NOTES.

[150] A Cologne, chez P. Marteau, 1695. In-12 de 171 pp.

Au frontispice, Louis XIV, l'air triste et soucieux, regarde un Amour étendu mort à ses pieds; à sa gauche, deux Amours; à sa droite, deux autres Amours s'empressent auprès de lui; une femme, coiffée d'une fontange, tient par la main les Amours de droite. A chaque extrémité du tombeau où gît l'Amour, un Amour tient son flambeau renversé.—Le titre est donc justifié; c'est bien le tombeau des Amours.

Sur le devant du tombeau, on lit: «Hélas! notre règne est fini!» au bas de la gravure, ces quatre vers informes:

Adieu, trop aimables amours
Qui avez su me charmer si tendrement.
Ah! je ne sens plus pour vous
L'ardeur qui me touchoit si vivement.

De la main droite du Roi se déroule une bande avec ces mots: «Il est incomparable.»

[151] Ces lignes en italique ont la prétention d'être des vers de mesure inégale; ils valent ceux du frontispice. Voir page 242, note [150]. Il faut lire sans doute:

Est-il rien de si doux qu'une ardeur innocente
Qu'un rare mérite fait naître dans nos âmes?
Je ne vois nul bonheur à respirer le jour
Si de l'univers on bannit l'amour.
Tous les plaisirs se trouvent dans sa suite
Et sans aimer la vie est un supplice.

Voyez également ci-dessous; l'auteur a risqué d'autres vers aussi dépourvus de sens, de mesure et de rime que le sont ceux-ci.

[152] Ce libelle a été publié en 1695.—C'est à peu près le temps où la pièce précédente place les amours du Roi avec Mlle du Tron.

[153] Voy. t. II, pp. 1-24.

[154] Les deux lignes qui précèdent et celles qui suivent jusqu'au dernier paragraphe de la p. 10 sont copiées sur la deuxième historiette du 2e volume de ce Recueil (pp 31-33).

[155] Voy. t. II, p. 32.

[156] Voy. t. II, pp. 10 et 21 (notes).

[157] A cette époque (1659), la reine, née en 1601, avoit 58 ans; Mazarin, né en 1602, avoit 57 ans. Cf. t. I, p. 184.

[158] Ce motif n'étoit point celui qui dirigeoit la généreuse conduite de Mazarin. Voy. t. II, p. 10 et 21 (notes).

[159] Ce mot ne se trouve dans aucun dictionnaire du temps, et n'a même jamais été admis par l'Académie françoise. Cependant on le rencontre à la même époque dans divers autres ouvrages.

[160] Voy. t. II, p. 22.

[161] A cette locution, comme à plusieurs autres et à l'ignorance déjà constatée des règles de notre versification, il est facile de voir que cet opuscule n'a pas été écrit par un françois. Voy. t. II, p. 7.

[162] Le 15 septembre 1665.

[163] Voyez sur cette campagne, Mlle de Montpensier, Mémoires, collection Michaud et Poujoulat, pp. 398-402, et Mémoires de Louis XIV, édition Dreyss, t. II.

[164] Voy. t. II, passim; la campagne des Pays-Bas est de 1667; les amours de Louis XIV avec Mlle de La Valière commencèrent en 1661.

[165] Sur sa noblesse, voy. t. II, pp. 27 et 33.

[166] Voy. t. II, p. 34.

[167] Tout le passage qui suit, jusqu'à: «Mlle de La Valière en parut affligée» p. 249, est la reproduction à peu près exacte de ce qu'on lit au t. II, dans le Palais-Royal ou l'Histoire de Mlle de La Valière.

[168] A partir d'ici, le texte abrége le récit du t. II et en diffère sur des points peu importants, par exemple le billet de la p. 250.

[169] Toujours les lois de la galanterie; toujours la pratique du Cyrus et de la Clélie. Bussy lui-même s'est conformé aux usages convenus et a inventé les billets, les petits vers et les conversations amoureuses en honneur dans les romans du temps.

[170] Nous rentrons ici dans le texte du Palais-Royal, t. II, p. 41 et suiv.

[171] Sur l'amour de Madame pour le Roi, voy. t. II, p. 99.

[172] Le dictionnaire de l'Académie françoise (5e édition) admet ce mot dans le sens où il est employé ici, c'est-à-dire de complaisante. Ni Richelet, ni Furetière dans leurs diverses éditions, ne l'ont enregistré.

[173] Voy. t. II, p. 8.

[174] Voy. t. II, p. 42.

