Dobeliansky.—Encore assez jeune pour être chauve avec chic; Russe, riche et raffiné; une légère moustache, le cœur chaud, et diplomate de profession.

Vancouver Lynjoice, ou le plus beau des diplomates.—Une tête d'Antinoüs, une barbe de dieu, une taille d'athlète, le monocle dans l'œil gauche, timide comme une demoiselle, toujours amoureux de personnes intraitables.

De Bove.—Français; petit, bien pris, brun, les cheveux en brosse, la moustache frisée, un pied de femme, une main large et nerveuse; de l'esprit plus qu'il n'en faut; conseiller d'ambassade, trente-sept ans.

Droutzky.—Autrichien; attaché militaire; un bel uniforme, une belle tournure, un charmant garçon qui n'y met pas de malice.

Le comte Grani.—Ambassadeur d'Italie, avoue trente-neuf ans, fait sérieusement la cour aux femmes, en est adoré; dans les affaires de cour est craint de tous ses collègues, discret comme la tombe; vieux genre très-apprécié.

Serge Tinéeff.—Russe; une mauvaise langue, potinier indiscret, franchement laid, mais si bien mis! ne croit qu'à la musique.

Belveduto.—Italien, vingt-quatre ans, brun comme la nuit, des cols trop échancrés, des poignets trop évasés, des gilets trop ouverts, des plastrons trop solidifiés, mais doux, joli homme et persuadé qu'il sera ambassadeur à trente ans.

M. Stuart Boyll, le mari de sa femme, et voilà tout.

Le marquis Della Primavera.—A pour femme la marquise Della Primavera, qu'il salue dans le monde.

Le comte Sonnenbund.—Absent, en congé.


Nos présentations faites, continuons.

Ces dames sont directement introduites dans le fumoir, transformé, pour l'occasion, en chambre de toilette, avec une profusion de miroirs, de bougies, d'épingles et de pelotes habillées comme des mariées. Les premières à arriver sont mesdames de Glouskine et Della Primavera, qui entrent ensemble; elles sont lasses de la rude journée officielle et n'ont envie que de se détendre l'esprit. La belle ambassadrice de Russie est en tulle noir plus léger qu'un souffle et miroitant de jais; la marquise, dans un velours massif tout uni, mais gantant sa taille de déesse. Le noir est de rigueur ici pour les femmes, comme l'interdiction, pour les hommes, du plus petit bout de ruban.

L'amphitryon, le prince Dobeliansky, est debout à la porte du salon, où l'apparition de mesdames Glouskine et Della Primavera est saluée par un cri de triomphe auquel l'ambassadrice répond en posant sa main gauche sur ses lèvres, tandis que la belle Italienne pose la droite sur son cœur; puis elles donnent à baiser leur poignet ganté.

Un instant après, entre la correcte madame de Camon, habillée d'une simple robe de faille; puis vient madame Stuart Boyll, qui a chanté dans l'escalier, chante dans l'antichambre, et fredonne encore en entrant; enfin, toujours la dernière venue, la comtesse de Sonnenbund, prête à faire valser l'homme le plus goutteux.

Il fait bon chez le prince; dans la cheminée flambent les plus grosses bûches du monde; les lampes, voilées de rose, éclairent d'un jour discret les personnages des tapisseries anciennes, aux couleurs sobres et douces. Nulle part de dorure; des meubles bas d'un vert pâle; çà et là quelques beaux bustes de marbre souriant d'une immuable beauté; sur le tapis sombre, des peaux d'ours blanc, chaudes et caressantes à l'œil, et, au centre de la pièce, une grande coupe de craquelé toute remplie de lilas et de roses.

On est à peine au complet, que le souper est annoncé. On entre à son gré dans la salle à manger, on se place de même, et toutes les cuillers frappent à la fois dans la fameuse soupe, qui, chaude et parfumée, fume dans les assiettes. Après une seconde de silence appréciateur, c'est une exclamation générale: Parfaite! délicieuse!—Ah! «Cher» s'est surpassé.—«Cher», on s'en souvient, est le surnom du chef.—Comment se porte «Cher», Dobeliansky?—Il va bien, mesdames; je lui dirai votre sollicitude.

De Bove.—Mesdames, je mets aux voix si vous n'êtes pas tous d'avis que la carrière de «Cher» est infiniment supérieure à la nôtre. D'abord, elle est plus lucrative; ensuite, «Cher» n'a souhaité la bonne année à aucun souverain, et il a goûté cette soupe-là avant nous.

Le comte Grani fait observer d'une voix douce qu'en effet ils ont tous, ce matin-là, bien mérité de la patrie.

Dobeliansky.—Celui qui s'attend à ce que sa patrie fasse quelque chose pour lui...

La marquise Della Primavera.—Il se prépare de cruelles désillusions. Mais quel front avez-vous de vous plaindre, vous autres? Et nous donc, avec nos traînes, trouvez-vous que ce soit récréant d'être sur pied dès dix heures du matin?

