NOTES
LE DÉBAT DE DEUX AMANTS (p. 49 à 109.)
M. Paulin Paris (Mss. françois, V, p. 162 à 167) a seul donné jusqu'à présent quelques extraits de ce poème, vers 1 à 5 et surtout 1520 à 1688. Toutefois, l'abbé Sallier avait déjà dans les Mémoires de l'Acad. des inscr., XVII, 515, consacré une courte notice à ce poème et cité quelques vers: 1 à 6, 8 à 10, 53 à 55, 82 à 89, 99 à 104, 120 à 123, 145 à 154, 384 à 392, 746 à 749, 753, 754 et 757.
671 à 680.—Ovide, Métamorphoses, Livre IV, vers 55 à 165.
681 à 689.—Ovide, Héroïdes. Ep. XVIII et XIX. Le même sujet est traité par Christine dans la Ballade III du recueil des «Cent Balades». (Voy. tome I. p. 3.)
693 à 700.—Ovide, Métamorphoses, Livre XII, vers 580 à 628, et Livre XIII, vers 399 à 575.
704 à 721.—Esacus, fils de Priam et d'Alexirhoé, nymphe du Mont Ida, devint amoureux de la belle Hespérie (Ovide, Métamorphoses, Livre XI, vers 749 à 795).
725 à 736.—Iphis et Anaxarète (Ovide, Métamorphoses, Livre XIV, vers 698 à 764. Allusion déjà faite par Christine dans une complainte amoureuse. (Voy. t. I, p. 285 et 286).
757 à 760.—Cahedin, héros du roman de Tristan.
761 à 768.—Inspirés du châtelain de Coucy, roman de la fin du XIIIe siècle. Voy.Hist. littéraire de la France, XXVIII, p. 352 à 390.
769 à 774.—Châtelaine du Vergy. Voy. Méon,Fabl. IV, 296. Cf.Romania, XIX, 341.
960 à 975.—Passage reproduisant des idées émises dans le roman de la Rose (Discours de Raison à l'Amant. Voy. éd. F. Michel, tome I, p. 98 à 100).
1455 à 1468.—Ovide, Métamorphoses, Livre VII, vers 1 à 158.
1469 à 1476.—Ovide, Héroïdes, Ep. X; Métamorphoses, Livre VIII, vers 154 à 182, et Les Fastes, Livre III.
1496 à 1512.—Christine fait ici allusion au roman de Thésée. La tapisserie qu'elle nous montre devait effectivement figurer dans l'Hôtel du duc Louis qui l'avait payée, en 1389, au célèbre Nicolas Bataille la somme de 1,200 fr. (Voy. Guiffrey,Hist. de la Tapisserie. Tours, 1886, p. 34.)
1520 à 1531.—Florimont d'Albanie, héros principal du roman d'Aimon de Varenne (1188), épousa la belle Romadanaple, fille de Philippe, roi de Grèce. M. Paulin Paris (Manuscrits françois, V, p. 163, note) a cru deviner dans la citation de Christine l'anagramme de Romanadaple, mauvaise leçon que l'on trouve dans quelques passages des mss. de Florimont qui s'accordent presque tous d'ailleurs pour donner la véritable forme Romadanaple, c'est-à-dire Rome de Naples (Bibl. nat., F. fr. 353, 1374, 1376 et 1491).
1532 à 1543.—Voy. sur Durmart le Gallois Hist. littéraire de la France, XXX, p. 141 à 159. Le texte de ce roman a été publié en 1873 par M. Edm. Stengel dans la Bibliothèque du Cercle littéraire de Stuttgart (116° vol.)
1544.—Cléomadès, héros du roman d'Adenet le Roi (fin du XIIIe siècle).
1546 à 1550.—Palamède est le titre d'un important roman du cycle de la Table Ronde.
