SOUVENIRS AMERS
L’Ami. — Ne te condamne pas aux souvenirs amers !
Pourquoi faire l’honneur à l’offense de la placer aux écrins de ta mémoire ?
As-tu le cœur trop vaste, pour y donner tant de place à la rancune ?
Le peu que l’homme sauve du naufrage de l’oubli, consistera-t-il surtout dans le mal qu’on lui a fait ?
Il y a des actes impardonnables, des êtres qui ne méritent ni excuse, ni bienveillance, ni indulgence. Est-ce une raison pour les associer à notre pensée à jamais ?
Laisse tomber l’injure à terre, et ne la ramasse pas ! Baisse-toi plutôt pour ramasser la fleur, si humble soit-elle, qui t’a souri en ce vallon !
OUBLIE ET PARDONNE !
Au plus profond de toi-même, creuse une tombe ! Qu’elle soit comme ces lieux oubliés vers lesquels ne conduit aucun sentier ! Et là dans l’éternel silence, ensevelis le mal que l’on t’a fait ! Ton cœur sera libéré comme d’un fardeau. La paix divine y régnera.
NE PARLE PAS !
— Mets ton doigt sur tes lèvres, souffre et tais-toi ! Qui es-tu pour parler devant la Majesté sainte et terrible ?
— Je suis son enfant.