De Bove, avec une conviction profonde.—Mais vous étiez belle, ravissante, idéale, tandis qu'un malheureux qui enfile son uniforme en se levant, quelle compensation peut-on lui offrir? Ah! que j'enviais donc ce portier du palais! C'est lui qui avait l'air d'un plénipotentiaire noble et sérieux, avec son chapeau haut de trois pieds, tandis que nous, sans nous flatter, nous avions l'air de magots, même notre Lynjoice qui est si beau. Car il est beau, n'est-ce pas, mesdames? Eh bien, une fois en uniforme, c'est un martyr; il croit avoir des ailes dans le dos, et, comme il n'y est pas habitué, dame, cela le gêne pour marcher. N'est-ce pas, collègue et ami, que notre Lynjoice avait l'air prêt à s'envoler?

Madame de Camon.—Mais non, il était tout à fait gentil; oui, Lynjoice, consolez-vous; mais je voudrais savoir, messieurs, pourquoi vous preniez l'air si chagrin; ça en était néfaste pour un matin de jour de l'an; c'est à qui de vous serait le plus inflexible; sir Edward Love paraissait aux prises avec une arête; S. Exc. l'ambassadeur de France avait mine de vouloir nous exhorter tous à la pénitence finale; seul, le comte Grani avait l'air de ne pas souffrir; vous, Excellence, et le second valet de pied à droite en entrant, je vous donne la palme; en voilà un que ses bas de soie ne gênaient pas.

Dobeliansky.—Pas malin, que Grani ait la mine heureuse: il passe des billets aux princesses.

Madame de Camon.—Comme ça, sous le dais et à la vue des lions couchants?

Dobeliansky.—Parfaitement; il en avait trois ce matin dans son chapeau.

Grani.—Mesdames, je ne nie pas la chose, je profite généralement des cérémonies officielles pour ce petit commerce.

Glouskine.—Pauvres souverains, ils ne connaissent pas les diplomates!

De Bove.—Ils n'ont pas idée de ce que c'est; ils nous prennent au sérieux, ils nous offrent des galas, et pendant «cette imposante cérémonie», l'auguste prince-héritier cligne de l'œil à la marquise: pas vrai, marchesita?

La Marquise.—Tiens, vous avez vu cela, vous? C'était un signe convenu; s'il me trouvait très-bien, il devait fermer l'œil gauche.

De Bove.—Eh! mais il a un joli sentiment des situations, l'auguste prince héritier. Quant à moi, j'ai suggéré à mon chef d'informer le gouvernement que le souverain avait des bottes trop justes; j'ai découvert cela tout de suite; on a le coup d'œil diplomatique ou on ne l'a pas; j'ai proposé aussi de faire mention de la révérence de la république Argentine; ce n'était pas commun, puis c'est une idée; elle s'assied par terre, cette femme; ça la repose.

Dobeliansky.—Non, moi, c'est Fezyl-Pacha que je propose à l'attention de la postérité; la voiture de cet homme-là est un chef-d'œuvre.

Glouskine.—Messieurs, vous troublez la paix de l'Europe, et Lynjoice, qui est présent...

Lynjoice, très-occupé à expliquer à madame de Sonnenbund par quelles combinaisons machiavéliques il est parvenu à tromper l'opinion publique sur son horreur indigène de la soupe à l'oignon, tombe des nues quand on l'interpelle.

Lynjoice.—Plaît-il, mon cher ambassadeur?

Madame de Glouskine.—Rien, mon bon Lynjoice, rien; racontez gentiment à madame de Sonnenbund comment vous avez marché sur ma traîne ce matin; je ne suis pas jalouse ce soir, cher ami; faites-moi seulement le plaisir d'ôter votre lorgnon quand vous me regardez, et quittez cet air bête; est-ce que vous me prenez pour un souverain, Lynjoice?

Lynjoice essaye d'expliquer à mots couverts que madame de Glouskine est souveraine de bien des cœurs.

Madame de Glouskine.—Lynjoice, vous croyez écrire une dépêche en ce moment; dites que vous m'aimez, et n'en parlons plus.

De Bove.—Et vous, madame, l'aimez-vous un peu, ce pauvre Lynjoice?

Madame de Glouskine.—De Bove, j'ai horreur de dire ce que je pense; cela enlève toute fraîcheur aux idées.

Grani.—J'apprécie cette petite théorie; elle est vraie et pratique.

De Bove.—En son honneur, je propose la santé du corps diplomatique, si tendrement uni...

Tous.—Oui! oui!

De Bove, continuant.—Et surtout la prospérité de la soupe à l'oignon.

Ici l'on se lève et l'on se fait raison avec transport. Madame de Glouskine vide d'un trait son verre de champagne et le repose sur la table en le brisant en morceaux du plat de son assiette.

—Pardon, Dobeliansky, mais c'est pour la chance.

