III

Le 1er jour de janvier 1515 le roi de France Louis XII mourut. Ne laissant pas d'enfants du sexe masculin, la couronne échut à son plus proche parent, le mari de sa fille Claude de France, le fils de Louise de Savoie, le duc d'Angoulême François de Valois, qui prit le nom de François Ier.

Dès son avènement au trône, le jeune roi entreprit la campagne qui avait pour but la conquête de la Lombardie. Avec une rapidité étonnante il traversa les Alpes, franchit le col d'Argentières, et inopinément se trouva en Italie; gagnant la bataille de Marignan, déposant Moretto, il se présenta en triomphateur à Milan.

A ce moment, Julien de Médicis se réfugiait en Savoie.

Voyant qu'il ne pourrait rien faire à Rome, Léonard se décida à tenter la chance auprès du nouveau roi et se rendit à Pavie, où se tenait la cour de François Ier.

Là, les vaincus organisaient des fêtes en l'honneur des vainqueurs. En sa qualité d'ancien mécanicien ducal, on pria Léonard d'y participer. Il construisit un lion automatique qui, traversant la salle, se dressa devant le roi sur ses pattes de derrière et, ouvrant sa poitrine, en laissa tomber, aux pieds de Sa Majesté, des lis blancs de France.

Ce jouet servit plus la gloire de Léonard que toutes ses œuvres et ses autres inventions.

François Ier conviait à son service les artistes et les savants italiens. Le pape ne voulant céder ni Raphaël, ni Michel-Ange, François Ier s'adressa à Léonard, lui proposant sept cents écus de traitement et le petit château du Cloux, en Touraine, près de la ville d'Amboise, entre Tours et Blois.

Léonard consentit, et, à soixante-quatre ans, éternel exilé, sans regretter son ingrate patrie, suivi de son vieux serviteur Villanis, de sa servante Mathurine, de Francesco Melzi et de Zoroastro de Peretola, au début de l'année 1516, il quitta Milan pour la France.