L’APPEL DE L’ATLANTIQUE

Rose, la mer baignait les promontoires bleus.

De grands oiseaux planaient, sollicitant le rêve.

Une voix murmura : « Quitte donc cette grève !

Va voir d’autres pays aux visages heureux !

« Il faut te dépêcher de vivre, l’heure approche

Où tes yeux n’auront plus la clarté des étangs.

Quelque jour, l’avenir te fera le reproche

De n’avoir pas assez savouré les printemps.

« Il faut d’un bel amour la flamme généreuse

Pour guérir l’autre amour en ton cœur insensé.

Ce n’est pas dans ton île, oasis merveilleuse,

Qu’on trouve le Lotus et qu’on trouve Circé.

Non loin d’ici rayonne une Antille enchantée

Où tu pourras cueillir un rapide bonheur.

N’en demande pas plus et sous la voie lactée

Débarque, en pleine nuit, dans la belle île en fleur.

« Pars et va-t’en chercher le suprême antidote.

D’autres yeux te feront oublier son œil clair.

Qu’il est doux dans le bois le cri de la hulotte !

Ah ! que le clair de lune est divin sur la mer ! »