NOTES
SUR LE VINGT-DEUXIÈME CHANT
[1] Le poëte fait allusion à la bataille de Campaldino, gagnée sur les habitants d'Arezzo. Il s'y comporta fort bien. On a vu qu'il a déjà fait mention de la prise de Caprone, à laquelle il avait contribué. Il est rare que les poëtes tirent leurs comparaisons des affaires où ils se sont trouvés: mais Dante était poëte et guerrier à la fois.
[2] On est fâché que Dante revienne encore ici à l'insolente trompette dont s'était servi ce diable, et qu'il arrête si longtemps l'imagination du lecteur sur cette idée, en l'entourant de tant de comparaisons, pour la faire mieux ressortir.
[3] Le poëte, par cette expression proverbiale, paraît vouloir s'excuser de la bassesse et des expressions burlesques de ses diables. Le traducteur a tâché de voiler par la noblesse de son style la naïveté grossière de son texte. Il a négligé de rendre les noms que Dante donne à ces dix démons, parce qu'ils sont d'une harmonie ridicule; et parce que le court rôle que jouent ces farfadets rend leurs noms fort inutiles à connaître. Puisque ce poëte ne voulait pas leur donner plus de majesté, il eût bien fait de s'en passer: la police des Enfers se serait bien faite sans eux.
[4] Il se nommait Janpol: sa mère, qui était d'une bonne maison, se trouvant dans l'indigence après la mort de son mari, mit son fils au service d'un baron qui était à la cour de Thibault, roi de Navarre. Janpol gagna les bonnes grâces du roi et ne profita de sa faveur que pour vendre à prix d'or les dignités et les emplois du royaume. Dante donne un caractère très-fin à Janpol, pour faire allusion au proverbe qui dit, qu'un Navarrois en sait plus que le diable.
[5] Vers l'an 1117, les Pisans et les Génois, ayant conquis la Sardaigne, partagèrent cette île en quatre judicatures ou bailliages: le premier nommé Logodor, le second Cagliari, le troisième Gallure, et le quatrième Alborea. Nino Visconti, de Pise, ayant obtenu le département de Gallure, y établit pour son lieutenant frère Gomite. Les exactions et les injustices criantes de ce Gomite, qui s'était laissé corrompre par les ennemis de son maître, et leur avait vendu la liberté, furent cause que Nino le fit pendre. Gomite portait le nom de frère, parce qu'il était de l'ordre des Frères joyeux, dont il sera parlé ci-après.
[6] Frédéric II eut un fils naturel qui posséda le bailliage de Logodor. Michel Zanche fut son sénéchal et finit par s'emparer du bailliage; mais il fut bientôt assassiné, comme on verra au chant XXXIII.