T

TABAC: Misère.

—Je suis dans le tabac mistoufle (Argot du peuple).

TABAR: Manteau.

Cette expression est connue depuis le XVe siècle (Argot des voleurs).

TABLE RASE: Faire un nettoyage complet dans une maison, liquider un arriéré, renouveler un personnel après avoir fait table rase (Argot du peuple).

TAF: Individu qui a peur de son ombre.

Qui a le trac, qui serre les fesses à la moindre alerte (Argot du peuple).

TAFFEUR: Poltron.

—Il est tellement taffeur que l’on ne lui fourrerait pas une feuille de papier à cigarette entre les fesses (Argot du peuple). N.

TAILLER UNE PLUME: Il est des employés qui se servent encore de plumes d’oie; à la fin du mois, ils vont s’en faire tailler chez des spécialistes (Argot du peuple). N.

TALBIN: Billet.

Talbin d’altèque, billet de banque.

Un billet de faveur pour un théâtre quelconque, se nomme un talbin d’encarade.

Mot à mot: billet d’entrée.

Les voleurs disent aussi de l’ordre du Parquet, de l’ordre de les écrouer à Mazas ou au Dépôt:

Mince de biffeton d’encarade (Argot des voleurs). N.

TALBIN: Huissier.

Allusion ce à qu’il talbine un prévenu ou un témoin pour l’assigner en police correctionnelle.

Talbiner, synonyme d’assigner (Argot des voleurs) N.

TALONS COURTS (Avoir les): Fille ou femme qui succombe sans résistance.

L’image n’est pas exacte; ce fait ne se produit généralement que lorsqu’une femme porte des talons hauts; elle perd alors l’équilibre facilement (Argot du peuple).

TAMBOUILLE: Ragoût, fricot.

Faire la tambouille, faire sa cuisine. A. D.

Tambouille: battre.

—Je vais te foutre une tambouille que le tonnerre de Dieu en prendra les armes (Argot du peuple). N.

TAMPONNER: Donner ou recevoir un coup de tampon—un coup de poing.

Allusion au choc de deux trains qui se tamponnent (Argot du peuple). N.

TANNANT: Assommant, ennuyeux.

À Corbeil, on devait un dimanche jouer les Mousquetaires; la troupe y donnait des représentations depuis environ un mois.

L’actrice chargée des grands premiers rôles, était mauvaise à faire ronfler un bec de gaz. Au moment du lever du rideau, le régisseur dut faire une annonce. L’actrice avait dû partir précipitamment pour enterrer son père.

Il annonça son départ ainsi:

Madame X..., ne pourra jouer ce soir, elle est à Nantes pour les obsèques de son père.

Un loustic du parterre s’écria:

—Il y a longtemps qu’elle est tannante.

Ouf! (Argot du peuple). N.

TANNER LE CUIR: Battre quelqu’un.

Allusion au tanneur qui bat la peau pour la rendre souple (Argot du peuple).

TANTE: Pédéraste, homme à double face qui retourne volontiers la tête du côté du mur (Argot du peuple). N.

TANTE: Le Mont-de-Piété.

—Je porte ma toquante chez ma tante, mon oncle en aura soin (Argot du peuple).

TAP: Se disait autrefois des condamnés à être exposés publiquement et marqués au fer rouge.

Travaux forcés à temps, T. F. T.

Travaux forcés à perpétuité T. F. P.

Faire le tapin c’était être exposé (Argot des voleurs). N.

TAPANCE: Maîtresse ou femme légitime.

Les typographes nomment ainsi la femme parce qu’elle tape souvent à la poche ou... autrement.

La tapance du mec, c’est la femme du patron.

—Elle est rien râleuse la tapance du mec, elle boufferait des cadratins à la sauce blanche (Argot d’imprimerie). N.

TAPE (En recevoir une): Recevoir un coup ou le donner.

Voir ses espérances s’effondrer.

Recevoir une tape moralement (Argot du peuple).

TAPE À L’ŒIL: V. Œil au beurre noir.

TAPÉE: Foule, grande réunion de personnes. A. D.

Tapée veut dire beaucoup, il est vrai, mais ce n’est pas le sens que lui donne le peuple.

Tapée se dit d’une jolie femme:

—Elle est tapée.

Une phrase bien écrite ou bien dite:

—C’est tapé (Argot du peuple). N.

TAPER: Taper quelqu’un, lui emprunter de l’argent.

On lui refuse en lui disant également:

—Tu peux te taper.

Synonyme de: Tu peux te fouiller (Argot du peuple).

TAPER À TOUR DE BRAS: Cogner vigoureusement.

—J’ai beau taper ma femme à tour de bras, quand elle me fait un impair, elle me gobe tout de même (Argot du peuple).

TAPER DANS LE TAS: Prendre une femme au hasard.

Taper dans le tas: attaquer un ouvrage avec vigueur.

Taper dans le tas: frapper dans le tas d’une bande de rôdeurs qui vous attaquent (Argot du peuple).

TAPETTE: Pédéraste passif, il se fait taper dans le tas (Argot du peuple). N.

