Notes
[1]: Voir dans les Mémoires de madame Roland elle-même, comment elle raconte cette scène!... Elle parle surtout admirablement de ses craintes pour son mari, qu'elle alla chercher à pied, à minuit, au ministère de la Marine, où tous les ministres étaient rassemblés.
[2]: Madame de Sainte-Amaranthe était une femme comme il faut, mais d'une réputation fort équivoque... ses relations intimes avec les hommes de sang d'alors le prouvent. Elle n'est pas excusée en disant qu'elle était contrainte. Il ne dépend pas de nous d'être heureux ou malheureux, mais toujours il est en notre puissance de n'être pas humilié et encore moins avili... Je parlerai d'elle plus longuement tout à l'heure.
[3]: C'est ainsi que sont mortes mesdemoiselles de Saint-Léger à Arras, toutes deux jeunes, nobles, belles, âgées, l'une de seize ans, l'autre de dix-sept, pour avoir joué du piano le jour de la prise de Valenciennes.
[4]: Toutes trois charmantes, surtout celle de Camille Desmoulins.
[5]: Il la rencontra dans un gros bourg de Flandre, où elle faisait la patrie dans une fête nationale. Elle avait une belle voix, mais elle ne put entrer à l'Opéra, ne sachant pas chanter.
[6]: Le mot est plus fort dit par Tallien, beaucoup d'années après, que par Robespierre en 93.
[7]: Lorsqu'il allait prendre possession de son consulat à Cadix. Ce fut à Madrid que je le trouvai.
[8]: Le fameux Père Duchesne.
[9]: Anne-Philippine-Louise Duplessis-Laridon, née à Paris en 1771; elle apporta 150,000 francs en dot à Camille, somme très-forte pour ce temps-là.
[10]: Cette personne est Prudhomme le père. Me trouvant au couvent de l'Abbaye-aux-Bois, je reçus un jour une lettre de lui, par laquelle il me demandait de me venir voir. Il vint, et m'inspira un vif intérêt, ayant vécu avec tous les hommes importants de la Révolution. C'est lui qui a publié le journal intitulé Révolutions de Paris. Il était particulièrement ami de Camille Desmoulins.
[11]: Le comité de Salut public et celui de Sûreté générale.
[12]: Pierre Phélippeaux, député de la Sarthe à la Convention. C'était un homme de talent que Robespierre n'aimait pas parce qu'il s'opposait aux mesures violentes, quoique bon républicain. Aussi fut-il dénoncé par Hébert aux Jacobins, où il fut cité pour répondre à l'accusation. Loin de se défendre, il accusa Ronsin et Rossignol, et défendit Westermann. La société des Cordeliers le renvoya, et ainsi abandonné à la haine de Robespierre, il mourut plus tard comme l'un des chefs du modérantisme, comme Camille Desmoulins.
[13]: Il était commissaire du roi près le tribunal d'accusation, après la constitution de 1791. Ses idées libérales étaient très-fortes, et ses relations le mirent au milieu de tout ce qui était le plus ardent dans la Révolution. Il fut président de la Convention. Là, il montra combien les idées démagogiques avaient d'empire sur lui... Il lut les droits de l'homme en pleine séance de la Convention, et relut une autre fois la Constitution. Il fit décréter une fête à Évreux, pour le retour de la liberté dans cette commune, et pour cette fête, on mariait six jeunes républicaines, disait le décret, avec six jeunes républicains. C'est encore lui qui, étant réélu président, fit les motions les plus étonnantes. Il dit un jour à la section des Lombards:—Mes frères, bientôt le tocsin sonnera pour la mort de tous les tyrans.
Il avait voté la mort du roi.
Lorsqu'il fut interrogé, après avoir été arrêté sur l'accusation de Saint-Just, qui le déclara complice de Danton, il s'écria:
—Ici, dans cette même salle, j'ai résisté aux parlements dont j'étais détesté, et cela parce que je soutenais les intérêts du peuple!
[14]: Allusion au grand sac de cuir où le bourreau jetait toutes les têtes!...
[15]: Cécile Renault mourut le 29 prairial an II, à l'âge de vingt ans. Ses deux frères furent les seuls de sa famille qui lui survécurent; ils étaient à l'armée, où ils furent arrêtés, mais leurs supérieurs leur fournirent le moyen d'échapper. J'ai connu l'un d'eux qui était parvenu au grade de chef d'escadron.
[16]: Madame de Sainte-Amaranthe était en son nom Saint-Simon d'Arpajon. Elle est née à Besançon; sa famille n'était pas riche, mais noble.
[17]: Son père était receveur-général des finances, et fort riche.
[18]: M. de Sainte-Foix; il avait été fort aimé de madame de Sainte-Amaranthe, et depuis son ami intime.
[19]: Nous l'avons vu chez la duchesse de Luynes.
[20]: Celui qu'on appelait le beau Tilly; il était page de la Reine... alla se marier si étrangement en Amérique, qu'il divorça le lendemain de ses noces, et finit par se tuer d'un coup de pistolet.
[21]: Clairval et Michu avaient été les talents les plus remarquables de l'Opéra-Comique, c'est-à-dire la comédie italienne.
[22]: Jean-Louis David, né à Paris en 1748. Il était fils d'un marchand de fer[22-A], qui mourut dans un duel, mort assez rare à cette époque pour un homme de sa classe. David fit de bonnes études aux Quatre-Nations, et fut élevé pour être architecte. Il n'aimait pas cette profession, et ce fut un jour qu'allant voir Boucher, il sentit une telle vocation pour la peinture, qu'il obtint enfin de sa mère de suivre les cours de la peinture d'histoire. Il suivit les cours de Vien, et obtint bientôt le prix. Grâce à la généreuse bonté de mademoiselle Guimard, il obtint le grand prix, partit pour Rome avec Vien, et là il étudia et devint ce que nous l'avons vu ici. Son dessin était beau, mais ses incorrections, son mauvais goût, son mauvais coloris, lui enlevaient la place du premier peintre de l'époque.
[22-A]: On appelle, comme on sait, marchands de fer, ceux qui vendent du crin, de la laine, de la plume, tout ce qui tient à ce qu'on désigne sous le nom de literie.