[175] Sur cette première retraite à Chaillot, voyez t. II, p. 42.

[176] Le Palais Brion (et non Biron, comme on l'a imprimé par erreur, t. II, p. 44) étoit un lieu de plaisir où tantôt le Roi, tantôt le jeune duc d'Anjou son frère, donnoient fréquemment des dîners et des bals, dans les plus mauvais jours de la Fronde. Loret dans sa Muze historique (1er vol.), décrit souvent des fêtes de ce genre, et certains incidents qu'il relève donnent une curieuse idée des mœurs du temps.

[177] Ici l'auteur, pour abréger, passe quelques circonstances qui se lisent dans le Palais-Royal. T. II, p. 44.

[178] Dans le Palais-Royal ces prétendus vers sont remplacés par une lettre, t. II, p. 45.

[179] Pour tout ce qui suit, voy. II, 47.

[180] Dans son Teatro gallico (Amst., 1691, 3 vol. in-4o, t. I, pp. 524-525), Gregorio Leti dit: «Tra le donne che odiavano il più nella corte La Valiera, vi erano la duchessa di Orleans e la contessa di Soissons»; parmi les dames de la Cour qui détestoient le plus La Valière, étoient la duchesse d'Orléans et la comtesse de Soissons.—Mais il ajoute: «Fù cosa miravigliosa che, nell'orditura di questa cabala si scontrasse che fossero senza parte alcuna la principessa Palatina, la duchessa di Soubize, e la signora di Luynes, che s'andava susurrando nella corte che ciascuna di queste havesse pretentione di poter colpire agli amori col Rè... ma potrebbe qui dirmi alcuno, e chi poteva sapere il segreto del cuore di queste Dame, e d'altre che aspirassero agli amori del Rè? Questo io non so,... ma un certo cavaliere in Parigi, che mi honorava di confidar meco molte memoriette, mi disse un giorno... che nel tempo che si erano incaloriti gli amori del Rè con La Valiera non vi era dama alcuna nella corte di qualche garbo e bellezza che non mostrasse gelosia visibile, e che lui stesso haveva inteso dire a molte «La Valiera è più fortunata di tutte noi.»—Ce fut une chose merveilleuse que, pendant que se tramoit cette cabale, la princesse Palatine, la duchesse de Soubise et madame de Luynes n'y prirent aucune part, bien qu'on murmurât dans la Cour que chacune d'elles eût des prétentions à l'amour du Roi. Mais qui pourroit me dire le secret du cœur de ces dames et des autres qui aspiroient à l'amour du Roi? Je ne sais, mais un gentilhomme de Paris qui m'honoroit de sa confiance et m'a fourni quelques petits mémoires me disoit que, au temps où les amours du Roi avec La Valière étoient dans toute leur ardeur, il n'y avoit à la Cour aucune dame de quelque élégance et de quelque beauté qui ne s'en montrât visiblement jalouse, et que lui-même avoit entendu dire à plusieurs: La Valière est plus heureuse que nous.»

[181] Voy. t. II, p. 49.

[182] Ici s'arrête l'emprunt fait au Palais-Royal, t. II, p. 49. Il reprend, après un passage visiblement interpolé, à ces mots: «Sa Majesté ayant quitté le marquis de Bellefonds, le jour suivant vit,... etc.»

[183] Le traité dont il est question ici est évidemment le Traité de Breda, signé entre l'Angleterre, d'une part, la France, le Danemarck et la Hollande de l'autre. Le traité, dit le P. d'Avrigny, fut ratifié le 24 du mois d'août. Il portoit entre autres choses que les Etats-généraux envoyeroient des commissaires à Londres pour le règlement du commerce des Indes.

Mais dès le mois de janvier 1668, l'Angleterre, la Suède et la Hollande, alarmées des conquêtes que le Roi de France faisoit en Flandre, signèrent un traité par lequel ils s'engageoient à fournir chacune 15,000 hommes pour la défense des Pays-Bas, que le Roi d'Espagne n'étoit pas en état de défendre... Les confédérés firent dire à Louis XIV qu'ils ne vouloient que la paix, mais qu'ils se déclareroient contre celui qui ne la voudroit pas avec eux. Le Roi répondit qu'il étoit près de la conclure pourvu qu'on lui cédât ses conquêtes. On s'assembla là-dessus à Aix-la-Chapelle, et, pendant qu'on négocioit, il entreprit la conquête de la Franche-Comté.

[184] En 1668. Louis XIV revendiquoit la Franche-Comté au même titre que la Flandre, en vertu des droits de la reine, fille de Philippe III.