—Tout ce que vous voudrez, madame, tant que vous voudrez; je suis votre serf et serviteur; voulez-vous tout ce qu'il y a chez moi? avez-vous envie de briser autre chose? moi, mes gens, tout est à vous...

Madame de Glouskine.—J'y penserai, Dobeliansky. S'il me vient une idée... comptez sur moi.

On continue à toaster avec frénésie à la santé des uns et des autres, aux souhaits de chacun... de Bove veut en vain faire dire leurs souhaits aux dames.

De Bove.—Je les sais bien, moi, et mieux que vous.

Madame de Glouskine.—Et moi aussi, de Bove, je sais les vôtres.

De Bove.—Eh bien! alors, faisons les Petits Papiers: chacun de nous écrira le souhait de son voisin ou de sa voisine. Voulez-vous, mesdames? voulez-vous, messieurs? Et de la franchise; ni maris ni femmes, tous diplomates...

On se lève en masse pour rentrer au salon, tout le monde parlant à la fois; la marquise Della Primavera est rêveuse; madame de Glouskine les défie tous du regard; madame de Sonnenbund montre ses jolies dents; elle est prête à dévorer bien des souhaits. Madame Stuart Boyll écoute Belveduto et se tait; madame de Camon regarde les autres et s'amuse.

De Bove.—Dobeliansky, propriétaire de cette principauté indépendante, commandez des crayons et du papier, ô Altesse!... Attention, mesdames, j'écris les noms d'un côté; tout le monde y passe, tant pis. De l'autre, vous inscrirez ce que vous souhaitez au propriétaire du nom; le souhait ira directement à son adresse; après quoi l'on aura la liberté de réduire en cendres les témoignages de notre bienveillance mutuelle. Maintenant, tous les papiers dans un chapeau; si l'on se tire soi-même, on se passe au voisin. Allons, mesdames; allons, collègues de mon cœur, allez-y gaiement.

Tous les papiers sont distribués, le nom soigneusement dissimulé au revers.

De Bove encourage l'inspiration:

—Souhaitez-vous du bonheur, ne vous refusez rien, je vous en conjure.

Dix minutes après, les papiers sont pliés derechef, remis dans le chapeau, secoués et tirés par de Bove; chacun reçoit le sien.

MADAME DE GLOUSKINE

On lui souhaite d'oublier qu'elle est ambassadrice, apprendre à être femme.—Lynjoice est trop beau.—Conseil d'un ami.

LA MARQUISE DELLA PRIMAVERA

On souhaite à la marquise de se laisser persuader que les absents ont toujours tort. N'est-ce pas ce dont elle désire se convaincre? Il y a d'aimables princes.

MADAME DE CAMON

On souhaite à madame de Camon d'apprendre de sa couturière si le cœur est à droite ou à gauche.

MADAME STUART BOYLL

D'ajouter le noir aux couleurs du prisme.

MADAME DE SONNENBUND

De se coiffer.—De celui qui écrit ce souhait, elle pourra s'informer.

M. DE GLOUSKINE

La foi qui sauve.—For ever and for ever.

COMTE GRANI

L'Eau de Jouvence à l'usage des diplomates.

DOBELIANSKY

De garder «Cher», son cuisinier, qui est menacé. Mais on souhaite des compensations.

LYNJOICE

De mettre son monocle dans l'œil droit pour y voir.

SERGE TINÉEFF

La concorde, montée en pendule.

DE BOVE

D'apprendre qu'il est profondément utile de savoir être bête quelquefois.

STUART BOYLL

De ne jamais être oublié avec les bagages.

DELLA PRIMAVERA

Un ballet cinq fois par semaine.

BELVEDUTO

Une ministresse des affaires étrangères qui ait passé la cinquantaine.


Les souhaits sont lus dans un silence solennel. Personne ne se regarde, et tout le monde s'empresse de jeter son billet au feu.

—Qui est content? demande de Bove.

Pas une de ces dames ne répond. Tous les hommes crient oui à la fois.

—Eh bien! alors, tant mieux, et bonne année à la soupe à l'oignon!


[TABLE DES MATIÈRES]

[L'ŒUF nº 4]

[LES PETITS POIS]

[PAUVRE THÉODORE!]

[OU LOGERA SON EXCELLENCE]

[SOULIERS GALANTS]

[LA GUEULE DU LOUP]

[ENGLISH IMPROVEMENT]

[LA REVANCHE DE VERA]

[LE RETOUR]

[LA MAZOURKE DE SON EXCELLENCE]

[L'AUDIENCE PARTICULIÈRE]

[LA CROIX DE SAINTE-ODILE]

[MYSTÈRE ET DIPLOMATIE]

[PREMIER DE L'AN DIPLOMATIQUE— I. Grand Gala]

[II. La soupe à l'oignon]

PARIS.—TYPOGRAPHIE DE E. PLON ET Cie, 8, RUE GARANCIÈRE.