III

S’il est galant?

C’est la galanterie dans toute sa fleur, dans tout son imprévu, dans toute sa fascination, dans toute son audace. Audace heureuse! irrésistible audace!

Corfou, à Lyon, voit passer sur le quai Saint-Antoine une femme richement parée, une femme du monde. Il la trouve jolie, et il s’arrête, ne dissimulant pas son admiration. Puis, il s’approche d’elle, et, rassemblant dans un salut toutes les grâces du dix-huitième siècle, il lui jette ces paroles:

—Hôtel de l’Europe, chambre 4, de trois à cinq heures.

Et il s’en va, sans attendre la réponse.

S’il est galant?...

Il est même croustilleux.

La tête enflammée par le punch (car il est resté fidèle au punch; c’est sa date), Corfou se rend au bal de la Préfecture de N***. Il fait le tour des salons, rouge, l’œil attendri, avec de vastes effets de poitrine et des fredons de satisfaction.

Comme cela:—Bromm! bromm! Ti la la, ti la la... Viens, gentille dame!... Broum!

Devant une porte, il se trouve face à face avec la femme du receveur général, dont une immense crinoline ne dérobait pas—l’état intéressant.

Corfou cligne l’œil d’un air d’intelligence et de malice, et lui dit de son plus aimable ton:

—Voilà ce que c’est que de n’avoir pas été sage!

En présence de deux cents personnes.

Corfou s’est marié.—Qu’est-ce que je dis donc là?—On a marié Corfou, et il s’est laissé faire.

Il n’en a pas moins continué d’être—un mari en dehors.

Trois jours après la noce, il a conduit sa femme au café, à son café.

Et, appelant le garçon par son nom:

—Joseph! ma canette!

Le garçon lui a demandé:

—Vous allez bien, monsieur Corfou?

Le mariage peut être envisagé de diverses sortes.