CHANT DANS LA TEMPÊTE

Ecoutons la chanson du mât,

La chanson du mât de misaine,

Qui fut, sous un autre climat,

Un grand arbre bleu dans la plaine.

Lui qui charmait l’air du vallon,

Il est nu sur la mer sauvage.

Il a pour fleur le pavillon !

Il a les agrès pour feuillage !

Se souvient-il des grands étangs

Où se miraient les pâles Ourses ?

Se souvient-il des courts printemps

Où riaient les nymphes des sources ?

Ecoutons le large soupir

Du mât de misaine en détresse.

O mon cœur, que va devenir

L’arbre vert de notre jeunesse ?