[23]: Elle était à Versailles chez M. de Bonnecarèce, qui l'avait eu de David lui-même, dont il était l'ami.
[24]: Voici le quatrain fait pour elle; il est déjà dans le Salon de Robespierre.
Sur le pouvoir de tes appas
Demeure toujours alarmée;
Tu seras d'autant plus aimée,
Si tu veux ne l'être pas.
[25]: On a dit que cette lettre était de Robespierre; je le croirais sans peine.
[26]: Cet hôtel n'existe plus... il était en face de la rue Cerutti, aujourd'hui la rue Laffitte... Murat l'acheta lorsqu'il se maria, c'est-à-dire deux ans après... Il avait pour portail une immense arcade de mauvais goût.
[27]: J'excepte mademoiselle Mars; elle est toujours parfaite.
[28]: Françoise-Marie-Antoinette Saucerotte, née à Nancy, d'un comédien de province et d'une femme attachée à la maison du roi de Pologne. Ce fut madame de Graffigny qui la tint sur les fonts de baptême.
[29]: Se trouvant un jour au Raincy, chez moi, avec M. de Sainte-Foix, il lui dit en riant qu'on savait bien la raison pour laquelle elle était partie.—Vraiment! dit-elle sérieusement; eh bien! je vous affirme que ni vous ni personne ne le savez et ne le saurez jamais.
[30]: Mademoiselle Raucourt n'était ni bonne camarade ni douce dans ses relations; elle ne fut ni estimable, ni recommandable dans sa vie privée. En 1815, elle mourut subitement. Elle avait une belle terre dans les environs d'Orléans, où elle avait les plus belles fleurs et les plus beaux fruits et des terres magnifiques. Elle venait souvent à la Malmaison, et Joséphine échangeait souvent avec elle des graines ou des plantes. À sa mort, le curé de Saint-Roch, qui avait bien emboursé l'argent de ses aumônes, n'a pas voulu l'enterrer. Elle fut portée au Père-Lachaise, après le service qui lui fut fait par un prêtre.
[31]: Cette manière que quelques hommes d'aujourd'hui ont prise de dire: Taglioni, Mars, Contat, etc., est du plus mauvais ton. C'est là où on voit l'habitude de la bonne compagnie, ou seulement son reflet imparfait. Ainsi, l'on croit imiter les roués des temps passés; mais qu'on aille écouter M. de Talleyrand, ou M. de Montrond, ou M. de Narbonne quand il vivait, ou M. de Laval (Adrien de Montmorency), enfin mille autres du même cercle.—Rien n'est, à mon gré, plus platement ridicule que l'affectation de l'aisance dans les manières.
[32]: Elle mourut la même année que mademoiselle Raucourt; la cause de sa mort fut un cancer. Elle était alors à Vitry, dans une propriété que madame la duchesse douairière d'Orléans acheta ensuite.
[33]: C'était le nom de l'enfant de mademoiselle Lange.
[34]: Mademoiselle de Champigny. Elle était une riche héritière, et charmante.
[35]: Je ne sais si c'est de mademoiselle de Champigny que parle madame de Genlis dans ses Mémoires, ou de la première femme du marquis.
[36]: En effet, les réflexions de M. de Balincourt pouvaient être pénibles! il avait fallu le bouleversement total de toutes choses chez nous, pour voir violer les tombeaux et se rire de la mort! En remontant aux temps les plus reculés, nous trouvons toujours le même respect, et peut-être encore plus profond, pour les morts... Apollonius, dans son 21e livre, dit: «Ils se tinrent trois jours autour du mort, pleurant et jeûnant; le peuple pleura avec le roi, et, le dernier jour, on mit sur le tombeau un signe qui devait être vu des générations futures...» Tite-Live, Homère, Virgile, tous les auteurs anciens enfin, nous révèlent par leurs ouvrages tout le respect qu'ils portaient aux morts, qu'ils considéraient comme des démons, des génies familiers... On peut voir dans Tite-Live quel respect les anciens Romains avaient pour leurs morts. Les Égyptiens portaient cette religion de la mort au delà de toute autre. Les momies[36-A] sont connues populairement, et que de soins, de frais, pour les embaumer! Le cinnamome, la myrrhe, la cassie, le nard, tout ce qu'il y avait de plus précieux en parfums... les bandelettes les plus riches, étaient prodigués pour l'inhumation des morts, et pourtant il y avait une égalité dans ce moment qu'on n'aurait pas soupçonnée à cette époque, l'égalité de la mort! le dernier sujet pouvait accuser un roi devant les quarante juges qui siégeaient au bord du lac Achérusie... ils étaient là pour prononcer sur les bonnes ou mauvaises actions du mort... C'est une belle et grande leçon que reçoit le cadavre avant d'aller dormir dans cette solitude vaste et silencieuse, ces merveilleuses pyramides construites pour un seul homme par plusieurs milliers d'autres. Les Hébreux, qui ont une analogie positive avec les Égyptiens, avaient également un luxe remarquable dans leurs funérailles... Quelquefois, comme chez les Grecs, on brûlait les corps... On le voit dans quelques prophètes... le luxe effréné qu'on apportait même dans ces cérémonies était quelquefois si excessif et hors de toute mesure, qu'on fut contraint d'y mettre un terme, et que plusieurs Hébreux de haute naissance défendirent avant leur mort qu'on les mît dans un autre linceul qu'un linceul de très-bas prix. Les Perses furent les seuls peuples de l'antiquité qui ne mirent pas de la solennité dans leurs cérémonies funèbres, comme le faisaient les Grecs. Alexandre dépensa pour les funérailles d'Éphestion 8 millions de notre monnaie... On rapporte qu'il contraignit chaque homme de son armée à se raser, et que, continuant l'accès de folie, il fit raser, c'est-à-dire abattre, les tourelles et les dômes qui s'élevaient au-dessus des autres édifices. Les Romains étaient plus somptueux que les Grecs, parce qu'ils étaient plus riches... Quant aux honneurs, ils étaient immenses. Des vestales et des sénateurs portèrent Sylla!... Sylla!... Métellus avait sept fils... trois étaient consulaires... et ils le portèrent sur leurs bras... Paul-Émile fut porté par des députés de la Macédoine, et dans les fils de Métellus, outre les trois consulaires, l'un avait eu le triomphe, et l'autre était dans le moment même préteur. Les Romains ajoutaient quelquefois les combats de gladiateurs à la pompe des funérailles de quelques grands hommes, soit de l'armée, soit du Forum...
