L
LAC (Être dans le): Être pendu. L. L.
Être dans le lac, c’est ne plus rien avoir à espérer, être aussi bas que possible.
Lac, ici, est synonyme de lacet, être enlacé, pris par la misère, enserré dans les filets d’une femme ou d’un usurier, comme le pauvre oiseau dans le lac du braconnier (Argot du peuple). N.
LACETS: Menottes.
Le gendarme ou l’agent sont des marchands de passe-lacets (Argot des voleurs). V. Alliances.
LACHARD: Diamant de vitrier (Argot des voleurs). N.
LÂCHER LA BONDE: Se comprend de deux manières.
Lâcher la bonde: faire ses besoins.
Lâcher la bonde à son tempérament: donner cours à sa violence, à son mauvais caractère.
Dans les ateliers, quand le contre-coup gueule trop fort, on dit: Gare, il a lâché sa bonde (Argot du peuple). N.
LÂCHEZ-MOI D’UN CRAN: Allez-vous en.
Compliment peu flatteur fait habituellement aux gens qui vous importunent.
On lâche sa ceinture d’un cran quand on a trop mangé.
On la serre d’un cran quand on a faim.
On lâche sa femme ou sa maîtresse d’un cran quand elle est par trop embêtante.
Mourir, c’est lâcher la vie d’un cran.
Quand un homme est maussade en société, on lui dit:
—Allons, lâchez-vous d’un cran, déboutonnez-vous.
Ce à quoi un farceur répond.—Ah! non, il y a des dames.
On dit aussi: remonter d’un cran dans l’estime du monde (Argot du peuple). N.
LÂCHER LES ÉCLUSES: Pisser.
L’allusion est juste, malgré que cela ne fasse pas monter la Seine.
On dit aussi: mon pantalon ne tient pas l’eau (Argot du peuple). N.
LÂCHER LA RAMPE: Mourir (Argot des serruriers).
LÂCHER SON GAZ: Éternuer bruyamment, par en bas.
Quand cela arrive à quelqu’un dans la rue, les gamins lui disent:
—Dieu vous bénisse! (Argot du peuple). N.
LÂCHER UNE TUBÉREUSE: Pet foireux qui répand une odeur qui ne rappelle pas précisément la rose (Argot du peuple).
LÂCHER UNE SOURNOISE: Vesser en sourdine.
Pet avorté (Argot du peuple).
LACHETON: Diamant de vitrier (Argot du peuple). V. Lachard.
LAFFE: Soupe.
On dit aussi: mouise, tambouille.
Les maçons disent mortier, parce qu’ils empilent du pain dans le bol tant qu’il en peut tenir, ce qui forme une pâtée épaisse qui ressemble à du mortier (Argot du peuple). N.
LAISSEZ PISSER LE MÉRINOS: Ne vous tourmentez pas, laissez marcher les choses, elles vont bien.
Autrefois on disait: Laissez pisser le mouton, ce qui est absolument la même chose (Argot du peuple).
LAISSER TOMBER UNE PERLE: Ces perles-là ne pourraient guère se mettre aux oreilles des dames car elles n’ont pas le parfum de celles de la gazelle (Argot du peuple). V. Pousser sa moulure.
LAIT À BRODER: Encre.
Dans les prisons, quand le lazagneur écrit une lettre pour un camarade, il dit qu’il se sert du lait à brodancher pour attendrir celui à qui on écrit.
Brodancher pour broder.
Encre est ici une figure, car souvent c’est le lait qui en sert.
Dans les prisons on sait que toutes les lettres des détenus adressées à des parents ou à des amis passent par le greffe.
Le greffier ou le directeur lit la lettre et si elle ne contient rien de contraire au règlement il la vise par ce signe: V.
Le plus grand souci des prisonniers est d’éviter cette formalité gênante surtout si la lettre est adressée à un complice.
Alors ils emploient le lait pour écrire entre les lignes écrites à l’encre.
Pour cela il faut du lait écrémé et du papier non glacé, parce que l’écriture serait grasse, brillante et la supercherie serait apparente.
Pour faire apparaître l’écriture il suffit de frapper fortement la lettre avec un chausson plein de poussière; la poussière s’attache aux caractères qui deviennent lisibles.
Autrefois dans les prisons on se servait d’oignons, mais le truc fut découvert, on n’en vend plus dans les cantines, tandis que l’on y trouve du lait (Argot des voleurs). N.
LAMPISTRON: Lanterne.
