CONCLUSION.
Childéric régna glorieusement sur un peuple dont il assura le bonheur. Le comte Pol, qui obtint dans les Gaules le commandement confié à Egidius, ayant voulu troubler la paix de ses états, fut battu complètement, et forcé de se retirer à Soissons. Bazine, sur le trône, se montra toujours sensible au malheur, douce, bienfaisante, accessible aux infortunés; elle eût consolé le roi de ses disgrâces, s'il en eût éprouvé, elle ajouta à son bonheur; de cet hymen heureux naquirent la superbe Audeflède, épouse célèbre de Théodoric, roi des Ostrogoths, et le fameux Clovis, si digne des grands rois qui l'avoient précédé, et des rois plus grands encore qui lui succédèrent: heureux époux de la belle Clothilde, il fut le premier roi chrétien, et par la défaite de Siagrius, général romain, et la prise de Soissons, mit fin à l'empire des Romains dans les Gaules. Les Français, l'an 510, c'est-à-dire quatre-vingt-dix ans après l'entrée de Pharamond dans les Gaules, possédoient déjà toutes les provinces situées entre le Rhin, la Seine et la Loire. D'aussi rapides, d'aussi immenses conquêtes ont étonné l'univers jusqu'au moment où un nouveau génie, rallumant les feux indomptables de cette nation belliqueuse, laissa à peine à la renommée le tems de redire ses triomphes!
Viomade, que Bazine avoit nommé son père, en eut tous les droits, en inspira tous les sentimens. Berthilie resta près de la reine, et aima toujours Eginard avec la plus vive passion; elle eut quelques momens de jalousie, mais très-courts, et dont son époux sut bien la consoler. Elénire conserva sa pureté, sa douceur et l'amour de Valamir. Eusèbe fut honorée à la cour; la reine l'aima toujours tendrement. Théobard retourna en Thuringe, mais il finit par se fixer près de sa fille. Tournay eut la gloire de conserver ses rois: ce fut l'an 1653 que l'on y découvrit le tombeau de Childéric, de ce prince dont l'étonnante destinée fut agitée dès sa naissance, et qui reçut du malheur ces leçons ineffaçables qui font les grands rois et les grands hommes.