TAPETTE: Homme qui parle sans cesse.

—Il en a une rude tapette.

On dit aussi: forte platine (Argot du peuple).

TAPIQUER: Habiter (Argot dos voleurs).

TAPIS DE MALADES: Cantines des prisons (Argot des voleurs). V. Cargots.

TAQUINER LE GOUJON: Le pêcheur à la ligne taquine le goujon.

Il est en effet taquiné d’être pris à l’hameçon (Argot du peuple).

TAQUINER LE CARTON: Jouer aux cartes.

Je ne sais pas si les cartes sont taquinées d’être battues, mais le joueur l’est rudement quand il perd (Argot du peuple). N.

TARAUDÉE: En mécanique, tarauder un écrou ou un boulon, c’est faire un pas de vis.

On a appliqué cette expression pour dire que l’on bat quelqu’un.

—Je lui ai foutu une rude taraudée.

—Je vais te tarauder les côtes (Argot du peuple). N.

TAROQUAGE: Piquer les cartes d’un signe imperceptible.

Ce truc fut employé pour la première fois, par le fameux grec Garcia (Argot des grecs).

TAROQUE: La marque du linge.

Quand les voleurs ont dévalisé la voiture d’un papillon, ils détaroquent le linge pour le revendre aux meuniers (Argot des voleurs). N.

TARTINES: Souliers avachis et éculés.

—Ah! mon vieux, quelles sales tartines (Argot du peuple).

TARTIR: Vider ses intestins.

Quand la marchandise est molle, elle s’aplatit en rond, comme une tarte, dont, d’ailleurs, elle a la couleur.

Dans le peuple, on dit:

—Je viens de faire une tarte bourbonnaise.

Encore un emprunt à Rabelais (Argot des voleurs).

TAS (Être sur le): Être à l’ouvrage.

—Nous avons un tas de besogne pour beaucoup.

—J’ai un tas de choses à vous écrire, pour quantité.

—Ma marmite est sur le tas.

Pour indiquer qu’elle est couchée avec un miché (Argot du peuple et des souteneurs). N.

TASSO: Nez.

—Je vais te bouffer le tasso (Argot du peuple). V. Blaire.

TATA: Les enfants, les petites filles disent de l’une d’elles qui fait des manières:

—Elle fait sa tata.

Dans le monde des équivoques une tata, c’est le passif.

Il existe un chanson sur ce sujet:

C’est nous qui sommes les tatas

(Argot du peuple).

TÂTE-MINETTE: Sage-femme (Argot du peuple).

TÂTEUSE: Fausse clé.

Ce nom indique bien l’action; avec une fausse clé, si bien faite soit elle, il faut que le voleur tâte la serrure avant de l’ouvrir (Argot des voleurs).

TAUDION: Chambre malpropre, infecte.

—N’entrez pas dans mon taudion, un chat n’y trouverait pas ses petits.

—Sa chambre est un taudis.

On dit aussi un chenil (Argot du peuple).

TAULE ou TÔLE: La maison.

Les maîtres de maisons de tolérance sont appelés des tôliers.

C’est une allusion à la tôle qui barde les portes de ces maisons dans quelques villes de province, pour les défendre contre les tapageurs.

C’est tôle qui est le vrai mot (Argot des souteneurs). N.

TAUPER: Travailler. L. L.

Tauper veut dire accoster.

Quand les compagnons faisaient le tour de France, et que deux marchaient en sens inverse sur la grande route, ils s’interpellaient:

Tope, pays, quelle vocation?

—Serrurier.

—Passe au large.

S’ils étaient du même métier, ou de la même société, ils fraternisaient, autrement ils se battaient.

Cela s’écrit toper et non tauper. Toper veut aussi dire: conclure.

—Affaire faite, tope-là (Argot du peuple).

TENDEUR: Homme qui est toujours prêt à satisfaire une femme gourmande et passionnée (Argot du peuple).

TERRER: Tuer.

Mot à mot: préparer les gens pour la terre.

C’est cette expression qui a donné naissance au mot enfouissage pour les libre-penseurs qui ne passent pas par l’église (Argot des voleurs et du peuple). N.

TERREUR: Nom donné aux maquereaux dans les anciennes banlieues de Paris; il y a généralement une terreur par quartier (Argot des souteneurs).

TERRIÈRE: Raccrocheuse qui pousse son persil dans les terrains vagues (Argot des souteneurs).

TESIÈRE: Toi.

Il y a plusieurs variantes de ce mot: tesigue, tesigo et tésingard.

Tesière est l’expression la plus usitée.

—La Môme-Livarot a un béguin carabiné pour tesière (Argot des souteneurs).

TÉTASSES: Seins qui pendent jusque dans les bas de celles qui les possèdent (Argot du peuple). V. Calebasse.

TÊTE CARRÉE: V. Alboche.

TÊTE DE BOIS: Visage peu expressif.

Dans le peuple, on dit aussi: il a été sculpté dans un marron d’Inde, quand l’individu à qui cette expression s’adresse est laid à faire peur (Argot du peuple).

TÊTE DE CARTON: Visage sans expression.

