LE VOILIER

Au siècle des vapeurs et de l’aéroplane,

Un blanc voilier qui passe à l’horizon du soir,

Alors que l’Océan brille comme un miroir,

N’est en réalité qu’une lourde tartane.

Mais quelque chose évoque, en l’heure diaphane,

Où les yeux de la nuit vont percer l’azur noir,

L’âme des temps passés et le rêve croit voir

Des feux de Caraïbe au fond de la savane.

Le blanc voilier, glissant sous l’éther tropical,

Revient de Montserrat et loin de l’air natal

Porte un maigre troupeau de chèvres au col grêle.

Mais telle est la splendeur du ciel et du décor,

Qu’il semble qu’en la nuit d’azur, ta Caravelle,

O Cristobal Colon vogue sur les flots d’or.