PRIX ET RÈGLEMENTS PARTICULIERS DES VILLES

Dans chacune des villes où une journée d'aviation aura lieu, des Comités locaux, sous l'égide de la Ligue aérienne ou de l'Aéro-Club, se sont constitués, qui ont réuni un fonds de garantie destiné à assurer aux aviateurs une somme minima de prix et à organiser des champs d'atterrissage et des abris. C'est ainsi qu'à Troyes, Mézières-Charleville, Douai et Amiens, 20.000 francs seront mis à la disposition des aéroplanistes.

A Nancy, où les choses ont été faites grandement, c'est 40.000 francs qui seront distribués. En dehors de ces prix créés par les villes, nous citerons une somme de 5.000 francs due à la générosité de M. Deutsch de la Meurthe et qui viendra récompenser le premier aviateur arrivé à Nancy et ayant accompli sans défaillance le trajet depuis Paris.

Les sommes consacrées par chaque ville, en prix aux aviateurs, sont subdivisées en deux parties: l'une dite prix d'étapes est destinée à récompenser le premier aviateur arrivé ayant accompli une étape déterminée, l'autre sera distribuée aux aviateurs qui consentiront à voler dans la journée réservée à chaque ville.

Les prix seront courus conformément aux règles de la Commission internationale aéronautique.

Il est simplement regrettable que chaque ville ne se soit pas assurée dans son contrat avec Le Matin un minimum d'aviateurs, les prix pouvant se trouver à la disposition d'un nombre très restreint d'entr'eux. Il faut espérer, cependant, que ceux-ci n'abuseront pas de la situation et que, reconnaissants de l'effort énorme accompli parles différentes villes du Circuit, ils auront à coeur de montrer de quoi nos hommes-oiseaux sont capables à l'heure actuelle.

LES PRIX A COURIR A NANCY

Le mardi dans la soirée, jour de l'arrivée de Troyes, un prix sera décerné à l'aviateur accomplissant le plus long vol sans escales.

C'est le mercredi, 10 août, que seront courues les épreuves les plus importantes. Elles ont été distribuées, de la façon suivante:

Le matin: prix de la totalisation des distances accordé à l'aviateur ayant parcouru la plus longue distance dans la matinée.

De 1 heure à 2 heures de l'après-midi: Prix de lancement (1.000 francs) à l'appareil qui prendra son essor après avoir parcouru, sur le sol, un espace minimum. Ce prix met en valeur l'habileté des aviateurs, le minimum de résistance à l'avancement de l'appareil et les qualités de l'hélice. Il est fonction de la puissance du moteur.

De 2 heures à 3 h.: Prix des Passagers, (1.000 fr.) à l'appareil emportant le plus grand nombre de voyageurs et restant dans l'air le plus longtemps. Ce prix met surtout en valeur les qualités sustentatrices, c'est-à-dire le poids emporté par mètre carré de toile, mais les qualités de l'hélice et du moteur interviennent aussi grandement.

De 3 heures à 4 heures seront courus deux prix de vitesse, respectivement de 3.000 et 1.000 francs qui récompenseront l'appareil parcourant une distance donnée dans un minimum de temps. On sait qu'à l'heure actuelle le record de la vitesse sur toutes les distances est détenu par le monoplan «Blériot» de Morane, pourvu d'un moteur rotatif «Gnôme» de 100 chevaux et qui a réussi à faire 106 kilomètres à l'heure, parcourant 20 kilomètres en 12 m. 45 s. 3/5, 10 kilomètres en 5 m. 42 s. 2/5 et 5 kilomètres en 3 m. 15 s., au dernier meeting de la Champagne (Bétheny-Reims).

De 4 heures à 5 h. 1/2: Course de Jarville à la Frontière, avec atterrissage à Moncel, et retour sur Jarville. Cette course est dotée de trois prix: 4.000, 2.000 et 1.000 francs.

De 5 h. 1/2 à 6 h. 1/2 aura lieu un Concours de hauteur avec deux prix, 5.000 et 2.000 francs, à l'appareil qui s'élèvera à la plus grande hauteur.

Récemment le record en a été porté à 1.800 mètres, mais il ne faut pas espérer voir mieux à Nancy. C'est ainsi qu'à Reims, Latham sur «Antoinette», n'a pu parvenir à dépasser 1.384 mètres et Chavez sur «Blériot», 1.150 mètres. Il est vraisemblable que Morane sur «Blériot» pourra aussi jouer dans ce prix un rôle important.

A toutes ces épreuves, il y a lieu de faire un reproche; le temps mis à la disposition des aviateurs, en présence du grand nombre de prix mis en compétition semblant réellement trop faible pour leur permettre de faire des randonnées intéressantes. De plus, on leur imposera une fatigue et un surmenage qui nous semblent bien excessifs.