Quant aux Bocages de la mort, ces cimetières aériens et parfumés sont touchants par leur simplicité. M. de Châteaubriand a raconté d'une manière délicieuse cette scène de la jeune mère et du voyageur!... Il y a une suavité harmonieuse dans ce balancement doux et monotone de cette jeune femme, qui, voyant enfin que son enfant est mort, lui donne le dernier lait de son sein, et, courbant la branche, l'amène jusqu'à elle pour donner encore un baiser à son premier-né. Puis, quittant la branche chargée de son triste et précieux fardeau, le mouvement fait remonter le rameau fleuri parmi les touffes ombreuses qui deviennent le véritable tombeau de l'enfant de la jeune femme sauvage... Enfin, chez aucune nation antique ou moderne, sauvage ou policée, on ne trouva jamais la violation des tombeaux, ni l'irrévérence de la mort... Chez plusieurs peuples même, c'était se rendre coupable d'une grande impiété que de ne pas rendre les devoirs à un cadavre inconnu qu'on trouvait par les chemins... Chez les Égyptiens, on était criminel, et au premier chef, en touchant seulement à un tombeau... Quelle grande et sublime pensée surgit forcément de tout ceci!... C'est qu'avec une grande diversité dans les cosmogonies et les rites, il y a concordance sur un point. Sur ce point, le sauvage du Canada comprendra l'habitant des bords du Nil et du Jourdain... C'est que partout le système de l'immortalité de l'âme est admis et reçu... En Arabie, le paradis est promis au Musulman avec des houris toujours jeunes!... Chez le Scandinave, ce sont des Walkiriyes présentant le crâne d'un ennemi toujours rempli de son sang... chez les Indiens, la vue et la société de Brahma... chez les païens, les Champs-Élysées, etc.. Ainsi, chacun a eu sa portion de vanité ou de sensualité flattée... Partout le fondateur a eu l'attention de parler à cette vanité... et il a réussi; non pas cependant contre le christianisme, celui-là a été vainqueur de tout... Aussi ne commettrai-je pas la faute de parler de notre sainte religion après les croyances inculquées par l'ambition ou le fanatisme, et le plus souvent reçues par l'ignorance et prolongées par la superstition.
[36-A]: Voir dans le P. Menestrier le détail des décorations funèbres, et dans Muret, pour les cérémonies.
[37]: Cette femme est mariée, et aujourd'hui établie à Sens.
[38]: Celui mort à Leipsick.
[39]: J'espère, pour le comte Gabriel Rczewousky, qu'il n'aura pas rencontré de femmes aux yeux fauves, après son départ de Paris.
[40]: Il revint en France avec ce titre en 1793, et fut reçu par la Convention, qui, toute fière d'avoir un allié, l'accueillit avec enthousiasme dans son ambassadeur, et le président lui donna l'accolade fraternelle.
[41]: La loi qui ordonnait de ne donner que le titre de citoyen était encore dans toute sa force; elle ne fut abolie que sous le consulat, au commencement de la première année de l'empire.
[42]: À l'époque dont je fais ici la relation, madame de Staël pensait ainsi. Ce n'est que pendant le consulat et après le 18 brumaire qu'elle changea d'avis.
[43]: À cette époque, madame Récamier allait dans le monde; mais comme elle était fort jeune, sa maison n'était pas ouverte lorsqu'elle logeait rue du Mail[43-A]. Elle ne le fut qu'en 1800, lorsque M. Récamier acheta l'hôtel qui est occupé aujourd'hui par madame Lehon.
[43-A]: Rue du Mail, no 530.
[44]: Député républicain, député d'abord aux États-Généraux par la Corse, et puis en l'an VI et l'an VII, député aux Cinq-Cents, par la Corse également; dans l'an VII, il fut remarqué par le serment qu'il prêta de haine à la royauté.
[45]: Député de Sambre-et-Meuse, extrêmement exagéré dans son opinion républicaine; le Directoire ne l'aimait pas.
[46]: Député aux Cinq-Cents, et, comme Stévenotte, républicain sévère; il était un homme ordinaire, et faisait parler de lui à l'aide de tout le bruit que faisaient ses discours contre le royalisme. Ce fut lui qui proposa de déclarer Babeuf un martyr de la liberté; il fit cette motion au Manége après la mort de Babeuf.
[47]: Le général Schawembourg, d'abord général en chef de l'armée de la Moselle, fut envoyé en Suisse pour soumettre les cantons de Schwitz, de Soleure, de Berne, etc., et se conduisit bien, mais peut-être trop sévèrement; il fut accusé, mandé à Paris pour y subir une enquête demandée par les Conseils, mais il fut protégé par le Directoire. C'est à cette époque que Masséna prit le commandement des troupes françaises en Suisse.
[48]: C'est elle qui depuis épousa M. de Morfontaine, qui mourut d'une manière si étrangement mystérieuse dans son parc de Saint-Fargeau. Il sortit seul à cheval, un après-dîner, pour aller inspecter des travaux. Il ne rentrait pas; on le chercha aux flambeaux, et on le trouva mort, frappé au front par une branche... ou autre chose.
[49]: Bernadotte, après son retour de sa malencontreuse ambassade à Vienne, où il fut insulté, et peut-être avec raison, ayant fait mettre un immense drapeau tricolore sur la porte de sa maison, fut nommé ministre de la Guerre dans les premiers jours de l'an VII. Mais il s'ennuya de son inactivité et demanda d'aller à l'armée. C'était, comme on sait, un déterminé Bonnet rouge... On lui donna le commandement des armées réunies par-delà les Alpes, ce qui prouve qu'on ne les aimait plus autant... Milet-Mureau fut mis à la Guerre par intérim, et fut enfin remplacé par Dubois de Crancé: ce fut celui-ci qui se trouva en place le 18 brumaire.
