A UNE CRÉOLE BLONDE
O toi qu’admire Fort-de-France
D’où te vient ce beau teint si frais ?
— Du Morne Rouge les forêts
Ont bercé ma petite enfance.
Et ce port, ces gestes fleuris,
Cette élégance sans seconde ?
— Vers la liane pourpre ou blonde
J’ai vu voler les colibris.
Née au pays des Sapotilles
D’où te viennent ces yeux si bleus ?
— Ils ont illuminé mes yeux
Les flots de la mer des Antilles.
Le fruit de ta bouche est vermeil
Et ta chevelure te dore.
— Ah ! je me baigne dans l’aurore ;
Je suis la fille du soleil !
Je suis blonde et je suis créole.
Mon parler est un chant d’oiseau.
J’ai la souplesse du roseau
Et l’éclat de la luciole.