Allusion à la poupée (Joséphine) des modistes (Argot du peuple).

TÊTE DE CHOUCROUTE: V. Alboche.

TÊTE DE PIOCHE: Individu à la tête dure qui ne veut rien apprendre.

Allusion à la dureté de l’acier trempé de la pioche (Argot du peuple). N.

TÉTER UNE GOUTTE: Faire téter une goutte, à quelqu’un: le battre.

Boire une goutte: se noyer.

Au régiment quand un soldat est atteint de la nostalgie, les camarades lui disent:

—Tu voudrais bien aller téter une goutte.

Téter une goutte, boire un verre sur le zinc (Argot du peuple). N.

TÊTES DE CLOUS: Caractères usés, qui n’en peuvent plus.

—Il est rien dégueulbif, le canard que nous composons avec des têtes de clous (Argot d’imprimerie).

TICHE: Bénéfices.

Synonyme de guelte.

Prime que les directeurs de magasins de nouveautés donnent aux commis qui parviennent à vendre de la marchandise avariée ou des rossignols.

Tiche, en ce cas, est de la même famille qu’affure (part de vol) (Argot des calicots).

TIERCE (La): Association de faux monnayeurs; comme ils sont généralement trois: le fabricateur, l’émetteur et un complice de réserve, de ce nombre, la tierce (Argot des voleurs).

TIFFES: Les cheveux.

Tiffe est une corruption de tignasse (Argot des voleurs). N.

TIGNER D’ESBROUFFE: V. Riffe.

TIMBRÉ: À moitié fou.

Avoir reçu un coup de marteau (Argot du peuple). V. Mailloché.

TINE: La foule.

Réunion de souteneurs et de voleurs.

Delvau dit dédaigneusement que cette expression est due à «quelques Vaugelas de la Roquette», que le vrai mot est tigne.

Pas le moins du monde; dans le peuple on dit:

Tigne-le, pour: le prendre par les cheveux.

Tigner est également synonyme de rechigner (Argot des voleurs). N.

TIOLÉE (En avoir une): Se dit dans le peuple d’une famille qui a de nombreux enfants:

Ils sont toute une tiolée.

C’est une corruption du mot tôle qui veut dire maison.

Il y en a plein la tôle (Argot du peuple). N.

TIRANTES: Jarretières. A. D.

Le mot est impropre; c’est serrantes.

En effet, la jarretière serre la jambe ou la cuisse suivant la façon dont elle est placée.

Il est vrai qu’elle tire le bas, mais c’est en le serrant (Argot des voleurs).

TIRANTS: Bas.

Tirants radoucis: bas de soie.

Tirants de tremilet: bas de fil.

Tirants de filsangue: bas de filoselle.

Tirants à la manque: bas déchirés.

Allusion aux mailles qui manquent (Argot des voleurs).

TIRE-JUS: Mouchoir.

Le mot n’est pas ragoûtant, mais il exprime bien le fait de tirer le jus des narines (Argot du peuple). N.

TIRELIRE: La tête.

Allusion à la bouche qui représente exactement l’ouverture par laquelle on introduit les pièces de monnaies dans une tirelire.

Tirelire veut aussi dire le contraire de la tête, mais celle-là ne contient que de la monnaie pour la compagnie Richer (Argot du peuple). N.

TIRELIRE: Toutes les filles publiques mettent l’argent que les michés leur donnent pour leurs gants, dans leurs bas.

Leurs bas sont des tirelires (Argot des souteneurs) N.

TIRE-MONDE (Madame). V. Guette au trou.

TIRER LE DIABLE PAR LA QUEUE: Il y en a (la moitié de Paris) qui passent leur temps à cette besogne, sans être jamais avancés un jour plus que l’autre.

La misère ne les lâche pas.

Ce pauvre diable, depuis le temps que l’on la lui tire, n’en devrait plus avoir (Argot du peuple).

TIRER UN BOUCHON: Voleur qui fait dix ans de prison (Argot des voleurs).

TIRER LA LANGUE: Courir à en perdre haleine.

Faire tirer la langue à un débiteur en lui promettant de l’argent.

Tirer la langue: avoir faim, attendre après quelque chose qui ne vient jamais (Argot du peuple). N.

TOC: Bijoux de mauvais aloi.

Personnage contrefait; se dit de tout ce qui n’est ni bien ni correct (Argot du peuple).

TOCASSE: Méchant.

On dit également tocasserie pour méchanceté.

Tocasserie est assurément une corruption de tracasserie (Argot des voleurs).

TOCASSON: Fille qui depuis des années est dans la circulation, qui veut conserver des airs de jeunesse et se refuse à dételer son vieux fiacre.

—Crois-tu que c’est pas dégoûtant, la mère Tocasson qui trime encore à 72 berges (Argot des filles).

TOILETTE (La): Avant le règne de M. Deibler, la toilette des condamnés à mort durait une grande demi-heure, une éternité; aujourd’hui, le mot est resté, mais pour la forme seulement, car on ne la leur fait plus.

Chaque semaine, les condamnés sont rasés et ont les cheveux coupés: on leur épargne ainsi une torture inutile.

