NOTES
SUR LE TRENTIÈME CHANT
[1] Ce morceau est pris du livre IV des Métamorphoses d'Ovide.
[2] On peut consulter, au sujet d'Hécube, le livre XIII des Métamorphoses d'Ovide ou lire la tragédie d'Euripide, qui porte ce nom, Polydore était le dernier des enfants de Priam et d'Hécube. Pour le dérober aux malheurs de la guerre, son père et sa mère l'avaient confié, avec un trésor considérable, au roi de Thrace, leur voisin. Mais ce barbare, apprenant le sort funeste de Priam, fit assassiner et jeter dans la mer le jeune Polydore et s'empara de son or. Hécube, menée en captivité par les vainqueurs, trouva et reconnut sur un rivage le cadavre de son fils. La fable dit qu'à cette vue elle fut changée en chienne par les dieux, qui, par pitié, lui ôtèrent la raison afin de lui ôter en même temps le sentiment de ses maux. Il se peut en effet que l'excès de chagrin ait fait tomber cette reine infortunée dans la lycanthropie. Montaigne a fait un beau chapitre pour prouver que nous pouvons résister quelque temps aux malheurs qui se succèdent coup sur coup; mais enfin, le coeur se lasse de son effort; il vient un moment où la digue se rompt, et la douleur se fait jour par les cris et les sanglots, souvent même par le délire, comme dans Hécube.
[3] Il était de la famille des Cavalcante et avait le talent de contrefaire qui il voulait. Bose Donati, dont on a déjà vu le supplice au chant XXV, homme extrêmement riche, étant mort sans testament, Simon, son parent, cacha cette mort et engagea Schicchi à se mettre dans le lit du défunt, et à dicter un testament où il l'instituerait, lui Simon, légataire. La chose réussit, et Simon lui donna en récompense une jument de prix.
C'est le stratagème du Légataire universel.
[4] Myrrha coucha avec son père Cynire et en eut Adonis. (Liv. X des Métam. d'Ovide.)
[5] Maître Adam, monnayeur de Brescia, qui s'attacha aux comtes de Romène et falsifia les florins pour leur profit, et sans doute aussi pour le sien. Sa manoeuvre étant découverte, il fut condamné à être brûlé. Ces florins portaient d'un côté l'image de saint Jean-Baptiste, patron de Florence, et de l'autre une fleur de lis.
[6] Branda, belle fontaine de Sienne. L'ardeur avec laquelle maître Adam soupire après les ruisseaux du Casentin et les eaux de cette fontaine fournit une situation pathétique, que Tasse a empruntée.
[7] Sinon et la femme de Putiphar sont trop connus pour en parler.
[8] Il y a beaucoup à parier qu'il s'était passé quelque chose de pareil au sénat de Florence entre des personnages connus. N'a-t-on pas vu le grave Caton traiter César d'ivrogne en plein sénat et lui jeter au nez le billet de Serville? Et dans l'Iliade, Achille et Agamemnon se ménagent-ils davantage? Le gouvernement populaire et les guerres civiles, en donnant plus de physionomie aux passions, leur donnent aussi des traits plus grossiers.