[185] Le prince de Condé, que le marquis de Louvois vouloit, en quelque sorte, opposer à Turenne, dont la faveur lui donnoit de l'ombrage, prit Besançon en deux jours, malgré la saison (7 février 1668).—Voy. Mémoires du P. d'Avrigny.

[186] La ville envoie vers Condé deux députés. Ceux-ci «se plaignent qu'on les attaque, étant comme ils sont ville impériale, en paix avec le Roy très-chrétien, aussi bien que tout l'Empire, et ne luy en ayant jamais donné le sujet; offrent ensuite de le recevoir, s'il vient, mais en cette qualité de ville impériale; passent enfin jusques à le choisir pour protecteur, aux mêmes conditions que Louis XI l'avoit été.» Le prince de Condé refuse, et la ville est obligée de se rendre: «ainsi le prince qui n'avoit paru devant cette place que le sixième février, y entra le lendemain septième au matin.» Pellisson, Hist. de Louis XIV, liv. V.

[187] Il semble que les deux paragraphes précédents, étrangers au récit, aient été interpolés.

[188] Voy. t. II, p. 49 (texte et notes), pour tout ce qui suit. Les deux textes ont cependant quelques légères différences.

[189] Mémoires de Montpensier, 1662. «Le Roi se promenoit souvent pendant l'hiver avec la Reine: il avoit été avec elle deux ou trois fois à Saint-Germain et l'on disoit qu'il avoit regardé La Mothe-Houdancourt, une des filles de la Reine, et que La Valière en étoit jalouse. C'étoit la comtesse de Soissons qui conduisoit cette affaire, et la Reine haïssoit plus La Mothe que La Valière; elle eût eu plus de penchant à croire que le Roi en étoit amoureux qu'à voir qu'il l'étoit de l'autre.» Suit l'histoire des grilles posées aux fenêtres, et qui se retrouvent au matin dans la cour, du refus de Mlle de La Mothe qui auroit osé dire au Roi: «Je ne me soucie ni de vous ni de vos pendants d'oreilles, puisque vous ne voulez pas quitter La Valière.»—«Or, ajoute Mademoiselle, ceux qui voyoient le plus clair étoient persuadés que le Roi ne s'empressoit auprès de La Mothe que pour cacher la passion qu'il avoit pour La Valière.»

[190] Le paragraphe suivant, jusqu'au milieu du paragraphe où l'on voit le Roi chez La Valière, rêvant et lisant, ne se retrouve pas dans le Palais-Royal.

[191] Nous rentrons dans le texte du Palais-Royal, mais avec d'assez notables différences. Cf. t. II, p. 51-52.

[192] Ce qui suit n'est pas dans le texte du Palais-Royal.

[193] Voir t. II, p. 53, les notes et le texte. Ce qui suit en diffère notablement.

[194] Voy. t. II, p. 73.

[195] Le récit qui suit se retrouve t. II, pp. 87-88.

[196] Claire-Clémence de Maillé Brézé, née en 1628, fille de Urbain de Maillé, marquis de Brézé, maréchal de France, etc., et de Nicole du Plessis de Richelieu, sœur puînée du cardinal. Mariée le 11 février 1641 à Louis de Bourbon, prince de Condé, elle mourut le 16 avril 1694. Les Mémoires de Lenet parlent longuement de sa conduite politique pendant la Fronde; après cette bruyante époque, il est assez peu, mais assez mal parlé d'elle.

[197] Voy. t. II, p. 69.

[198] Voy. t. I, p. 163.

[199] Le prince Louis-Charles de Courtenay avoit dû épouser Hortense Mancini. Fils du prince Louis de Courtenay et de Lucrèce-Chrétienne de Harlay, il étoit né en 1640. Après l'expédition de Gigery, il avoit suivi le Roi en Flandre et fut blessé à Douai (1667). Il épousa, le 9 janvier 1669, Marie de Lameth, de qui il eut un fils tué au siége de Mons, en 1691; puis, en secondes noces, Hélène de Besançon. Il mourut le 28 avril 1723, âgé de 83 ans.

[200] Tout ce paragraphe encore est un hors d'œuvre.

[201] Voy. sur Mme de Créqui et le légat, t. II, p. 80.

[202] Voy. t. II, p. 80.

[203] Voy. t. II, p. 145 et suiv.: «la Princesse, ou les amours de Madame.»

[204] Encore un épisode étranger au récit principal.