1553 à 1559.—Christine fait allusion au roman connu sous le nom de Petit Artus ou Artus le Restoré (Bibl. Nat. F. Fr. 761, 1431, 1432 et 12549), qui a été plusieurs fois imprimé aux XVe et XVIe siècles. (Voy. Brunet au mot ARTUS).
1569 à 1584.—Le passage relatif à Bertrand du Guesclin doit se rapporter aux prouesses que ce héros fit pendant le siège de Rennes (1356-1357) et qui furent le point de départ de sa brillante renommée. Il était alors épris de Tiphaine Raguenel qu'il épousa un peu plus tard vers 1363. (Voy. Siméon Luce,Hist. de Bertrand du Guesclin, I, p. 195 à 229 et 399 à 401, édit. in-8, Paris, 1876).
1585 à 1592.—Jean le Meingre, dit Boucicaut, maréchal de France, mort en 1367.
Ses deux fils, dont la réputation était déjà établie à l'époque où écrivait Christine, furent:
1° Jean II, né vers 1364, le célèbre maréchal dont nous possédons la chronique, auteur de ballades et de rondeaux.
Toujours prêt à défendre l'honneur des dames, il fonda en 1399, à son retour d'Orient, l'ordre de chevalerie de la Dame blanche à l'écu verd (Voy. tome I, note, p. 303). Il mourut prisonnier en Angleterre en 1421.
2° Geoffroy, gouverneur du Dauphiné en 1399, mort en 1429.
1593 à 1601.—Louis de Sancerre, né vers 1342, nommé maréchal de France en 1369, seigneur de Charenton, Beaumez, Condé et Luzy, chargé du commandement de la Guyenne en 1381, dirigea l'année suivante l'avant-garde de l'armée à la bataille de Rosebecque. Créé connétable le 26 juillet 1397, il marcha, en 1398, contre le captal de Buch auquel il imposa la paix. Il mourut le 6 février 1402.
1615 à 1618.—Othe de Granson (voy. ci-dessus, p. 304).
1619 à 1621.—Hutin de Vermeilles (voy. aussi plus haut, p. 303).
1627 à 1637.—Jehan de Chateaumorand était le second fils de Hugues de Chatelus, seigneur de Chateaumorand. Il fut l'un des chevaliers les plus distingués de son temps et suivit le duc Louis de Bourbon dans tous les hasards de sa vie militaire, d'abord comme écuyer portant le pennon ducal, puis comme chevalier à la tête d'une compagnie de gens d'armes. Il fit ses premières armes vers 1371, à la détrousse d'un aventureux partisan anglais, Michelet La Guide, puis il assista au siège de Chateauneuf-Randon et à celui de Nantes où il commandait les gens du duc de Bourbon. Au banquet donné le jour du sacre de Charles VI (4 nov. 1380), l'écuyer placé sous la table où le roi tenait ses pieds était Jehan de Chateaumorand qui fut très probablement armé chevalier le même jour «pour le honneur du sacre». Puis nous le retrouvons successivement à Vannes, où eut lieu le combat de cinq Français contre cinq Anglais, devant Courbies les Granges et Montvalent, où il contribue à la délivrance du Poitou[1], ensuite à Gênes avec Boucicaut et comme négociateur de la rançon des prisonniers de Nicopolis[2]. Enfin le maréchal Boucicaut ayant réussi en 1399 à repousser les Turcs et à délivrer Constantinople, confia la garde de cette ville à Jehan de Chateaumorand qui, avec les cent hommes d'armes placés sous son commandement, résista vaillamment aux attaques de l'ennemi[3]. A peine rentré en France en 1402, Chateaumorand retourna en Orient à la tête de 200 hommes d'armes formant l'escorte de Manuel qui revenait prendre possession de ses États après la défaite de Bajazet par Tamerlan, le grand prince des Tartares.
Plus tard, lorsque l'âge l'obligea à se retirer des combats, il rassembla ses souvenirs et sous sa dictée, un pauvre pèlerin nommé Jehan Cabaret d'Orville, composa, en 1429, l'intéressante chronique du bon duc Loys de Bourbon. Jehan de Chateaumorand faisait partie de l'Association fondée par Boucicaut pour la défense de l'honneur des dames.
