LA RESSEMBLANCE DIVINE
Un soir que je passais, froid rêveur sous la nue,
Songeant toujours à l’amour mort,
Deux yeux miraculeux, deux yeux d’azur et d’or
Etincelèrent à ma vue.
Et soudain je crus voir le « beau Lys d’autrefois »
Comme si les cruelles lois
N’avaient pas existé pour Elle.
Celle qui vint avait sa voix
Sa voix légère
Sa voix sincère
Sa jeune voix au frisson d’eau…
Elle dit : « Que l’Amour est beau !
De ton désir j’ai le visage.
Je suis le but de ton voyage.
A l’arbre de la volupté
Je suis la fleur dernière éclose.
Je serai ta félicité,
Ton Lotus, ton Jasmin, ta Rose.
Chaque jour renaît virginale
La forme ivre de la beauté.
Je viens du pays d’Euryale
Et j’ai les yeux d’Aphrodité.
Je ne te dirai pas ma vie
Et tu ne sauras pas mon nom.
Je suis l’Image poursuivie,
Par le rêveur au triste front.
Quand tu m’auras baisé les lèvres
Ton cœur n’aura plus de regret
Je vais guérir toutes tes fièvres
Par ma caresse sans apprêt. »…
Hymen ! Hymen ! O Hyménée !
La nuit est tendre et surannée.
Paris soudain s’est transformé !…
Et voici les hamadryades,
Dansant sous les fines Pléiades,
Au bord d’un beau fleuve embaumé !