Vient de lampiste, c’est le mot déformé (Argot des voleurs). V. Brulotte. N.
LANCE: Eau, pluie.
—Il tombe de la lance à ne pas mettre un chien dehors.
Le peuple a emprunté ce mot à l’argot des voleurs.
LANCIER DU PRÉFET: Balayeur.
Allusion au long manche du balai qui ressemble à celui de la lance des lanciers (Argot du peuple).
LANGUE DE CHAT: Petit morceau de savon très mince, en forme de langue de chat, que les vagabonds portent constamment dans leur poche.
On nomme aussi langue de chat, une sorte de petit gâteau sec que l’on mange en buvant du thé (Argot du peuple). N.
LANSQUAILLER: Faire ses besoins.
Je viens de mettre dans un trou rond
Ce qu’un jour avec impudence
Le ministre Thiers sur un balcon
Fit voir aux citoyens de France.
Ce quatrain est de Gérard de Nerval (Argot des voleurs).
LANSQUINE: Eau, pluie (Argot du peuple). V. Lance.
LANSQUINER: Pleuvoir.
—Il lansquine à torrent.
Lansquiner des chasses: Pleurer.
La pluie tombe des yeux (Argot du peuple).
LANSQUINEUR: Petit mendiant qui fait semblant de pleurer à chaudes larmes sur la voie publique pour attendrir les passants (Argot du peuple).
LANTERNER: Faire une chose mollement, accomplir un travail à regret: lanterner pour l’achever.
Lanterner: synonyme de muser (abréviation de s’amuser). Marcher comme un chien qu’on fouette (Argot du peuple).
LANDIER: Employé de l’octroi.
Autrefois, lorsque la foire du landit battait son plein, toutes les marchandises devaient payer un droit fixe, des employés étaient préposés pour le percevoir; les fraudeurs nombreux les nommaient les landiers.
Dans le peuple, on dit des gabelous, en souvenir de la gabelle (Argot du peuple).
LANDIÈRE: Boutique de marchand forain.
Ce mot est également un souvenir de la célèbre foire du landit où les escholiers de la rue du Fouarre allaient en procession s’approvisionner de papier.
Une chronique du temps dit que la tête de la colonne était à la Plaine-Saint-Denis, alors que la queue était encore sur le parvis Notre-Dame (Argot des forains).
LANTIPONNER: Synonyme de rasoir et de bassinant.
Généralement, les concierges passent leur temps à lantiponner, c’est-à-dire à bavarder (Argot du peuple).
LAPIN (En poser un): Promettre cinq louis à une fille, ne pas les lui donner et lui faire son mouchoir.
Faire attendre quelqu’un dans la rue par dix degrés de froid (Argot des filles). N.
LAPIN FERRÉ: Gendarme à cheval (Argot des voleurs).
LAPIN (Un rude): Homme fort, un risque tout, en tout et en toutes choses.
Dans le peuple, une femme dit:
—Mon homme est un rude lapin (Argot du peuple). N.
LAPIN DE COLLIDOR: Domestique.
Quand une femme vient aux halles accompagnée d’un larbin, les marchandes, en remettant les achats au domestique pour les porter à la voiture, lui disent:
—Tiens, mon vieux lapin de collidor (Argot du peuple). N.
LAPINEUR: Genre de vol accompli par le conducteur d’omnibus qui oublie de sonner les voyageurs.
Lapineur vient sans doute du nom du voyageur, qu’on désignait jadis sous le nom de lapin (Argot des voleurs).
LARBIN: Domestique (Argot du peuple).
LARBINIER: Complice qui se déguise en domestique pendant que le cambrioleur opère.
C’est le larbinier qui va préalablement en reconnaissance pour préparer le vol (Argot des voleurs).
LARD (Vieux): Terme de mépris employé pour qualifier les vieilles rouleuses.
Superlatif: Vieux lard rance (Argot du peuple). N.
LARDON: Enfant.
Diminutif de lard.
Dans le peuple, pour la chair de l’homme ou de la femme, on dit: le lard; comme l’enfant est le produit des deux sexes, de là, lardon.
Quand quelqu’un, dans une conversation, vous pique à chaque moment, on dit:
—As-tu bientôt fini de me larder?
Allusion au veau que le charcutier pique de lardons (Argot du peuple). N.
LARGUE: Femme publique.
Les voleurs disent larguepé par une adjonction de finale.
M. Marcel Schwob dit que largue s’explique par marque (Villon. J. de l’arg.), qu’on a eu lasquemé, puis que la finale mé est tombée; de là largue.