[50]: Rien n'était en effet plus disgracieux que ce costume; l'habit était d'une forme moitié moyen âge et moitié celui-ci, mais sans col, et la chemise en avait un fait comme un col de femme et garni de dentelle; le manteau était rouge, brodé en arabesque autour; le chapeau, relevé à la Henri IV, avait une foule de plumes, et coiffait extrêmement mal tous ceux qui le portaient. Barras était encore le moins ridicule.
[51]: Ces deux épithètes, appliquées indifféremment, causaient une confusion assez plaisante.
[52]: Député de Maine-et-Loire au Conseil des Cinq-Cents, et adjudant-général. Il était fort emporté dans son opinion, qui était républicaine... il parlait beaucoup et faisait des motions... En l'an VII, il fut président des Cinq-Cents, et passa ensuite aux Anciens. Barras et les directeurs le redoutaient fort.
[53]: L'ancien directeur.
[54]: Schérer fut chargé de plus d'accusations de concussion qu'aucun homme en ce monde; il ne dépensait rien, et mourut pauvre... Voilà les jugements du monde...
[55]: Lui et Barras n'étaient pas bien; et, à l'époque du 18 brumaire, cette désunion fit beaucoup de mal pour les ordres à donner, et nuisit au Directoire.
[56]: Ce nom d'Aspasie, sans qu'il y attachât une idée injurieuse, était fort souvent dit par Barras à madame Tallien. Il se mettait par-là dans les sandales de Périclès, et le partage n'était pas mauvais.
[57]: Mouquet était membre de la société de la rue du Bac; il y dénonça madame de Staël et M. de Talleyrand comme conspirateurs royalistes, et proposa de faire une adresse au Corps législatif sur ce fait!...
[58]: Comme général en chef, il avait droit à en avoir un nombre même illimité.
[59]: Ce Momoro est une preuve de ce que produisent des temps comme ceux tant admirés de 93 et 94!... Membre de la commission remplaçant le département de Paris, commissaire dans la Vendée, président de la section de Marseille, membre le plus ardent du club des Cordeliers, vice-président des Jacobins, complétant cette vie révolutionnaire en livrant sa femme pour faire la déesse de la Raison... Eh bien! cet homme, l'ami d'Hébert (le Père Duchesne), mourut sur l'échafaud comme son complice. C'est dans de tels faits qu'il faut étudier la Révolution, et non pas dans les ouvrages qui ne parlent que des grandes joies populaires de l'époque!...
Ou ces hommes étaient fidèles, alors qu'étaient donc leurs juges, et que devenait la justice républicaine?... S'ils étaient traîtres, s'ils conspiraient en effet... si le Père Duchesne MENTAIT, où donc alors chercher la vérité de la Révolution?...
[60]: Voici une strophe de cet hymne:
À tant de siècles d'imposture
Succède un jour de vérité;
De l'erreur la cohorte impure
Rampe aux pieds de la liberté.
Sur les ruines du despotisme
Nos mains ont placé ses autels;
Sur les débris du fanatisme,
Français, dressons-en de pareils.
Offrons à la Raison notre encens et nos vœux:
Un peuple qui l'implore est digne d'être heureux.
On voit que l'auteur de l'ode à la Calomnie ne se retrouve guère ici.
[61]: Noël, ministre plénipotentiaire de la République en Suisse; il fit prévenir Sottin qu'il y avait en France des agents de la cause royale.
[62]: Madame de Sarrut et madame Blanchet.
[63]: Barras disait que, bien qu'il y eût vingt-quatre ans d'écoulés depuis ce moment, que jamais il n'oublierait l'expression du visage mâle et noirci par le soleil du tropique de ce vieux matelot, en disant ces paroles.
[64]: Coupable entre les coupables, en raison de son nom et de sa naissance, Barras ne devait pas être amnistié par Louis XVIII; mais celui-ci, dans son égoïsme, ne songeait plus à son frère, et ne pensait qu'à lui seul.
[65]: Il écrivait de Toulon à la Convention: «Tout ce qui est étranger est fait prisonnier; tout ce qui est Français EST FUSILLÉ. La justice de la nation s'exerce journellement.»
[66]: Il accusait le général Brunet d'avoir livré Toulon aux Anglais. C'est alors que Bonaparte dirigea le siége pour le reprendre, et que Barras le connut et le prit en amitié, et non pas par madame de Beauharnais.
[67]: Révolution du 30 prairial an VII (18 juin 1799). Sieyès, qui avait un grand parti, entra au Directoire, où resta Barras, tandis que des hommes vertueux, tels que Laréveillère-Lépaux, Merlin de Douai, etc., en étaient bannis.
[68]: Premier mari de madame de Montrond, mademoiselle de Coigny, fille du marquis de Coigny.
[69]: Cette version dit que Barras aurait sûreté et indemnité: sûreté, par l'oubli du Roi en reconnaissance de ses démarches; indemnité, en recevant douze millions, somme à laquelle il évaluait son séjour de deux années au Directoire. Cet aveu est, selon moi, le plus affreux témoignage de la turpitude des directeurs: car, avouer qu'ils coûtaient six millions par an à la République, c'est dire qu'ils en coûtaient douze. C'est donc soixante millions par année que nous coûtait cette troupe de singes jouant la royauté! C'est payer bien cher un esclavage dur et humiliant.
[70]: Le neuvième régiment de dragons, alors en garnison à Paris, et commandé par Sébastiani, fut d'un grand secours à Napoléon. Le général Lefebvre fit le reste avec Moreau, qui servit de geôlier aux directeurs et à Barras lui-même. Nous sommes trop près du 18 brumaire pour mentir à cet égard.
[71]: Il avait acheté un château qui avait appartenu au prince Charles, et s'y était entouré d'un domestique nombreux et d'une petite cour.
[72]: Charmante lithographie par Raffet, représentant un groupe de soldats autour d'un vieux sergent. La plupart ont des sabots et des souliers percés... ils viennent de faire une représentation au vieux sergent; car Raffet lui fait répondre au bas de la gravure: «Le représentant a dit comme ça qu'avec du pain et du fer, on pouvait aller en Chine... il n'a pas parlé de chaussure...» On aperçoit dans le fond les représentants avec leurs chapeaux à plumes, qui suivaient toujours l'armée.