Heindrich, l’avant-dernier bourreau, recommandait toujours à ses aides de se dépêcher pour ne pas laisser le condamné vieillir (Argot des voleurs).

TOLLARD: Bureau. A. D.

C’est une grave erreur. Tollard, dans les prisons centrales, veut dire: bourreau.

Bureau, c’est burlingue (Argot des voleurs). N.

TOMBER MALADE: Être arrêté, alors qu’on se croyait en sûreté.

Si l’arrestation a lieu à la rencontre, c’est-à-dire si on rencontre fortuitement l’agent qui vous recherchait, on dit: tomber le nez dessus (Argot du peuple). N.

TOMBER À PIC: On va se mettre à table, vous tombez à pic.

Mot à mot: Vous arrivez bien.

—J’étais dans la purée, ma tante vient de claquer à pic (Argot du peuple).

TOMBER PILE: Tomber sur le cul.

Les ouvriers typographes disent:

—Il est tombé sur le côté de deux (Argot du peuple).

TOMBER SUR LE DOS ET SE FAIRE UNE BOSSE AU VENTRE: Cela paraît être un fait extraordinaire; pourtant rien n’est plus commun.

C’est la secousse qui est cause de ce phénomène qui dure neuf mois (Argot du peuple).

TOMBEUR: Homme fort.

Lutteur qui tombe tous ses adversaires.

Tomber une femme: la séduire, la faire céder.

Dans les cercles, le croupier dit: cinq louis qui tombent (Argot du peuple).

TOQUANTE: Montre de peu de valeur.

Double sens: elle fait tic-toc et elle est en toc (Argot des voleurs).

TOQUARD: A. Delvau et M. Loredan Larchey écrivent tocard.

Ces écrivains, pas plus que moi, n’ont inventé l’expression; pour trouver la véritable orthographe, il était donc inutile de remonter à la source.

Je trouve dans une vieille chanson ceci:

Maint’nant tu t’toquardes de la frime,

Tes deux oranges tombent dans tes bas.

T’es des mois sans changer de lime,

Y’a même des mois qu’tu n’en a pas.

C’est donc toquard qui est le vrai mot (Argot du peuple).

TORCHER LE CUL DE MERDE (Se): Ce n’est pas le comble de la propreté, mais cette expression caractéristique dit bien le peu de cas que l’on fait de quelqu’un et combien on le méprise (Argot du peuple).

TORD BOYAUX: Mauvaise eau-de-vie.

Elle corrode l’estomac et tord littéralement les boyaux des malheureux abrutis qui recherchent cet horrible breuvage (Argot du peuple).

TORPILLE D’OCCASION: Fille publique.

Ainsi nommée parce qu’elle fait sauter la bourse des pantes (Argot des souteneurs).

TORTILLANTE: Le cep de vigne qui pousse en espalier devant les maisons dans les campagnes.

Allusion au bois qui se tortille de mille façons.

Claude Tilliera écrit dans un de ses pamphlets:

—Nos pères étaient faits de ce bois noueux et tortillé dont on fait les forts (Argot du peuple).

TORTILLARD: Fil de fer (Argot des voleurs).

TORTILLER: Manger.

—Il te tortille un morceau de lartif en une broquille.

Se tortiller pour ne pas vouloir dire la vérité: chercher des faux-fuyants.

—As-tu vu comme elle tortille des fesses en marchant?

—Il n’y a pas à tortiller du cul, il faut que tu avoues.

—Il ne faut pas tortiller, faut y passer (Argot du peuple).

TORTU: Le vin.

—Allons, mastroquet, sers-nous deux cholettes de tortu.

Cholette: chopine, tortu; le vin, en souvenir du bois tortu qui produit le raisin (Argot du peuple).

TORTORER: Manger (Argot des souteneurs).

TORTORENT: Gargote où l’on mange (Argot des souteneurs).

TOUILLER: Remuer.

Touille ton café pour faire fondre le sucre (Argot du peuple). N.

TOUPET (Avoir du): Avoir un aplomb formidable.

Se payer de toupet pour affronter quelqu’un.

On dit dans le peuple:

—Il a plus de toupet que de cheveux (Argot du peuple).

TOUR (LA): La Conciergerie et le Palais de justice.

Allusion à la tour de l’horloge.

À ce propos, une légende populaire veut que cette horloge ait sonné l’heure du signal pour le massacre de la Saint-Barthélémy (Argot du peuple).

TOUR POINTUE (La): Préfecture de police (Argot des voyous).

TOURBE (Être dans la). V. Purée.

TOURBE: La lie du peuple.

Populace, le plus bas qu’il soit possible de l’imaginer (Argot du peuple).

TOURLADE: Les forçats, autrefois, quand le bagne était à Toulon, appelaient cette ville Tourlade. Changement de finale (Argot des voleurs).

TOURNANTE: Clé.

Elle fait en effet tourner le pène dans la serrure (Argot des voleurs).

TOURNANTE: V. Anguille.

TOURNE-VIS: V. Hirondelle de potence.

TOURNE-VIS: Chapeau à cornes que portent les gendarmes.