[205] Le 29 juin 1670, selon le P. Buffières, le 30 juin, suivant le P. d'Avrigny.—Voy. Floquet, Études sur la vie de Bossuet, t. III, p. 410, et une longue note à la fin du 2e vol. des Mémoires de Saint-Simon, édit. en 13 vol.

[206] Voy. t. II, p. 359, l'histoire de Mme de Montespan.—De longues pages sur Mlle de La Valière; six lignes pour Mme de Montespan: on voit combien ce pamphlet laisse à dire.

[207] Voy. t. III, p. 3, le Passe-temps royal ou les amours de Mlle de Fontanges. On y retrouve tout ce qui suit; mais de nombreux passages ont été supprimés ici, pour abréger.

[208] Le Passe-temps royal dit: «avec madame D. L. M.»—Le nom de Mme de Maure, qui étoit morte à la fin d'avril 1663, est une preuve, qui s'ajoute à toutes les autres, de la négligence avec laquelle a été faite cette fade compilation.

[209] Mot forgé par l'auteur et qui ne se trouve pas dans le Passe-temps royal, d'où ce récit est tiré.

[210] Cet épisode, comme plusieurs des précédents, ne se rattache en aucune façon au récit.

[211] Il ne s'agit pas encore ici de la grande expédition commandée par les ducs de Beaufort et de Navailles à la tête de plus de 5,500 François (25 juin 1669), mais d'une sorte de coup de main tenté par quelques gentilshommes, nommés ici, et qui, d'après les Fastes de la maison de Bourbon, abordèrent à Candie le 29 avril 1668.

[212] Le comte de Saint-Paul, fils de la célèbre duchesse de Longueville, la sœur du grand Condé. Né le 29 janvier 1649, Charles-Paris d'Orléans, duc de Longueville, comte de Saint-Paul, fut tué au passage du Rhin le 12 juin 1672.

[213] Henri-Ignace de La Tour d'Auvergne, neuvième enfant de Frédéric-Maurice de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon et de Eléonore-Fébronie de Bergh, neveu de Turenne. Il mourut le 20 février 1675.

[214] Les Fastes de la maison de Bourbon le nomment comte de La Feuillade. En effet, le comte puis duc de La Feuillade avoit bien le duché de Roannez, que sa femme, Charlotte Gouffier lui avoit apporté en dot en avril 1667; mais Charlotte Gouffier tenoit ce duché de son frère Artus, qui en conserva le nom jusqu'à sa mort en 1696.

[215] Voy. ci-dessus, p. 265, [note].

[216] Dans le Passe-temps royal, le nom de la duchesse de Créqui est remplacé par celui de la duchesse d'A. ou d'Arpajon, et les vers qui suivent par un énigme digne de ceux qui figurent dans les gaillardes poésies du capitaine Lasphrise.

[217] Ici, nous rentrons dans le texte du Passe-temps royal, III, 49.

[218] Voy. t. III, p. 49.

[219] Le texte de ce billet et du suivant diffère de celui des billets écrits dans le même sens et dans les mêmes circonstances, et reproduits dans le Passe-temps royal.

[220] Voy. t. II, p. 469.

[221] Ces vers ne se trouvent pas dans le Passe-temps royal.

[222] On connoît les stances de Voiture «sur une dame dont la jupe fut retroussée en versant dans un carosse à la campagne»; mais c'étoit à une époque antérieure. Loret raconte une aventure semblable et ne tarit pas en éloges sur les beautés qui furent alors dévoilées aux curieux.—C'est à Mlle de Longueville, sage et respectée, que Loret adressoit les Lettres en vers de sa Muze historique.

[223] Le Passe-temps royal nomme cette fille d'honneur Mlle de Beauvais. Voy. t. III, p. 54.

[224] La seconde madame, Charlotte-Elisabeth de Bavière, la princesse Palatine, mère du Régent: elle avoit épousé le duc d'Orléans, veuf de madame Henriette, le 16 décembre 1671.

[225] Marie-Anne-Christine-Victoire de Bavière, qui avoit épousé monseigneur le Dauphin, le 28 janvier 1680. Cette princesse étoit fille de Ferdinand-Marie, duc de Bavière, et de Adelaïde-Henriette de Savoie; elle mourut le 20 avril 1690.

[226] Le dialogue qui suit manque dans le Passe-temps royal.

[227] Le Passe-temps royal arrête ici le récit des amours du Roi et de Mlle de Fontanges. Ce qui suit ne se retrouve pas dans les pamphlets de ce Recueil.