Halbert d’Angers donne largue ou lasque.
C’est largue qui a subsisté. (Argot des voleurs).
LARMON: Étain (Argot des voleurs). N.
LARTIF ou LARTILLE: Pain (Argot des voleurs). V. Bricheton.
LARTON: Pain (Argot des voleurs). V. Bricheton.
LARTONNIER: Voleur qui a pour spécialité de dévaliser les boutiques de boulangers.
Lartonnier est impropre; on devrait dire lartonneur (Argot des voleurs). N.
LASQUÉ: Vingt centimes (Argot des voleurs). N.
LA SEMAINE DES QUATRE JEUDIS: On dit d’une personne sale et crasseuse qu’elle se débarbouille la semaine des quatre jeudis, c’est-à-dire jamais.
Un paresseux ne travaille jamais que cette semaine-là.
—Quand allez-vous me paver mon terme? demande un propriétaire à son locataire.
—La semaine des quatre jeudis.
Cette expression est synonyme de remettre aux calendes grecques (Argot du peuple). N.
LA TABLE EST MISE: Les enfants du peuple portent des pantalons fendus par derrière, on en comprend la raison.
Quand le moutard a fait ses besoins, il oublie de rentrer sa chemise; il en passe toujours un lambeau, souvent taché de moutarde; les gamins lui crient:
—La table est mise.
Allusion à la nappe (Argot du peuple). N.
LATIF: Linge blanc (Argot des voleurs).
LAUMIR: Perdre.
—Il a laumi son pognon (Argot des voleurs).
LAVER: Vendre ses frusques.
On dit aussi nettoyer son complet (Argot du peuple).
LAVER LA VAISSELLE: V. Descendre à la crémerie.
LAVER SON LINGE (Avoir): Le condamné qui a subi sa peine a lavé son linge.
Il sort de prison blanc comme neige (Argot des voleurs).
LAVER SON LINGE SALE EN FAMILLE: Se disputer dans son intérieur, se faire des reproches sanglants (Argot du peuple). N.
LAVEUR: Complice qui vend aux recéleurs les effets volés (Argot des voleurs).
LAVETTE: Langue.
Dans le peuple, cette expression veut dire mou.
On dit aussi: Mou comme une chiffe, apocope de chiffon rouge, langue (Argot des voleurs). N.
LAVOIR: Confessionnal.
Mot à mot, on y lave sa conscience (Argot des voleurs). V. Planche à lavement.
LAZAGNE: Lettre (Argot des voleurs).
LAZAGNEUR: Prisonnier qui écrit pour ses camarades de prison (Argot des voleurs).
LAZZI-LOFF: M. Prudhomme tient son fils par la main, un collégien de quinze ans, rue Notre-Dame-de-Lorette; il hèle l’omnibus Batignolles-Clichy-Odéon:
—Conducteur, vous passez rue de Tournon, devant chez Ricord?
—Oui, Monsieur.
Alors, poussant son fils dans la voiture:
—Montez, petit cochon!
(Argot du peuple). V. Chaude-lance.
LE 36 DU MOIS: Réponse à un créancier qui demande:
—Quand me paierez-vous? (Argot du peuple). N.
LÉCHARD: Jeune homme (Argot des voleurs). N.
LÈCHE-CUL: V. Fleure-fesse.
LÉCHER: Peindre un tableau avec un soin méticuleux.
Dans les ateliers, on dit d’un peintre lécheur qu’il fait de la peinture de demoiselle (Argot des artistes peintres). N.
LECTURE (Être en): Femme occupée sur sa chaise longue (Argot des filles). N.
LÉDÉ: Dix centimes (Argot des voleurs). N.
LÈGRE: Foire, marché (Argot des voleurs). V. Légreur.
LEGRER: Lever, tromper (Argot des voleurs). N.
LÉGREUR (Le): Est un forain qui tient un jeu dans les foires et qui annonce, pour allécher le public, des lots imaginaires (Argot des voleurs). N.
LÉON: Le président de la cour d’assises.
—Quelle tapette, le léon de la planche à pain.
Léon, dans le peuple, est employé à tout propos:—
—Vas y Léon, tape dessus. (Argot du peuple).
LENTILLE: Punaise (Argot des voleurs). N.
LESBONDE: V. Accouplée.
LES ROUTES SONT SURES ICI, ON NE VERSE PAS SOUVENT: Exclamation d’un ivrogne dans une maison où l’on verse à boire avec parcimonie (Argot du peuple). N.