[73]: Ma mère logea en revenant à Paris, après Robespierre, dans une maison de la rue de la Loi, pour parler le langage du temps, dont le portier avait un enfant dont les noms patriotiques étaient Marat-Just-Nation... C'était Saint-Just qui était son parrain, c'est-à-dire le témoin à la mairie...
[74]: Et souvent encore des relations intimes se formaient dans ces lieux où gémissaient des milliers de victimes!... Des mariages, des liens, se décidèrent dans ces habitacles pareils à ceux du Dante... sauf la mort!... disaient les malheureux.
[75]: Je ne me trompe guère, puisque le prince de Tarente a épousé mademoiselle Saint-Didier.
[76]: On appelait ainsi un marché par lequel le Gouvernement vous payait dans un an trois cent, ou six cent, ou huit cent mille paires de souliers, à raison, par exemple, de six francs ou cent sous. On les achetait soi au prix de trois francs, et même cinquante sous, parce que la semelle ne valait rien. Le soldat allait nu-pieds; mais les protégés et les parents s'enrichissaient, et on criait: Vive la République!...
Robespierre avait dans sa maison de la rue Saint-Honoré un cordonnier pour portier, et dont la femme faisait le ménage du dictateur. Un jour il dit à cette femme:
—Fais monter ton mari.
Le mari monte en tremblant.
—Que me veux-tu, citoyen?
Robespierre écrivait:
—Prends ce papier, lui dit-il, va au ministère de la Guerre, et fais ta soumission pour six cent mille paires de souliers.
Le cordonnier-tire-cordon se mit à rire.
—Six cent mille paires de souliers!... Ah! ben, quand je vivrais comme Mathusalem, je ne pourrais pas; y m'faut trois jours pour...
—Imbécille, dit Robespierre, tu les feras faire! crois-tu que je veuille te les faire confectionner à toi-même!
L'homme alla où on l'envoyait. Il ne savait pas écrire; sa femme signa pour lui. Il fit une grande fortune..., laissa là le tiret et sa forme, se lava les mains et se lança dans un certain monde. Il se fit entrepreneur de bâtiments; mais soit que Robespierre eut déteint sur lui par ses bienfaits, soit que sa nature fût mauvaise, cet homme était cruel et se fit détester de ses ouvriers... Un jour (il y a de cela deux ou trois ans), il faisait bâtir une maison sur le boulevard Bonne-Nouvelle; les ouvriers lui ménagèrent une bascule[76-A]... Et il mourut ainsi laissant plus de deux millions que lui avait fait gagner le caprice d'un tigre.
[76-A]: On appelle ainsi un échafaudage mal arrangé et très-élevé. La planche, n'ayant pas d'appui, tomba, et l'entraîna avec elle. Les maçons, lorsqu'ils n'aiment pas un maître, se vengent ainsi quelquefois.
[77]: Ils étaient deux députés du même nom à la Convention: l'un, celui dont je parle, pour la Manche; l'autre, dont le nom s'écrit absolument de même, pour la Sarthe. Il y en avait un troisième du nom de Letourneux, qui fut connu à la Convention par une pétition déposée à la barre. Il fut ministre de l'Intérieur, et l'un des plus incapables qui aient jamais occupé un ministère. C'est une chose curieuse que la liste de ses bêtises et de ses méprises. C'est lui qui, allant au Jardin des Plantes, voulut tout voir, et vit tout aussi, mais Dieu sait comment... De retour au ministère, il raconta à sa manière pendant le dîner, sa visite ministérielle: Avez-vous vu Lacépède? lui demanda quelqu'un.—Non, répondit Letourneux, mais j'ai vu la girafe... Le Letourneur qui fut directeur était, comme je l'ai dit, de la Manche (E. L. F. Hen), député à la seconde assemblée, en 1792.
[78]: Vers de Berchoux... Satire contre les Grecs et les Romains modernes et anciens.
[79]: Une femme du peuple, entendant ce mot de TYRAN, demanda à quelqu'un ce qu'il signifiait... On lui dit qu'un tyran, c'était un roi...—Ah!... voyez-vous ça!... et on lui fait sa fête à ce roi... Dame! c'est ben juste... On lui dit qu'au contraire on célébrait le jour où il était mort, pour s'en réjouir...—Ah! oui, oui, j'entends... un tyran, c'est comme qui dirait notre pauvre bon roi Louis XVI!...
Cette femme rappelle l'homme d'Athènes, qui ne savait pas pourquoi il condamnait Aristide, si ce n'est qu'il s'ennuyait de l'entendre appeler le Juste.
[80]: Les philanthropes durèrent encore jusqu'au consulat. Alors Napoléon étant à la tête des affaires, cette comédie tomba d'elle-même, d'autant mieux qu'il ne les persécuta pas...—Ils seraient bien contents d'avoir un seul martyr, disait-il... mais je m'en garderai bien...
[81]: Paul-François-Jean-Nicolas, vicomte de Barras, né à Fohemboux, en Provence, le 20 juin 1755. «Noble comme les Barras, qui sont aussi anciens que les rochers de Provence,» disent les paysans de la province. M. de Barras était en outre fort riche et fort beau. On ignore s'il a laissé des enfants.
[82]: Il avait commandé l'armée des Alpes, et avec succès, en l'an IV.
[83]: Le directeur Barthélemy (comte François Barthélemy) était neveu de l'abbé Barthélemy, auteur du Voyage du jeune Anacharsis.
[84]: Je sais bien qu'on peut objecter que l'Almanach des Muses contient des poésies légères de Colardeau, de Dorat, de Marmontel, de La Harpe... que Voltaire même y donnait des vers. Qu'est-ce que cela prouve? ne voyons-nous pas chaque jour les noms de Lamartine, Hugo, Dumas, M. de Vigny, M. de Rességuier, paraître dans des journaux, et de mauvais journaux!
[85]: Il était né à Sassay, petite ville de Lorraine; mais il fut adopté par la ville de Neufchâteau. Il était né le 17 avril 1750.