[228] Encore une interpolation dans le texte. Au milieu des amours de Mlle de Fontanges (1680), l'auteur revient sur la campagne de Flandre (1667), dont nous avons déjà parlé.

[229] Voy. t. II, p. 80.

[230] Voy. ci-dessus, p. [265].

[231] Voy. t. II, pp. 467 et suiv., t. III, p. 58.

[232] «Le 28 du mois dernier, dit la Gazette de France du 5 juillet, Marie-Angélique de Scorailles, duchesse de Fontanges, mourut à Port-Royal, au faubourg Saint-Jacques, après une longue maladie, âgée de 22 ans. Son corps a été enterré dans l'église de ce monastère, et son cœur a été porté en l'abbaye royale de Chelles, dont sa sœur est abbesse.»

[233] Voy. t. III, pp. 65 et suiv.

[234] La jouissance de la terre de Chantilly avoit été donnée par la reine Anne d'Autriche au prince de Condé; Louis XIV la lui abandonna, en toute propriété, en 1661.

[235] Ces fêtes mythologiques, dans le goût de la fête donnée à Rambouillet à Cospeau, sont bien de ce temps où les femmes aimoient à se faire peindre en déesses, surtout en Dianes.—Voy. Cospeau, évêque d'Aire, de Nantes et de Lisieux, sa vie et ses œuvres, par Ch.-L. Livet, 1 vol. in-12.

[236] Les nouvelles fortifications de Dunkerque étoient achevées depuis le mois de mai 1671; le Roi, qui avoit visité la place le 2 décembre 1662, quelques jours après la prise de possession qui est du 27 novembre, n'y retourna point l'année qui suivit la mort de Mlle de Fontanges.

[237] Dunkerque put supporter, en 1694 et 1695, deux bombardements sans en trop souffrir. Les fortifications furent détruites en 1712, à la suite du traité d'Utrecht.

[238] On lit dans les Fastes des rois de la maison de Bourbon, sous la date du 3 juin 1672: «le Roy prend Orsay en trois jours; le vicomte de Turenne prend Buric en deux jours;» et sous la date du 4: «M. le Prince réduit Vesel en trois jours.»

[239] Rien n'est plus faux que ce sentiment odieux prêté à Mlle de La Valière, qui, depuis son entrée au couvent, fit l'admiration de toute la Cour et de tout son couvent par son détachement sincère des choses du monde.

[240] L'opinion publique alla même jusqu'à accuser Mme de Montespan d'avoir empoisonné sa rivale. Le Roi, craignant un scandale, défendit qu'on fît l'autopsie du corps de Mlle de Fontanges. Voy. sur cette affaire, sur les dépositions de la Filastre, témoin dans le procès de la Voisin, etc., Mme de Montespan, par P. Clément, 1 vol in-8o, Paris, Didier, pp. 402-405.

[241] Mlle de Montpensier. En cette année 1681, Lauzun quittoit Pignerol, où il avoit été enfermé dans le temps où Fouquet y étoit lui-même, et venoit prendre les eaux à Bourbon, où il rencontra Mme de Montespan. Il ne reparut devant le Roi qu'en 1682. Toute la conversation qui suit est imitée d'un passage analogue qu'on a pu lire au t. II, pp. 259 et suiv.

[242] Ces mots «poussez votre fortune» sont prêtés à Mme de Montespan, dans le Perroquet ou les Amours de Mademoiselle.—Le Roi les répète, après Mme de Montespan. Voy. II, 261. Mais, d'après ce dernier libelle, c'est en 1670 que cet entretien auroit eu lieu.

[243] Voy. t. III, pp. 194 et 489. Ce n'est certainement pas avec lui que le Roi peut avoir eu la conversation rappelée ici; et s'il s'agit du vicomte de Turenne, il étoit mort depuis le 27 juillet 1675.

[244] Il n'y avoit pas de duchesse de Gerzay, mais une marquise de Jarzé, de la famille de celui dont il a été parlé, t. I, p. 74. Le Jarzé dont il s'agit ici acheta en 1685 le régiment d'Hamilton au prix de 11,000 écus; en 1688 il eut le bras emporté à Philipsbourg; il conserva cependant son régiment jusqu'en 1691, et le vendit alors 40,000 francs au marquis de Montendre. En 1692, il voulut racheter le régiment de dragons de Barbezières au prix de 80,000 francs: le Roi ne lui permit pas de reprendre du service, après l'avoir quitté. Nous le retrouvons le 18 avril 1708 nommé ambassadeur en Suisse et autorisé à ne se rendre à son poste qu'au mois de septembre; mais, dans l'intervalle, étant à son château de Jarzé en Anjou, il fit une chute si malheureuse qu'il fut hors d'état de s'acquitter de son emploi et dut donner sa démission. Son avarice y trouvoit son compte. Sa femme et sa mère se félicitoient fort, après qu'il eut quitté l'armée, de pouvoir le retenir en Anjou: peut-être ne furent-elles pas étrangères au parti qu'il prit de renoncer à son ambassade. Voyez Saint-Simon, Dangeau, Sévigné, etc.