LES TOILES SE TOUCHENT: Cette expression signifie ne pas avoir d’argent: les toiles des poches se touchent (Argot du peuple). N.
LES VINGT-HUIT JOURS: Quand les réservistes partent, ils emportent généralement dans un mouchoir quelques menus objets de toilette.
Quand les agents arrêtent un individu, on le conduit au poste de police où on le fouille très minutieusement; les objets qu’il possède sont enveloppés dans un mouchoir. Quand le lendemain, à 9 heures du matin, on le conduit au bureau du commissaire de police, l’agent qui le tient porte le petit paquet; comme généralement ils sont huit ou dix à la file, quand ils passent, le peuple dit par allusion: Tiens! les vingt-huit jours! (Argot du peuple). N.
LESSIVANT: Avocat d’office (Argot des voleurs).
LESSIVEUR: Avocat.
Il y a souvent des clients qui en ont besoin d’une rude de lessive pour blanchir leur conscience. V. Blanchisseur.
LESSIVEUR DE PÉTROUSQUIN: Voleur qui dévalise les paysans. Mot à mot: Il les lessive (Argot des voleurs).
LEVAGE AU CRACHOIR (Un):
Lever une femme par une faconde intarissable, l’éblouir par un luxe de paroles, pour l’empêcher de songer à la galette (Argot du peuple).
LEVANQUÉ: Deux francs (Argot des voleurs). N.
LÈVE-PIEDS: V. Montante.
LEVER: Lever une affaire, la prendre à un autre.
Lever un homme au café ou sur une promenade publique.
—À quelle heure vous levez-vous?
—Quand on me couche. (Argot des filles).
LEVER LA LETTRE: Prendre les lettres dans la casse pour aligner les mots dans le composteur et former les phrases (Argot d’imprimerie).
LEVER LE CUL DEVANT (S’être): Être de mauvaise humeur.
On dit aussi: il est de mauvais poil (Argot du peuple).
LEVER LE PIED: V. Mettre la clé sous la porte.
LICHANCE: Repas épatant où les convives repus roulent sous la table.
—À la noce de mon cousin Bo-bosse, il y a eu une si bath lichance, que j’en ai boulotté pour quinze jours (Argot du peuple).
LICHE-FRITE: Pommes de terre frites (Argot du peuple).
LIGNARD: V. Fantaboche.
LIGOTTANTE: La corde (Argot des voleurs).
LIGOTTER: Attacher les mains.
Quand le prisonnier est trop récalcitrant, on le ficèlle comme un saucisson (Argot du peuple).
LIMACE: V. Rodeuse.
LIMACE: Chemise (Argot du peuple).
LIMANDE: Plate comme une limande.
—Prends garde, ta limande va te couper dans le pieu.
On dit également d’une femme qui a la figure en lame de couteau:
—Elle a une gueule de limande.
Quand elle grimace:
—Elle a une gueule de raie (Argot du peuple). V. Sac à os.
LIME: Diminutif de limace (Argot des souteneurs).
LIMER: Fait qui se produit après trente ans de mariage (Argot du peuple).
LIMONADE: Eau.
Tomber dans la limonade, ce n’est pas «se laisser choir dans l’eau», comme le dit A. Delvau, c’est tomber dans la misère:—Il est tombé dans la limonade.
Il existe à ce sujet une chanson:
Ah! il est tombé dans la limonade.
(Argot du peuple). N.
LIMOUSINIER: Voleur de tuyaux de plomb dans les maisons en construction.
Il se nomme également voleur de gras double, parce que les feuilles de plomb ou de zinc roulées ressemblent aux rouleaux de tripes que l’on voit à l’étalage des tripiers (Argot du peuple).
LINCÉ: Vingt-cinq centimes (Argot des voleurs).
LINGE LAVÉ (Avoir son):
Les voleurs en prison comme les troupiers, n’ont plus à s’occuper de la blanchisseuse (Argot des voleurs).
LINGOT: Forain qui met de la porcelaine ou de la verrerie en loterie.
La roue qui tourne pour indiquer le numéro gagnant se nomme un lingot (Argot des forains). N.
LINGRE: Couteau.
Quelques auteurs disent lingue, c’est une erreur, lingre est une corruption de Langres, ville renommée pour la fabrication de ses couteaux (Argot des voleurs).
LINGREUR: Assassin qui tue à l’aide d’un couteau (Argot des voleurs).