Ce terme s’est généralisé, il est employé pour tous les chapeaux quelles que soient leurs formes (Argot du peuple).

TOURNER DE L’ŒIL: Mourir (Argot du peuple).

TOURNIGUE: V. Blaire.

TOURTOUSE: La corde.

Tourtouser: lier.

Tourtousier: le cordier (Argot des voleurs).

TOURTOUSINE: La ficelle.

Allusion à la torsion du chanvre par le cordier (Argot du peuple).

TRAC: Peur.

Tracquer: avoir peur.

—J’ai un trac à tout casser (Argot du peuple). V. Taf.

TRAIN 11 (Le): Les jambes.

Celui qui ne peut pas se payer de voiture, fiacre ou omnibus, prend le train 11.

Quand on joue au loto, celui qui appelle les numéros, quand il tire le numéro 11, crie:

—11, les deux jambes à ma tante (Argot du peuple).

TRAÎNÉE: Fille publique qui traîne partout à la recherche de clients.

Traînée est un gros terme de mépris employé par le peuple vis-à-vis d’une femme.

Traînée: synonyme de rouleuse (Argot du peuple).

TRAÎNEUSE: V. Rôdeuse.

TRAÎNEUSE: Robe.

Allusion à la traîne de la robe qui balaye les trottoirs.

Ou dit également: une balayeuse (Argot du peuple).

TRANCHE-LARD: Couteau.

Allusion au couteau du charcutier.

On dit aussi: un vingt-deux (Argot du peuple).

TRANCHE: Le visage.

Tranche est aussi un terme d’amitié et de familiarité:

—Tiens, comment vas-tu, ma vieille tranche? (Argot du peuple). N.

TRAVAILLER DANS LE BÂTIMENT: Voler avec effraction dans les maisons.

L’expression est pittoresque (Argot des voleurs).

TRAVIOLES: Avoir des inquiétudes. L. L.

Travioles: aller de travers, pochard qui festonne. Celui-là est loin d’avoir des inquiétudes, car il ne pense guère au lendemain.

Une jeune fille qui déraille et devient rosière de la Maternité, va de travioles, de travers dans la vie (Argot du peuple). N.

TRÈFLE: Tabac (Argot du peuple).

TRÉFOIN: Tabac.

Ce mot est très vieux; il est employé par Eugène Suë dans les Mystères de Paris.

—Pas de tréfoin à mettre dans ma chiffarde. (Argot des voleurs).

TREMBLOTTE: La fièvre.

Allusion au tremblement qu’elle produit.

On dit d’un homme qui a peur de la moindre des choses: il a la tremblotte.

C’est aussi un truc employé par les mendiants pour exciter la charité publique; ils font semblant de trembler.

Mot à mot: de grelotter (Argot du peuple). N.

TRÈPE: Ne veut pas dire la foule, comme le disent les dictionnaires d’argot; ce mot veut dire clientèle, d’après Loyssel.

Faut pas blaguer, le trèpe est bath

Dans ce taudion, i s’trouve des rupins

Si queuq’s gonciers traînent la savate

J’en ai r’bourré qu’ont d’scarpins.

(Argot des voleurs).

TRESSER DES CHAUSSONS DE LISIÈRES: Occupation des prisonniers dans les maisons centrales.

—À tresser des chaussons de lisières pendant dix berges, j’ai affuré quatre sigues! (Argot des voleurs).

TRICHARD: Tricheur.

Voler au jeu (Argot du peuple).

TRICHER: V. Gêné.

TRIFOUILLÉE: Remuer, chercher en bousculant tout. A. D.

Trifouillée, c’est trois fois fouiller, mais le peuple ne donne pas ce sens à cette expression.

Trifouillée veut dire battre.

—Je vais te coller une trifouillée en cinq sec (Argot du peuple). N.

TRIMARD: Chemin.

Grand trimard: grande route (Argot des voleurs).

TRIMARDER: Voyager.

Quand un apprenti a appris son état, pour se former, il fait son tour de France.

Il trimarde, mais en travaillant.

Mot à mot: parcourir les grandes routes.

Ceux qui trimardent ne sont autre chose que des vagabonds; ils ont une profession, mais ne travaillent jamais. Cette profession leur sert pour mendier.

Le truc est des plus simples:

Le trimardeur, supposons le compositeur typographe, entre dans un atelier avec la quasi-certitude qu’il ne sera pas embauché, c’est ce qu’il souhaite. Il demande mèche; on lui répond qu’il n’y a pas de place vacante, alors il lâche son boniment:

—Il vient de loin, de Paris; il a été malade en chemin, il est dans la plus affreuse misère, il sollicite la permission de faire la quête. Le patron donne, les compagnons donnent aussi; il savent bien que c’est un fainéant, mais les typos ont bon cœur, ils préfèrent être volés dix fois que d’en refuser une à une misère véritable.

Avec ce métier, les trimardeurs sont les gens les plus heureux du monde (Argot d’imprimerie). N.

TRIMARDEUSE: Fille publique qui fait le trottoir.