[245] Il s'agit de la deuxième femme du duc, Marguerite-Louise de Béthune, veuve du comte de Guiche, qu'il épousa le 6 février 1682. Celle-ci, qui s'étoit mariée pour la première fois le 23 janvier 1658, avoit alors 37 ans. Mais, en 1704 (3 mars), Mme de Coulanges écrivoit à Mme de Grignan: «Nous avons eu la duchesse du Lude quatre jours ici. Cela devient ridicule d'être aussi belle qu'elle l'est; les années coulent sur elle comme l'eau sur la toile cirée.»—Saint-Simon dément ce qu'on dit ici du plaisir que trouvoit le Roi dans la conversation de la duchesse. Voici d'ailleurs le portrait qu'il trace d'elle:

«La duchesse du Lude étoit sœur du duc de Sully, fille de la duchesse de Verneuil et petite-fille du chancelier Séguier. Elle avoit épousé en premières noces ce galant comte de Guiche, fils aîné du maréchal de Grammont, qui a fait en son temps tant de bruit dans le monde, et qui fit fort peu de cas d'elle et n'en eut pas d'enfants. Elle étoit encore fort belle (1696) et toujours sage, sans aucun esprit que celui que donne l'usage du grand monde et le désir de plaire à tout le monde, d'avoir des amis, des places, de la considération, et avoir été dame du palais de la Reine: elle eut de tout cela, parce que c'étoit la meilleure femme du monde, riche, et qui, dans tous les temps de sa vie, tint une bonne table et une bonne maison partout, et basse et rampante sous la moindre faveur, et faveur de toutes les sortes. Elle se remaria avec le duc du Lude par inclination réciproque... Elle demeura toujours attachée à la Cour, où sa bonne maison, sa politesse et sa bonté lui acquirent beaucoup d'amis, et où sans aucun besoin, elle faisoit par nature sa cour au ministre, et tout ce qui étoit en crédit, jusqu'aux valets. Le Roi n'avoit aucun goût pour elle, ni Mme de Maintenon; elle n'étoit presque jamais des Marlys, et ne participoit à aucune des distinctions que le Roi donnoit souvent à un petit nombre de dames.»

Est-il besoin de dire maintenant que la conversation qui suit n'est ni vraie ni vraisemblable?

[246] Voy. la [table].

[247] Louis de Lorraine, comte d'Armagnac, fils aîné du comte d'Harcourt «cadet la Perle,» l'ami du poète Saint-Amant. Il étoit frère du chevalier de Lorraine et du comte de Marsan. Né en 1641 il mourut en 1718. Il avoit épousé Catherine de Neufville. La prétendue passion dont il est parlé ici n'est connue que par ce libelle.

[248] Denis Talon, fils d'Omer Talon II et de Françoise Doujat, succéda à son père dans sa charge d'avocat-général au Parlement, en 1652. On lui attribue à tort, selon Moréri, le livre de l'Autorité des Rois qui est de Rolland Le Vayer de Boutigny. Il avoit épousé Marie-Elisabeth-Angélique Favier du Boulay, dont il eut Omer Talon III, marquis du Boulay, qui quitta la robe, où sa famille s'étoit illustrée, pour l'épée. Denis Talon mourut en 1698.

[249] Charles de Lorraine, comte de Marsan, frère cadet du comte d'Armagnac (p. 294, [note]) et du chevalier de Lorraine, «qui n'avoit ni leur dignité ni leur maintien,» et dont ils ne faisoient aucun cas, dit Saint-Simon, étoit «un extrêmement petit homme, trapu, qui n'avoit que de la valeur, du monde, beaucoup de politesse et du jargon des femmes, aux dépens desquelles il vécut tant qu'il put... M. de Marsan étoit l'homme de la cour le plus bassement prostitué à la faveur et aux places, ministres, maîtresses, valets, et le plus lâchement avide à tirer de l'argent de toutes mains.» Il avoit épousé, le 22 décembre 1682, la marquise d'Albret, qui mourut sans enfants le 13 juin 1692, et, en secondes noces, Mme de Seignelay, sœur des Matignon (21 février 1696), qui mourut en décembre 1699, lui laissant deux fils.

