BONNE NOUVELLE

L’Ami. — Dieu t’aime, et le monde est à Dieu. Toutes choses devront, en fin de compte, tourner à bien.

Pauvre humanité perdue, errante, usée de fatigues, chargée de fautes et de misères, le Père te parle et t’appelle. Surgis de ta poussière ! Lève ton regard vers les hauteurs !

Tu es une espérance de Dieu, donc tu ne peux périr. Ta destinée, commencée dans la peine et les larmes, s’achèvera dans une lumière immortelle. Toutes tes souffrances seront oubliées dans la gloire qui doit être manifestée en toi. Crois cela ! Fais cet honneur à Dieu de penser que tes affaires sont les siennes et qu’aucune puissance, aucun malheur, aucun événement ne peut t’arracher de sa main, ni empêcher sa volonté d’amour de se réaliser à ton égard ! Cherche, travaille, combats, laboure et sème, mais ne te soucie pas, ne t’inquiète point !

Au sein de tes ignorances, trouve le calme dans la pensée que Dieu connaît ce qui t’échappe ! Il ne te demande pas de te présenter devant lui avec une explication correcte de l’Univers. Il n’est pas le Sphynx, proposant une énigme et dévorant ceux qui ne peuvent la résoudre. Aie confiance, abandonne-toi à lui !

SI VOUS CROYEZ EN DIEU, CROYEZ AUSSI EN MOI !

L’Ami. — Il en est qui croient en Dieu et désespèrent de l’homme.

Ne pas croire à l’homme, à la vie, au labeur utile, à l’effort combiné de la conscience et de l’intelligence. Considérer la terre comme une colonie perdue, une entreprise manquée. Ne pas croire à la victoire de la Justice, de la Fraternité, du Bien sous toutes ses formes, c’est la pire incrédulité.

L’incrédulité ne consiste pas dans l’impuissance à se mettre en tête certaines formes de doctrine ou certains faits présentés comme historiques : elle consiste à penser que la vie n’est qu’une grande vanité dont on ne tirera jamais rien de bon et dont il est préférable de souhaiter la fin.

Nous sommes ici pour faire une œuvre, une œuvre avec Dieu.

… « Et nous avons pour nous ce quelqu’un d’inconnu

« Dont on voit par moments passer l’ombre sublime

« Par delà la muraille énorme de l’Abîme. »

L’honneur de Dieu est engagé dans nos affaires.

Malgré toutes les fautes et les tares des hommes, l’auteur responsable de ce monde, en définitive, c’est Lui. Donc nous ne saurions faire faillite.

Notre esquif, ballotté par mille tempêtes, a de meilleures garanties que n’en offrait au pilote effrayé le fameux imperator en disant :

Tu portes César et sa fortune.

En haut les cœurs ! Ouvrons nos voiles aux souffles d’espérance ! Tout ce qui encourage, tonifie, augmente l’entrain et la joie est bon, est vrai. Toute doctrine réconfortante est un flambeau de vie allumé au foyer éternel.

L’erreur, c’est ce qui décourage, accable, assombrit, fait tomber les bras et hausser les épaules devant l’œuvre humaine.

Il faut avoir la Foi. C’est le trésor des trésors, la racine de la vie, le lien nourricier qui nous rattache à la Source des êtres.

Rien de beau, de grand, de durable, rien d’humain ne se fait sans la foi.

La Foi transporte des montagnes. La croyance est elle-même souvent une montagne à transporter. Il faut donc que la croyance s’amende, s’épure sans cesse et demeure toujours au rang d’humble instrument de la Foi.

Communiquée et provoquée par des signes visibles, des faits transitoires, que la Foi en devienne, à la longue, indépendante ! Née de certaines conditions, qu’elle s’élève au-dessus de toutes les conditions ! Ainsi tombe la coquille protectrice quand éclôt l’oiseau.