1641 à 1642.—Guillaume de Montrevel, plus connu sous le nom de L'Hermite de la Faye, fut un des plus fidèles compagnons d'armes du duc Louis II de Bourbon. Il était, d'après une pièce du cabinet des Titres, seigneur de Chasteaubon. (Pièces orig., vol. 2038). Nous le voyons d'abord venir en aide au roi de Prusse contre les Suédois, se distinguer au siège de Verteuil, combattre vaillamment à Rosebecque, puis faire partie de la tentative de débarquement sur l'Angleterre qui eut lieu en 1386; nous le retrouverons plus tard, en 1399, marchant avec Boucicaut au secours de l'empereur grec. Il fut l'un des exécuteurs testamentaires du duc de Bourbon qui mourut le 19 août 1410[4].
1653 à 1664.—Charles d'Albret (voy. tome I, p. 302).
1665 à 1676.—Jehan de Werchin, sénéchal de Hainaut (voy. tome I, p. 307 et plus bas p. 311).
1677 à 1682.—Raoul de Gaucourt, seigneur d'Argicourt et en partie de Luzarches, chambellan du roi, faisait partie de l'Hôtel en 1388 et accompagna la même année Charles VI dans son expédition en Allemagne contre le duc de Gueldre. Il fut ensuite désigné pour remplir plusieurs missions lointaines et reçut le 16 août 1397 une somme de 1,000 écus en récompense de ses services. En 1399 il fut charger de traiter des affaires de la reine Yolande d'Aragon, plus tard nous le retrouvons au service du duc de Bourbon, puis marchant au secours de Boucicaut, gouverneur de Gênes. Nommé bailli de Rouen, il périt dans une sédition qui éclata dans cette ville en 1417. Raoul de Gaucourt avait épousé Marguerite de Beaumont, dame de Luzarches, fille de Jean de Beaumont, chevalier. Il était le frère d'Eustache de Gaucourt, grand Fauconnier de France. (P. Anselme, VIII, p. 370).
1683 à 1688.—Charles de Savoisy, seigneur de Seignelay, conseiller et premier chambellan du roi, grand échanson de France, fut élevé à la cour de Charles VI dont il était chevalier d'Honneur en 1388. Il servit en Poitou en 1397 à la tête d'une compagnie de treize écuyers, mais il est surtout connu par les fâcheuses aventures dont il fut victime: ayant commis l'imprudence de faire maltraiter chez lui le procureur de l'Hôtel du roi venu pour arrêter un de ses domestiques, il n'échappa aux poursuites qu'en vertu de lettres de rémission du 23 janvier 1402. Quelque temps après, il fut déclaré responsable des outrages et des coups dont ses gens s'étaient rendus coupables le 14 juillet 1404 envers quelques écoliers de l'Université de Paris. Cependant, malgré ces incidents compromettants, Charles de Savoisy resta toujours fort bien en cour et exerça la charge de grand Échanson de 1407 à 1413, puis devint premier chambellan du roi en 1418. Il mourut vers 1420. (P. Anselme, VIII, p. 548).
1689 à 1693.—Bernard de Castelbajac (voy. tome I, p. 304).
1694 à 1698.—Pierre de Brebant, dit Clignet (voy. tome I, p. 306).
[1] Chronique du bon duc Loys de Bourbon, édit. Ghazaud, 1876, p. 153
et suiv.
[2] Chroniques de J. Froissart, édit. Buchon, III, p. 293, et Livre
des faicts du Mareschal Boucicaut, 1re partie, chap. XXVIII.
[3] Chronique du Religieux de Saint-Denys, III, 51.
[4] Chronique du bon duc Loys de Bourbon, p. 64, 145, 172, 185 et 314, et Livre des faicts du Mareschal Boucicaut, 1re partie, chap. XXX.