[250] Les lettres-patentes pour la fondation de Saint-Cyr sont de juin 1686; c'est seulement du 30 juillet au 2 août de cette même année que les jeunes filles reçues précédemment à Noisy passèrent à Saint-Cyr, et le 3 août qu'eut lieu l'inauguration de la maison. Dans la liste, si complète, des demoiselles élevées à Saint-Louis, et donnée par M. Lavallée à la suite de son ouvrage Mme de Maintenon et la maison royale de Saint-Cyr, on ne trouve pas le nom de Mlle de Béthune.

[251] L'auteur veut dire, et il l'explique plus loin, que: «le comte de Marsan, qui sollicitoit tous les jours Mme de Maintenon pour Mlle de Béthune..., étoit journellement chez elle, c'est-à-dire chez la marquise.»

[252] L'église de Saint-Lazare étoit le seul bâtiment qui fût resté de l'ancien hôpital de Saint-Lazare, après que saint Vincent de Paul en eut pris possession.—Saint-Lazare est devenu une prison de femmes, rue du Faubourg-Saint-Denis.

[253] Le comte de Marsan n'avoit pas de tante qui se nommât Mme de La Roche, ni du côté de son père ni du côté de sa mère.

[254] Il faudroit évidemment: «et le conduisirent»; mais nous suivons fidèlement le texte.

[255] Le siége de Saint-Omer, et la prise de la ville par Monsieur, frère du Roi, après 20 jours de tranchée, est du 20 mai 1677. On voit quelle confusion dans les dates.

[256] Le duc de La Feuillade avoit été fait maréchal de France en 1675.

[257] Aucune des demoiselles de Grancey ne figure sur les listes des demoiselles élevées à Saint-Cyr.

[258] La famille de Grancey n'avoit aucune alliance qui pût faire du marquis de Joyeuse ou du marquis de Villars des cousins de mesdemoiselles de Grancey.

[259] Quand les églises paroissiales ont été unies à des chapitres séculiers ou réguliers ou à d'autres bénéfices, les titulaires de ces bénéfices prennent le titre de curés primitifs. Les vicaires qui desservent les paroisses au lieu des curés primitifs doivent être perpétuels; par déclaration du Roi du 15 janvier 1731, les vicaires perpétuels ont le droit de prendre en tous actes la qualité de curés. (Loix ecclés. de France, par Louis d'Héricourt, 1 vol. in-fol., 1771, p. 420, col. 1.)—Les titulaires des bénéfices ne donnoient à leurs vicaires (ou curés) perpétuels qu'une pension aussi peu élevée que possible, et il y avoit, en effet, nécessité d'aviser: «Si l'on entroit, dit le comte de Boulainvilliers, dans le détail de la pauvreté du quart des curés du royaume, il se trouveroit qu'il n'y en a pas un qui ne soit mercenaire sordide, et qui n'ait une subsistance incomparablement moindre que les plus vils domestiques ne l'ont à Paris.» (6e mém.)

[260] Elégant.

[261] Tout-à-fait.

[262] Lisez: le marquis de Rannes, Nicolas d'Argouges, lieutenant-général des armées du Roi, colonel-général des dragons; il avoit épousé Charlotte de Bautru. Il fut tué en Allemagne en 1678, laissant un fils qui exerça dans l'armée des emplois considérables.

[263] Le 11 août 1674, le prince d'Orange fut défait, avec trois armées, à la bataille de Senef, par le prince de Condé. Notons toujours la même confusion dans les dates.

[264] Voy. la [table].—Charles-Henri de Lorraine, prince de Vaudemont, fils du duc Charles IV et de Mme de Cantecroix, sa femme de campagne, comme on l'appeloit, servoit contre nous.—C'est donc encore un nom mis au hasard.

[265] Personnage imaginaire.

[266] Le jeu de l'Hombre ne figure dans la maison des jeux académiques de Lamarinière ni en 1654 ni en 1665. Mais l'Académie universelle des jeux (1718) ne consacre pas à ce jeu moins de 65 pages, dont les huit dernières sont un glossaire des termes employés.—Hombre, dit-on, c'est le nom du jeu; il nous vient des Espagnols et tient beaucoup du flegme de la nation.—En esp., hombre signifie homme.

