III

Il est coiffé d’un casque en carton doré, d’où jaillit ce prodigieux plumet dont il a été question plus haut. Un catogan de postillon sème la poudre sur ses épaules, auxquelles est attaché un sac de soldat. Sa figure est atrocement tatouée, mi-partie jaune et verte, avec des croissants et des lunes en papier découpé. D’énormes besicles de marchand d’orviétan sont à cheval sur son nez. Les ordres les plus fabuleux s’étalent sur sa poitrine presque nue: dromadaire du bey de Tunis, onagre bleu du grand Mogol, ciron ailé du roi d’Étrurie, condor du duc de Roussillon. A sa ceinture est pendue une cuiller à pot, ainsi qu’une corde d’oignons en guise de breloques. Il a un habit vert d’incroyable, dont les pans balaient le sol; un maillot d’Alcide du Nord en tournée départementale, des gantelets de cuir, des bottes à cœur et à gland. Il balance négligemment de la main droite un lorgnon large comme une fourche.