[86]: Étant député des Vosges à l'Assemblée Législative, il fit en 1791 une motion tendant à demander la poursuite des prêtres, pour arrêter les troubles du royaume. Il demanda aussi la suppression de la messe de minuit. Il n'aimait ni la religion ni les prêtres.
[87]: Mari de madame Visconti de Berthier.
[88]: Il pouvait bien le dire, lui qui à Lonato reçut deux blessures, dont il portait les nobles cicatrices, en prenant l'un de ces drapeaux étant à la tête du régiment de hussards appelé Berchini, dont il était alors colonel.
[89]: Jamais aucun gouvernement, même celui de Napoléon, qui était assez despotique, n'a fait marcher ainsi les premiers talents d'un art aussi relevé que celui de la musique... Le Directoire était despote avec dureté et sans compensation.
[90]: Par Chénier; mais il était bien au-dessous de celui du Départ, et cela était simple: l'un était l'élan du cœur, l'autre était commandé.
[91]: On avait substitué le mot France au mot empire.
[92]: Ces vers sont dans mes Mémoires sur l'empire.
[93]: Si tout ce que je rapporte n'était exact, cela n'aurait aucun mérite... Ces choses-là, si elles sont altérées, ne sont plus que ternes et sans intérêt...
[94]: Cette marine venait de Venise, Trieste, etc...
[95]: Daunou vit toujours... c'est un des hommes les plus vertueux qui existent.
[96]: Il venait de mourir le 22 vendémiaire à Wetzlar, avec de grands soupçons de poison.
[97]: 1775.
[98]: 1796.
[99]: 1817.
[100]: 1819.
[101]: 1821. On peut ajouter, à ce que je viens d'énumérer, Paméla et une foule de discours qui doivent former un recueil de plus de quatre volumes in-8o.
Des amis de François de Neufchâteau lui prêtent un mot qu'il disait lorsque, après avoir fait des discours louangeurs à Napoléon, il gardait le silence... Le héros a changé, je me tais!... S'il l'a dit, il ne l'a dit que devant très-peu de témoins... François de Neufchâteau fut prié, et cela est certain, par Cambacérès, de la part de l'Empereur, de mettre moins de pompe dans les discours qu'il lui faisait.
[102]: Je vais expliquer ma pensée. À Dieu ne plaise que j'attaque ici le talent de madame Sand, que j'admire et regarde comme le premier de notre époque comme style, et souvent aussi comme descriptif, et de la plus haute portée! mais elle et madame de Staël ne sont nullement sur la même ligne. L'une est une femme supérieure aux autres comme écrivain; l'autre est un génie qui n'a pas été égalé dans notre sexe. Les sujets traités ne sont pas les mêmes ensuite, et ce qu'elles ont écrit sur l'amour prouve même à quel point leur nature est dissemblable.
[103]: Elle était Française, et née à Paris.
[104]: Milet-Mureau était capitaine du génie au moment de la Révolution, lorsqu'il fut nommé député aux États-Généraux. C'était un honnête homme, mais sans être plus supérieur que beaucoup d'autres.
[105]: Ouvrage de Benjamin Constant publié en l'an V.
[106]: Député du Calvados à l'Assemblée nationale. Ce fut lui qui fit décréter l'établissement des Sourds-Muets; mais une chose remarquable fut ce qu'il fit opérer: la réduction par les assemblées électorales du tiers des membres de la Convention.
[107]: Député de Seine-et-Marne à l'Assemblée législative. C'était un homme de beaucoup de talent et auteur de plusieurs ouvrages sur les différents impôts. Au 18 brumaire, il fut fait conseiller d'État.
[108]: Député des Deux-Sèvres à l'Assemblée législative... puis à la Convention; il fut surtout recommandable, non-seulement par son talent à la tribune, où il montait toujours plusieurs fois par séance, mais par sa constante fermeté à défendre la représentation nationale et l'intégrité des élections, comme il le fit pour Frédéric Hermann, député[108-A]. Jard-Panvilliers eût été douloureusement indigné à la vue de l'affaire qui vient de se passer à la Chambre de 1838!... cette affaire de M. de Sivry, où nous avons vu les droits du citoyen et du député violés. Combien il eût pleuré sur cette foule d'outrages faits et soufferts! surtout en voyant quel est l'homme auquel on s'est adressé. Quoi qu'il en soit jamais de cette affaire, les amis de M. de Sivry ont pu être affectés de la peine qu'il en a éprouvée; mais sa noble et loyale conduite a été de nature à les rendre fiers de son amitié pour eux.
[108-A]: Du Bas-Rhin au Conseil des Cinq-Cents.
[109]: Conseiller d'État, député de Nemours aux États-Généraux. Sa conduite fut toujours admirable et loyale comme homme de talent et Français. Il aimait M. Necker et en était aimé. Il avait soutenu l'opinion du contrôleur-général pour la caisse d'escompte. Il fut aussi contre les ordres religieux. Au moment où il vint chez madame de Staël, il allait partir pour l'Amérique, où il se retira après avoir donné sa démission successivement aux deux Conseils. Il était fort ami de mon père.
[110]: Joubert de l'Hérault, député de l'Hérault à la Convention, homme de fermeté et de talent de discussion.
[111]: Député de la Meurthe au conseil des Cinq-Cents.
[112]: Le général Kniawitz passa au service de France après la révolution de Pologne qui mit Catherine en possession de sa part de partage.
[113]: Schlusselbourg est bâtie sur un rocher, au milieu de la mer, à quelque distance de Pétersbourg.
[114]: La famille Czartorinski, l'une des plus anciennes et des plus grandes de la Pologne, n'eut une alliance que parce que la sœur des princes Auguste et Michel Czartorinski épousa, contre leur gré, le comte Poniatowski, d'une noblesse nouvelle, mais protégé par Charles XII, et ensuite par le roi de Pologne (Auguste II), quoiqu'il eût été son ennemi. Stanislas Poniatowsky, qui fut roi de Pologne par la volonté de la Czarine, était fils de ce comte Poniatowsky; mais le comte était un homme de talent et d'esprit: il força, par une constante étude, ses beaux-frères à se rapprocher de lui; et leur réunion, qui ne fut jamais rompue, eut de grands résultats pour la prospérité de tous deux. Quant au trône de Pologne, il est constant que, sans Catherine, c'eût été le prince Adam Czartorinski, cousin de Stanislas Poniatowsky, qui eût été élu.