LINSPRE ou L’INSAPRÉ: C’est plutôt cette dernière expression qui est la vraie, car elle signifie inspecteur et non prince (Argot des bouchers).
LINVÉ: Un franc (Argot des voleurs). N.
LIQUETTE: V. Limace.
LIQUIDE DE BACCHUS: Vin (Argot du peuple).
LIQUIDE DE CANARD: Eau (Argot du peuple). V. Lance.
LIRE AUX ASTRES: Synonyme de bailler à la lune, mettre trois heures pour faire une course de cinq minutes (Argot du peuple). V. Gobe-mouches.
LISDRÉ: V. Fricadier.
LITARGE: V. Lance.
LIVRAISON DE BOIS DEVANT LA PORTE: V. Capitonnée.
LOCANDIER: V. Bonjourier.
LOCANDIER: Variété de voleur au bonjour (Argot des voleurs). V. Bonjourier.
LOCHE: Oreilles (Argot des voleurs). V. Esgourdes.
LOCHE: Paresseux, fainéant.
Allusion à la loche qui se traîne péniblement.
On dit également: Paresseux comme un loir.
Le loir dort au soleil (Argot du peuple). N.
LOCHER: Branler, tomber.
—Tu branles dans le manche, tu vas être renvoyé de ta place.
Ce à quoi les farceurs répondent:
—Tout ce qui branle ne tombe pas (Argot du peuple). N.
LOGER RUE DU CROISSANT: Si tous les maris cocus devaient rester rue du Croissant, il faudrait prolonger cette rue jusqu’à Vincennes (Argot du peuple). V. Joseph. N.
LOITÉ: Quinze centimes (Argot des voleurs). N.
LONG DU MUR (Le): Les murs sont blancs; quand on s’y frotte, on blanchit ses effets.
Allusion à une bonne qui, avant d’entrer en place, demande ce qu’elle gagnera:
—Nourrie, vingt francs par mois, un jour de sortie.
—Et blanchie?
—Le long des murs (Argot du peuple). N.
LONGE: V. Berge.
LOPHEUR: Fabricant de faux papiers (Argot des voleurs).
LOQUES: Vieux vêtements usés jusqu’à la corde.
Cette expression s’applique également aux vieux morceaux de ferrailles qui servent d’enjeu aux enfants (Argot du peuple).
LORCEFÉ DES PONIFFES: Prison de Saint-Lazare (Argot des filles).
LORGNE: Borgne.
On dit aussi: lorgnebé. Le borgne ne lorgne que d’un œil.
On dit aussi: Il ne peut voir que d’un bon œil (Argot du peuple).
LOUCHONNE: La cuillère (Argot des voleurs). N.
LOUF: Abréviation de loufoque (Argot du peuple).
LOUFIARDER: Vesser sourdement (Argot du peuple). N.
LOUFOQUE: Fou (Argot des bouchers).
LOUP: V. Contre-coup.
LOUPEUR: Mauvais ouvrier qui flâne, qui tue le temps en loupant pour attendre l’heure de la sortie et qui a plus souvent les yeux fixés sur la pendule que sur son ouvrage.
En 1848, un marchand de vins, boulevard de Belleville, avait pris pour enseigne: Au camp de la loupe, tenu par Feignant (Argot du peuple).
LOUPEUR: Désigne le voleur qui, à la tombée de la nuit, vole des diamants chez les bijoutiers au moyen d’une loupe à deux branches (Argot des voleurs).
LOUP-CERVIER: Alors que les boursiers se réunissaient devant Tortoni, on les nommait ainsi.
Aujourd’hui, l’expression n’est plus en vogue, mais le boursier est toujours synonyme de loup-cervier (Argot des boursiers).
LOUPIOT: Enfant (Argot du peuple).
LOURDIER (Le): V. Pessigner les lourdes.
LUISANT: Le jour (Argot des voleurs). N. LUISARD: V. Bourguignon.
LUMIGNON: V. Bourguignon.
LUNE (La faire voir): Montrer son cul:
Quand j’étais petit je n’étais pas grand
Je montrais mon cul à tous les passants.
Allusion à la rondeur; facile à comprendre (Argot du peuple).
LUQUEUR: Voleur qui escroque les gens à l’aide de faux papiers (Argot des voleurs).
LUSQUINEUR: Voleur qui s’habille en charbonnier pour dévaliser les haquets des véritables charbonniers. C’est une variété du roulottier (Argot des voleurs).
LUSQUIN: Charbon (Argot des voleurs).
LUSTRE: V. Palpeurs.