LE JOUR
Le jour trop beau blesse mon cœur d’un glaive d’or.
Pourquoi, pourquoi, toujours cette étrange tristesse
Devant cet horizon rayonnant d’allégresse
Où la vague infinie et muette s’endort ?
Qu’il fut divin le bain dans la mer sous le fort !
Chaque lame traînait une tiède caresse,
Mais un vague tourment me poursuit et m’oppresse ;
Devant le ciel trop beau l’esprit songe à la mort.
Ah ! que vienne bientôt l’instant où les Centaures
Luiront sur le haut cap battu des flots sonores ;
Alors je sentirai le calme m’envahir ;
La lune nagera dans des vapeurs rosées
Et très fraîche sera la voix du souvenir
Mêlée aux longs soupirs des brises apaisées.