[115]: Pinto est une belle pièce: c'est la première comédie shakspearienne que nous ayons eue. Mon opinion n'est pas le résultat de mon amitié pour M. Lemercier.—C'est justice.
[116]: La représentation nationale, disait madame de Staël, est une chose solennelle. C'est un sacrement!... C'est l'onction sainte donnée par le peuple à ses représentants.
[117]: Bergasse-Lasirouse, éliminé au 18 brumaire, ainsi que Duplantier; mais celui-ci fut préfet du département des Landes trois ans après.
[118]: À cette époque, M. Vanberchem était banquier à Paris. Sa maison portait le nom de Bazin, Vanberchem et compagnie: M. Bazin était le mari de sa sœur. Toute la famille logeait alors rue de Cléry, no 95. M. Hottinguer et compagnie était une des bonnes maisons de banque de Paris; il logeait rue de Provence, no 3, et recevait beaucoup. En général, la finance avait un grand éclat à cette époque: Récamier et compagnie, Tourton et Ravel, Perregaux et compagnie, Ouvrard, les frères Michel, Lecouteulx et compagnie, Julien et Basterrêche, Hervas, Detchegoyen, Delessert, Baguenaut, Pourtalès et compagnie, Vanrobais et Amelin, Enfantin frères, et dix autres, tels que Barillon et Doyen, etc., etc.
[119]: Cette madame Vandenyverd était la veuve de l'un des Vandenyverd qui moururent avec madame Dubarry, et par une imprudente parole qu'elle laissa échapper. Le père et les deux fils moururent ensemble!... Le gendre, nommé Villeminot, continua la maison avec sa belle-mère. C'est le père de madame la comtesse Estève.
[120]: Don Juan de Lugo était à cette époque à Paris en qualité de consul-général d'Espagne. C'était un homme agréable et d'esprit; il logeait à l'hôtel de Noailles, rue Saint-Honoré, à côté immédiatement de M. Vanberchem, qui occupait le petit hôtel de Noailles au moment où cette aventure lui arriva... C'était quelques semaines avant ce jour-là.
[121]: Cet assassinat de Croissy, commis sur deux vieillards, le mari et la femme, et une belle jeune fille de dix-huit ans, est un des crimes les plus horribles de ce moment.
[122]: M. Billy Vanberchem est toujours vivant; il habite Genève, où il est comme partout aimé de ses amis[122-A].]
[122-A]: Il est maintenant à Bologne.]
[123]: C'est une vérité qu'elle était modeste, et bien plus que des gens que j'ai connus, des gens qui écrivent des volumes, de gros volumes, en vérité, faits seulement avec de vieilles idées rebattues et les règles de la grammaire; mais pour des pensées, néant. Eh bien! ces bonnes gens-là s'étonnent d'eux-mêmes à un degré vraiment comique... C'est une telle vénération d'eux-mêmes, qu'après eux il n'y a rien à dire.
[124]: Il était rentré auparavant; mais sa radiation définitive ne fut donnée que plusieurs mois après.
[125]: La conduite de mon mari fut bien belle dans cette circonstance; j'en suis fière, les Anglais l'apprécient beaucoup.
[126]: Ce passage est sublime. Dans Dix ans d'exil, madame de Staël, après avoir raconté la venue du gendarme, dit qu'il était littéraire, et qu'il lui parla de ses ouvrages qu'il avait lus.
—Vous voyez, monsieur, où cela mène d'être une femme d'esprit; déconseillez-le, je vous prie, aux personnes de votre famille, si vous en avez l'occasion.
«J'essayais de me monter par la fierté, mais je sentais la griffe au cœur...» Cette dernière ligne est superbe.
[127]: «Que je vienne quelquefois à Paris pour aller au spectacle et au Musée, disait-elle en pleurant, et je suis satisfaite!... Oh! général, si vous saviez ce que c'est de craindre de ne revoir ni ces lieux ni les siens, vous auriez quelque pitié de moi,» disait-elle à Junot.
[128]: Mon père, qui a beaucoup connu M. Necker et nous a élevés dans un grand respect pour lui, m'a souvent répété qu'il était un des hommes les plus estimables qu'il eût connus, et qu'il aimait beaucoup la France. Son admirable conduite dans son second ministère le prouve bien.
[129]: Parmi les danseuses célèbres de cette époque, mademoiselle Charlot avait une tête admirable de beauté; mais elle était trop grosse du reste du corps, et n'avait pas de grâce. Mademoiselle Pérotin, depuis madame Boucher, mère de madame de Thorigny, était charmante de toutes manières.
[130]: Jacques du Fouilloux écrivit et publia sous Charles IX un savant traité sur toutes les chasses, qui est encore consulté aujourd'hui.
[131]: Cette chasse fut connue de tout Paris, et beaucoup de personnes se la peuvent encore rappeler.
[132]: M. de Lonnoy, riche fournisseur, qui était à la tête de la fameuse compagnie Rochefort. C'était un homme aimable et bon.
[133]: Voiture avec laquelle les marchands de chevaux essaient les chevaux.
[134]: La trénis avait pris son nom de M. de Trénis, le fameux danseur de contredanse dont j'ai parlé; depuis, cette figure a conservé son nom. Les autres tiraient leur nom des ballets de Pâris et de Psyché.
[135]: Joseph aurait été non-seulement comme Lucien, mais encore mieux parce que ses traits étaient plus réguliers. Mais Joseph n'aime pas le monde; il n'aime qu'un petit comité et une société intime. Lorsque son frère l'exila sur un trône, je suis certaine qu'il regretta son ravissant Mortefontaine.
[136]: Grande rue Verte, no 1225 (alors faubourg Saint-Honoré).
[137]: La rue du Rocher était alors dans un quartier à peu près perdu; maintenant cette maison se trouve presque centrale. Joseph n'était pas député, ce qui le mettait plus à l'aise pour tenir sa maison et y recevoir qui bon lui semblait; madame Lætitia demeurait avec son fils aîné, ainsi que Caroline lorsqu'elle sortait de chez madame Campan.