L’asphalte n’est pas la grande route, on l’appelle néanmoins le trimard parce que la fille y trime (Argot des souteneurs).

TRIMANCHER: Marcher.

Même signification que trimarder (Argot du peuple).

TRIMBALLEUR DE REFROIDIS: Le cocher qui conduit les corbillards.

—Ce qui m’emmerde, quand je serai refroidi, c’est d’être trimballé par l’omnibus à coni (Argot des voleurs).

TRIMER: Aller et venir inutilement, se morfondre. A. D.

De trimer on a fait trimard, raccrocher, c’est-à-dire travailler, c’est le vrai sens du mot.

—Je trime d’un bout de l’année à l’autre pour élever mes gosses, et je n’en suis pas plus avancé.

Trimer veut dire travailler péniblement (Argot du peuple). N.

TRINQUER: Boire en choquant son verre.

Trinquer: recevoir une volée (Argot du peuple).

TRIPAILLE: Enfant (Argot des voleurs). V. Loupiau. N.

TRIPATROUILLAGE: Tripoter dans les poches de quelqu’un.

Tripoter dans une caisse ou un tiroir.

—Vous n’allez pas bientôt finir de me tripatouiller, vous allez me chiffonner, (Argot du peuple). N.

TRIPES: Tétons déformés, élastiques comme un morceau de caoutchouc.

Allusion au morceau de tripe que les tripiers nomment le bonnet: c’est la panse (Argot du peuple).

TRIPOTÉE: (En donner ou en recevoir une).

—Il a reçu une rude tripotée.

On dit aussi tripotée pour beaucoup.

—J’ai une tripotée d’enfants qui me font perdre la tête (Argot du peuple).

TRIPOTEURS: Individu qui tripote une femme.

Boursier qui tripote, à la Bourse, des affaires malpropres et louches.

On dit aussi patricoter (Argot du peuple). N.

TRIQUE: Surveillance.

Casser sa trique, rompre sa surveillance.

Triquer (Être): être condamné à la surveillance.

Allusion ancienne, quand autrefois les condamnés étaient pendant cinq ou dix ans sous la trique des argousins (Argot des voleurs).

TROGNE: Le visage.

Quand un individu a la trogne couperosée, dans le peuple, on lui lance cette plaisanterie:

—C’est ta femme qui boit, et c’est toi qui a le nez rouge.

Avoir une trogne de vin de Bourgogne, c’est une trogne d’ivrogne (Argot du peuple).

TROGNON: Expression de tendresse, comme mon petit chat, mon petit lapin bleu.

Qu’il est joli, qu’il est mignon,

Qu’il est gentil mon p’tit trognon.

(Argot du peuple).

TROLLER: Porter. A. D.

Troller veut dire marcher.

—On te voit troller partout, tu ne travailles donc pas?

Il existe au faubourg Antoine des ouvriers ébénistes en chambre qui confectionnent des meubles pour leur compte.

Ils trollent pour les vendre depuis la rue de la Muette jusqu’à la Bastille, généralement le samedi; ce jour-là, le trottoir se nomme la trolle (Argot des ébénistes). N.

TROMBILLE: Bête, quelle que soit sa race (Argot des voleurs).

TROMBOLLER: Aimer autrement que platoniquement.

—Je vais tromboller ma gonzesse (Argot des souteneurs).

TROMPE-LA-MORT: Individu condamné par les médecins, qui n’en meurt pas plus vite pour cela.

—Il trompe la mort qui le guette.

On dit également:

—Il a repris du poil de la bête.

Cette expression: trompe la mort, date de 1848.

Un ouvrier forgeron, arrêté sur une barricade, lors de l’insurrection de Juin, fut conduit, avec un groupe de combattants, à la tombée de la nuit, au Champ de Mars, où se faisaient en masse les exécutions sommaires. On fusillait les malheureux rang par rang.

Il était au second rang; par une présence d’esprit incroyable, à ce moment suprême, il tomba en même temps que le premier rang; on n’y fit pas attention.

Vers onze heures du soir, l’exécution terminée, des tombereaux vinrent enlever les cadavres pour les transporter au cimetière Montmartre et les jeter dans la fosse commune.

On ne les recouvrait pas de terre, afin que les familles puissent les reconnaître le lendemain.

L’ouvrier avait eu la malchance d’être jeté au fond du tombereau; il était inondé du sang qui coulait sur lui.

Pendant le trajet, après des efforts inouïs, il parvint à se hisser au-dessus des cadavres; il sauta à bas de la lugubre voiture sans être aperçu, et alla se cacher chez un ami.

Le calme revenu, il rentra à l’atelier. Stupéfaction générale. Les camarades, qui connaissaient l’aventure, lui crièrent:

—Tiens! voilà Trompe la mort.

Il l’avait rudement trompée, car il ne mourut qu’en 1888, à l’âge de quatre-vingts ans.

Trompe la mort (Argot du peuple).

TRONCHE: Tête (Argot des voleurs).

TRONCHE DE REFROIDI: Fromage de Hollande, connu plus généralement sous le nom de tête de mort (Argot des voleurs).

