II
UN MALADE, au seuil d’une étable, tenant une tasse de lait, et se bouchant le nez.
Pouah!—J’aime la campagne parce qu’elle me fait du bien; mais attendez que je sois mieux portant, et vous verrez avec quel plaisir je retournerai sur le boulevard.
UN CHOU. Ingrat!
UN COCHON. Mal élevé!
LE MALADE. Des végétaux stupides! des animaux ignobles! des hommes qui vous regardent de travers, et des femmes qui disent: J’avons!
Voilà pourtant ce que les poëtes ne cessent de célébrer depuis que le monde est monde!
UN COQ. Cet infirme!
UN CANARD. Je vais l’éclabousser d’un coup d’aile.
LE MALADE. Je sais bien... le lait naturel, les œufs sortant de la poule. Parbleu! sans cela, est-ce que je consentirais à m’enterrer tout vivant?
Les médecins m’ont envoyé au vert. Je suis au vert. Je n’avais pas le choix des couleurs.
J’aime la campagne, comme on aime une maison de santé. (Il avale une tasse de lait.) Pas autrement.