[267] Le teorbe ou plutôt tuorbe (en italien tiurba, du nom, dit-on, de l'inventeur), étoit une sorte de luth à deux manches.

[268] Nous avons vainement cherché sur ce Desnué, qui cependant n'est pas inconnu, des renseignements dans l'état des musiciens de la chambre du Roi et de Monsieur, dans le Livre commode des adresses (1692) parmi les professeurs de musique, dans le Parnasse français de Titon du Tillet, dans le Dictionnaire biographique des musiciens, de Fétis, dans Saint-Simon et Dangeau, etc.

[269] «Les Turcs n'ont point de lits, dit Furetière, mais seulement des matelas qu'ils étendent la nuit sur un sopha.» Vo lit.

[270] «Crespine de fil d'or, ou d'argent ou de soie, qui se termine en petites houpes façonnées et qui représentent une cloche (campana). On en met aux pentes d'un lit, aux impériales de carosses et aux autres endroits où on veut mettre de riches crespines.»—Furetière, vo campane.

[271] Le long épisode qu'on vient de lire ne se rattache en aucune façon ni à ce qui précède ni à ce qui suit.

[272] Le P. de la Chaise.

[273] Peut-être.

[274] Il y avoit, à cette époque, un capucin nommé le P. Ange qui s'occupoit beaucoup de médecine. Mme de Sévigné en parle assez souvent. Il fut appelé auprès de Mme la Dauphine en 1690. On a bien publié une Histoire du roy Louis le Grand par les médailles, emblèmes, devises, jetons, etc., etc., dont la 2e édition, augmentée de 5 pl., est de 1693. Mais l'auteur est le P. Claude-François Ménétrier. Ce qu'on trouve le plus dans son ouvrage, c'est le Roi en Jupiter, en Apollon, en Hercule et en Soleil. Nous n'avons pas trouvé de fleuve Achéloüs.

[275] C'est-à-dire: et qu'une main autre pour eux que pour le reste des hommes réglait leur sort.

[276] Voir plus haut les Amours de Louis XIV et de Mlle du Tron.

[277] Nom imaginaire, comme celui de Mlle Gisson, qui suit.

[278] Voy. la note précédente.

[279] Nom imaginaire.

[280] Le nom de Mme de Chartres nous reporte au-delà de 1692, puisque c'est le 12 février de cette année que Philippe d'Orléans, duc de Chartres, fils du duc d'Orléans et neveu de Louis XIV, épousa mademoiselle de Blois, légitimée de France, fille du Roi et de Mme de Montespan, née en juin 1677.

[281] François-Louis de Rousselet, comte de Châteaurenaud, étoit à cette époque un des quatre lieutenants-généraux des armées navales. En 1661, il étoit déjà enseigne de vaisseau; en 1672, chef d'escadre; grand'croix de l'ordre de Saint-Louis, à la création, il fut nommé maréchal de France en 1703, et mourut en 1716. Il eut un fils qui fut capitaine de vaisseau et chevalier de Saint-Louis. Le dernier fait d'armes maritime que rapporte de lui la Gazette, entre 1687 et 1703, consiste dans la part qu'il prend à la défaite des flottes anglaise et hollandaise sur les côtes d'Angleterre (Extraord. du 27 juillet 1690).

[282] Une des petites-filles du Grand Condé, née du prince Henri-Jules et d'Anne de Bavière, seconde fille d'Edouard de Bavière, prince palatin du Rhin et d'Anne de Gonzague; deux princesses portèrent ce nom: l'une étoit Marie-Thérèse, née en 1666, mais qui étoit mariée à cette époque, puisqu'elle épousa, le 29 juin 1688, le prince de Conti; l'autre étoit Anne-Louise-Benedicte de Bourbon, née le 8 novembre 1676; le 19 mars 1692 elle épousa le duc du Maine, un mois environ après le mariage de Mlle de Chartres.

[283] Un marquis du Bordage fut tué à la prise de Philisbourg, par le Dauphin, octobre 1688: il commandoit un régiment que le Roi donna au duc du Maine, le futur époux de mademoiselle de Bourbon. (Voy. la note précédente.) Le fils obtint du Roi la promesse d'un régiment, et mille écus de pension. René de Montboucher, marquis du Bordage, ayant épousé en 1669 Elisabeth Goyon, héritière du marquis de La Moussaye, son fils étoit bien jeune vers 1690 ou 1692, date approximative de ce pamphlet, pour oser porter si haut ses visées. Mais on sait combien peu de confiance mérite ce libelle.

FIN.