TRONCHER: Le vocable s’explique suffisamment par ceci:

—Bibi a tronché la môme, elle a avalé le pépin (Argot du peuple).

TRÔNE (Être sur le): Être assis sur la lunette des chiottes.

Quand ça va bien, sûrement, on est plus heureux qu’un roi assis sur le trône (Argot du peuple).

TROP CUIT: Femme ayant des cheveux rouges.

—Elle a été trop longtemps enfournée, elle est trop cuite (Argot du peuple). N.

TROP TÔT VELÉ: Enfant venu avant terme.

Allusion au veau mort-né.

Avorton chétif et malingre (Argot du peuple).

TROTTEUSE: Montre qui marque les minutes.

Trotteuse: fille publique infatigable qui trotte du soir au matin pour raccrocher (Argot des souteneurs).

TROTTIN: Apprenti modiste que l’on rencontre arpentant les rues de Paris, portant une petite boîte qui contient un chapeau.

C’est le gavroche femelle des ateliers de modistes.

Le mot n’est pas nouveau. Scarron dit quelque part:

Ensuite il appelle un trottin.

(Argot du peuple).

TROTTINETTES: Bottines (Argot des voleurs).

TROTTOIR: S’entend de deux façons.

Faire le trottoir, raccrocher.

Il n’est pas nécessaire pour faire le trottoir d’être sur le trottoir.

Le trottoir est partout où la femme lève l’homme.

Pendant l’Exposition de 1889, le trottoir de ces dames était le pont de l’Alma.

À ce sujet, on avait fait ce calembourg:

—Les putains préfèrent le pont pour voir le velum (Argot des filles). N.

TROU DE BALLE: Le derrière.

On dit aussi: la lumière (Argot du peuple).

TROUFFION: Petit troupier (Argot du peuple). N.

TROUILLE: Domestique malpropre, femme du peuple rougeaude et avachie. A. D.

Trouille ne se prend pas en ce sens; cela veut dire: tu n’as pas peur.

Trouille est synonyme de hardiesse.

—Tu n’as pas la trouille d’entreprendre une tâche aussi difficile (Argot du peuple). N.

TROUILLOTER DE LA HURLETTE: Puer de la bouche (Argot du peuple). N.

TROUVER MAUVAISE (La): Quand, par un verglas abominable, on se casse la figure, elle est mauvaise.

Quand votre femme vous pond un gosse tous les ans, elle est mauvaise.

Quand on a acheté cent mille francs de Panama, elle est mauvaise.

En un mot on trouve mauvais tout ce qui vous arrive de désagréable dans la vie (Argot du peuple). N.

TROUVEUR OU PART À DEUX. V. Ramastiqueur.

TROUVEURS-FAUX VENDEURS: Genre de vol pratiqué aux environs des gares de chemins de fer.

Il consiste à feindre de trouver une bague en cuivre placée à l’avance par un complice dans un endroit désigné, et à la vendre comme de l’or à un naïf qui débarque (Argot des voleurs). V. Ramastiqueurs. N.

TRUC: Connaître le truc, être malin.

Avoir du truc, avoir les moyens de réussir.

Truc: machine de théâtre employée dans les féeries pour un changement de décors à vue.

Truc: moyen secret que possède un individu de faire quelque chose (Argot des camelots et des saltimbanques).

TRUCHE: Est une manière spéciale de voler.

Le voleur qui la pratique est un trucheur (Argot des voleurs).

TRUFFE: Nez, lorsqu’il est gros en forme de groin.

Allusion au cochon qui s’en sert pour chercher des truffes.

Le peuple dit aussi: piton (Argot du peuple).

TRUFFÉ: Crétin, niais, imbécile.

Synonyme d’andouille.

On dit dans le peuple:

—Il est truffé de bêtise, il arrive de son patelin, il n’est pas dessalé (il n’est pas dégrossi).

On dit également:

—Il est truffé d’argent.

Truffé, pour: beaucoup (Argot du peuple).

TRUFFE DE SAVETIER: Des marrons.

Le marron remplace la truffe chez le savetier, comme la pomme de terre remplace l’orange pour le Limousin (Argot du peuple).

TRUMEAU: Comédie ou vaudeville Louis XV. A. D.

Trumeau signifie vieille femme.

On dit dans le peuple:

—Sale trumeau, ta gueule est bonne à foutre dans les lieux pour faire chier les gens de peur (Argot du peuple). N.

TRUQUAGE: Se dit d’un meuble, d’un tableau ou d’un objet d’art qui a subi un truquage pour lui donner l’apparence de la vétusté ou le style d’une époque.

Il y a des truquages célèbres qui ont trompé les plus grands amateurs.

Un des plus souvent mystifiés est M. de Rosthschild.

Tout le monde a présent à la mémoire le fameux bouclier acheté 100,000 fr., comme datant du XVe siècle, lequel avait été déniché à Rome chez un brocanteur.

Ce bouclier avait été fabriqué de toutes pièces dans une cave de la rue Bourg-Labbé, et ne valait pas cent sous (Argot des artistes peintres). N.