[138]: Citadella, collègue de Lucien dans la députation, Bordas, André (du Bas-Rhin), Prudhomme, Poulain-Grandpré, Daubermesnil, Marquezy, Stevenolle, Aréna, Duplantier, Joubert (de l'Hérault), et enfin tant d'autres. Mais cette particularité de cinq membres des Anciens seulement est fort singulière à remarquer.
[139]: Vaucanson avait fait un canard artificiel qui digérait.
[140]: On a prêté ce mot à plusieurs personnes, mais il est de Dazincourt; je le lui ai entendu répéter moi-même devant plusieurs personnes qui le lui avaient déjà entendu dire en 1795, en voyant madame de Mo... aller à un bal des victimes.
[141]: Robespierre fut le seul qui osa porter des manchettes et un jabot de dentelles pendant 93, et fut aussi recherché dans sa toilette.
[142]: An V, an IV, an VII, an VIII.
[143]: En 1820, les hommes eurent un moment des pantalons d'une telle largeur, et des chapeaux si petits, que je crus retrouver de mes caricatures de 98 et 99; tant il est vrai que les modes font le tour du cercle!
[144]: Voir dans mes Mémoires ce qui est arrivé au poëte Doffreville (tome IV des Mémoires sur l'Empire), comment il fut mystifié et toute la salle des Variétés avec lui.
[145]: Cette impression fut produite par la grande ressemblance qui existait entre mademoiselle Contat et ma mère, que j'idolâtrais, et dont la beauté était pour moi une continuelle source de triomphe et de joie. J'étais si heureuse d'entendre dire qu'elle était belle, moi qui savais comme elle était bonne! et j'aimai tout de suite mademoiselle Contat (ou plutôt madame de Parny, car elle était déjà mariée), à cause de cette ressemblance.
[146]: J'ai lu les Mémoires qu'on attribue à Fleury, et j'avoue que j'ai été bien étonnée de n'y pas trouver une foule d'anecdotes que je lui ai entendu raconter à lui-même, et même souvent.
[147]: Dugazon avait été fort loin dans la route révolutionnaire, et on prétend qu'il pouvait faire davantage pour sauver ses camarades.
[148]: Elle se retira en 1808 ou 1809, et avait quarante-huit ans à l'époque où je suis maintenant (en 1800). Si elle eût été moins grasse, elle aurait fait à la scène l'effet d'une femme de vingt ans.
[149]: Cet hôtel était un des plus beaux de Paris; il y avait surtout une galerie immense que M. de Brissac avait fait bâtir pour donner des fêtes.—Rue de Grenelle, faubourg Saint-Germain, no 92 (alors).
[150]: Dans le rôle d'Atalide, sur le théâtre des Tuileries.
[151]: Louise Perrin, née à Paris en 1760. Elle débuta le 3 février 1776, mais on ne sait pas bien certainement à quelle époque elle fut vraiment dans les bonnes grâces du public. Lorsque je la vis jouer, elle excitait un enthousiasme bien grand, mais au reste mérité: elle était à la fin de sa carrière dramatique.
[152]: En 1789.
[153]: Le comité de Salut public avait fait ce signe convenu avec Fouquier-Tinville. On mettait sur le dossier une lettre tracée à l'encre rouge, pour lui dire ce qu'il avait à faire: cette lettre était un D pour la déportation, un G pour la mort, et un R pour l'acquittement. Ainsi les victimes étaient jugées avant le jugement!...
[154]: Joseph-Jean-Baptiste Albouis, né à Marseille, le 11 décembre 1747.
[155]: Comme Fleury, qui s'appelait Bénard.
[156]: Un homme malheureux qu'il connaissait va un jour chez lui, et lui demande quelques effets pour remonter sa garde-robe qui en avait grand besoin: il lui donna à l'heure même plusieurs de ses chemises d'une très-belle toile de Hollande, et presque neuves. Après le départ de l'autre, sa femme le gronda d'avoir donné d'aussi beau linge.
—On aurait pu lui en faire faire d'autres, lui dit-elle.
—Oui, répondit Dugazon, mais il ne les aurait pas eues de suite.
Ce mot est un mot du cœur.
[157]: L'éléphant du Jardin des Plantes mourut. Dugazon met des pleureuses, et dans le plus grand deuil s'en va à Versailles, et se plante sur le passage du Roi, qui d'abord lui demande avec intérêt de qui il est en deuil.—De l'éléphant, Sire, répond Dugazon, en affectant de pleurer; cette pauvre bête est morte... Ce que c'est que de nous!... Mais, Sire, je viens solliciter V. M. pour avoir la survivance de l'éléphant dans sa belle place au Jardin du Roi, pour mon camarade Desessarts. Le Roi rit beaucoup de cette supplique, mais Desessarts fut furieux et voulut se battre.
[158]: Jean-Baptiste-Henri Gourgaud, né à Marseille en l'année 1746, un an avant Dazincourt.
[159]: Madame de Staël à cette époque était fort bourgeonnée.
[160]: Madame Méchin était certainement la plus belle.
[161]: Sa première femme.
[162]: Aujourd'hui ministère de la guerre, et que Lucien vendit à sa mère lors de son exil.
[163]: Il voulait faire faire un tableau capital par tous les premiers artistes, une statue par les premiers sculpteurs, et chaque chose dans le genre qui était le plus propre à l'artiste. Le grand tableau du Bélisaire de David était chez Lucien, qui le laissa à sa mère en partant. Celui qui est ici, au Musée, est trois fois plus petit.
[164]: La maison de Neuilly appelée la Folie Saint-James; c'est à gauche du pont. Je l'ai occupé quatre ans après, et j'ai joué la comédie sur le même théâtre.
[165]: Toutes les femmes étaient les mêmes que celles qui allaient aux Tuileries, excepté quelques-unes peu importantes. Tant que madame Bacciochi fit les honneurs de la maison, cela fut ainsi.
[166]: L'acteur qui était aux Français; il était le directeur du théâtre de Neuilly.