TRUQUEUR: Le truqueur est un filou qui va de village en village et de foire en foire, avec un petit jeu de hasard qu’il exploite habilement.

Ce jeu est généralement un chandelier fait avec les débris d’un vieux chapeau; il met un sou sur le chandelier qui est placé dans une assiette. Il s’agit, au moyen d’une longue baguette d’osier, de faire tomber le chandelier et que le sou reste dans l’assiette.

Cela n’arrive jamais, à moins de connaître le truc.

Il y a une masse de truqueurs, surtout en cette fin-de-siècle où tout est truc pour gagner sa vie. (Argot du peuple). N.

TUBE: Chapeau haut de forme.

On dit aussi: tuyau de poêle (Argot du peuple).

TUBE: Le gosier.

Dans le peuple, on dit de celui qui a le ventre creux:

—Il n’a rien à se mettre dans le tube.

Boire un bon coup, c’est se rincer le tube.

—Il est quatre heures, je vais me coller un peu de fripe dans le tube.

Mot à mot: je vais manger (Argot du peuple).

TUER LE VER: boire la goutte, le matin, ou un verre de vin blanc.

Quand on suppose que le ver est solitaire (dur à tuer), les ouvriers boivent plusieurs tournées, alors ce n’est pas le ver qui est tué, mais bien le buveur.

Les voleurs disent également qu’ils ont tué le ver lorsqu’ils ont des remords.

Ils ne le tuent pas souvent (Argot du peuple et des voleurs).

TUILE: Malheur qui arrive à quelqu’un.

—J’ai perdu mon porte-monnaie, quelle tuile!

Quand il arrive inopinément une douzaine de personnes à dîner, lorsqu’il n’y en a que pour deux, la ménagère dit:

—Quelle tuile nous tombe sur la tête (Argot du peuple).

TUNE: Pièce de 5 francs en argent (Argot du peuple). V. Brème de fonds.

TUNE: Bicêtre, l’ancien refuge naturel des sujets du roi de Thunes. A. D.

Ce n’est pas le mot tune qui est vrai.

C’est tunobe.

La prison de la Force, démolie en 1850, était ainsi appelée par les prisonniers.

Dans les autres dictionnaires d’argot, on ne trouve que tuneçon, expression qui ne veut rien dire (Argot des voleurs). N.

TUNER: Mendier.

Tuneur: mendiant.

Il est pourtant rare qu’on donne une tune à un mendiant.

Tuner, c’est l’apocope du mot importuner (Argot des voleurs). N.

TURBIN: Tout travail, quel qu’il soit.

Turbiner, c’est durement travailler.

Aller au turbin, c’est aller à l’atelier.

Turbineur: celui qui travaille.

Turbineur: qui met en mouvement la turbine, de là, turbin, turbiner (Argot du peuple).

TURNE: Poussier, taudis, logement malpropre et insalubre, sans air ni lumière.

—Si tu restes éternellement dans ta turne, tu ne trouveras jamais rien à briffer.

—Comment peux-tu rester dans une pareille turne! (Argot du peuple).

TU-TU: Petit paquet de mousseline chargé de cacher ce que le maillot collant indique trop—pour le père la Pudeur—alias M. Bérenger-Caton.

La vieille chanson dit:

‧ ‧ ‧ ‧ ‧ ‧ ‧ ‧ ‧

Son maillot en s’déchirant

A laissé voir son... événement

Ça d’vait la gêner su’ l’moment.

Ça ne gêne pas la Môme Fromage ni Grille d’Egout, moi non plus (Argot du peuple).

TU T’EN FERAIS MOURIR: Réponse ironique à une question saugrenue.

—Payes-tu à déjeuner? prêtez-moi cent francs; avance-moi mon mois; viens coucher avec moi?

Tu t’en ferais mourir.

Mot à mot: Tu ne voudrais pas (Argot du peuple). N.

TUYAU: Le gosier.

Le tuyau est bouché, pas mèche de boulotter (Argot du peuple).

TUYAUX: Renseignements confidentiels.

Cette expression est en usage dans le monde qui fréquente les champs de courses.

Un bookmaker qui a un cheval chargé de paris fait donner par un émissaire un faux tuyau sur une rosse; les imbéciles s’empressent de prendre ce cheval, qui n’arrive jamais (Argot des bookmakers). N.

TUYAU DE POÊLE: Chapeau haut de forme.

Allusion juste, car il a la forme et la couleur d’un tuyau (Argot du peuple).

TYPE: Individu quelconque.

—J’ai un type qui me cramponne.

Avoir un bon type, avoir un bon enfant qui se laisse faire (Argot des filles). N.

TYPOTE: Femme employée depuis peu d’années dans les ateliers de composition.

C’est un compagnon au même titre que les ouvriers typographes; néanmoins, quand les typotes sont nombreuses, on se croirait plus volontiers dans une volière du Jardin d’Acclimatation que dans un atelier de composition.

Généralement, la typote est plus habile à soigner un pot-au-feu et à raccommoder ses bas qu’à lever la lettre.

Enfin, il est dit qu’il faut que la femme lève quelque chose (Argot d’imprimerie). N.