Géologie du Tidikelt.
Le Tidikelt s’allonge à la bordure méridionale du grand plateau de Tadmaït. Il fait donc pendant au Touat et au Gourara qui sont les bordures occidentale et septentrionale du même plateau.
Crétacé. — Les roches crétacées sont ici les mêmes qu’à l’ouest et au nord. Un magnifique gisement de fossiles se trouve à la tête de l’oued Aglagal ; les Ostrea olisiponensis sont très nombreuses et très belles ; c’est toujours comme à Matriouen et à el Goléa le même étage qui est fossilifère, Cénomanien-Turonien.
La falaise de l’oued Aglagal, haute environ de 200 mètres, est une magnifique coupe naturelle qui s’applique à la presque totalité des couches crétacées au Tadmaït. Les étages supérieurs et moyens du Crétacé sont ainsi représentés de haut en bas ([fig. 53]) :
| 10. | Calcaire à silex. | une soixantaine de mètres. supposé, d’après la stratigraphie, représenter le Sénonien, maissans preuves paléontologiques. | |
| 9. | Argile. | ||
| 8. | Grès. | ||
| 7. | Argiles à silex. | ||
| 5. | Calcaire compact. | une centaine de mètres. | |
| 4. | Argiles ou marnes à Ostrea olisiponensis. | ||
| 3. | Calcaires à Ostrea olisiponensis. | ||
| 2. | Argiles très puissantes. |
Au pied de la falaise s’étend très loin une plaine d’ennoyage, alluvions quaternaires et dunes, et c’est à une quinzaine de kilomètres plus loin seulement et en contre-bas de cent mètres, au Kreb er Rih, qu’on voit réapparaître le Crétacé, représenté par l’Albien gréseux du type habituel.
Cette falaise, que mon itinéraire s’est trouvé croiser à l’oued Aglagal (pl. XLIII, [81]), est un accident très important. C’est elle qui limite au sud le Tadmaït, elle dépasse 300 kilomètres de long, et son altitude, d’un seul jet, dépasse parfois 300 mètres et n’est jamais inférieure à 150. Elle est jalonnée par des sources A. Tabbagueur, A. Souf, A. el Hadjadj, A. Guettara. C’est la lèvre en rejet d’une superbe faille est-ouest qui se constate directement. Au sud de la falaise, au pied de laquelle affleure le grès albien, on voit réapparaître, en contre-bas de plusieurs centaines de mètres, toute la série des calcaires crétacés ; qui constituent des causses étendus entre In Salah et la falaise[220] (Voir la [carte] en couleurs.)
Fig. 53. — Falaise terminale du Tadmaït. — 1/600000.
1, grès albiens ; a, sol masqué par des formations récentes ; pour 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 10, se rapporter au texte.
(Bull. Soc. géol. Fr., 4e série, t. VII, p. 196, fig. 1.)
Il est donc certain que le Tidikelt représente par rapport au Tadmaït un compartiment effondré.
Les grès albiens jouent au Tidikelt le même rôle prépondérant qu’au Touat et au Gourara, mais ils sont développés surtout aux deux extrémités, orientale et occidentale ; les bois silicifiés caractéristiques sont épars sur le sol dans toutes les directions autour d’In Salah comme autour d’Aoulef.
Au centre, entre In R’ar et Tit, la continuité du placage albien est tout à fait interrompue. Un grand affleurement primaire s’avance en golfe jusqu’auprès d’In R’ar. L’érosion de l’oued Souf y est certainement pour quelque chose ; mais l’explication est insuffisante ; il faut admettre l’existence de failles nord-sud ; de part et d’autre de l’affleurement primaire en effet on retrouve des lambeaux importants de calcaires crétacés (étage moyen ou supérieur ?) qui se présentent à la place et au niveau des grès albiens.
| E.-F. Gautier. — Sahara Algérien. | Pl. XLIII. |
Cliché Pichon
81. — OUED AGLAGAL, entaillant la falaise terminale du Tadmaït au sud.
Argiles et calcaires crétacés.
Je les ai vus à Baba-Ahmed et à Aïn Tarlift.
La falaise de Baba Ahmed a 60 à 70 mètres de haut (5 mm. de différence au baromètre anéroïde).
Les couches se succèdent ainsi de la base au sommet.
| Calcaires massifs | 40 | mètres. |
| Argiles schisteuses rouge brique | 10 | — |
| Calcaire | 5 | — |
| Argiles ? où se trouve la source | 5 | — |
A l’Aïn Tarlift la falaise terminale est beaucoup moins haute, une vingtaine de mètres et présente approximativement la composition suivante de la base au sommet :
| Grès | 6 | mètres. |
| Argiles | 7 | — |
| Calcaires | 7 | — |
Contre cette formation sensiblement horizontale viennent buter, au pied de la falaise, les couches carbonifériennes énergiquement plissées ; à Baba Ahmed la couche calcaire supérieure contient des fossiles, malheureusement très friables et indéterminables.
Malgré l’absence de fossiles, l’âge crétacé de ces formations n’est pas douteux, mais elles n’ont plus du tout le facies de l’Albien, au niveau duquel elles se présentent pourtant, et dont il parait difficile d’admettre qu’elles représentent, par transformation latérale ; un facies particulier. Un système de failles est donc vraisemblable.
Notons d’ailleurs que le golfe primaire d’In R’ar, sur tout son pourtour, c’est-à-dire sur le trajet probable des failles, est jalonné de sources très nombreuses qui jaillissent au sommet des falaises ; Aïn Baba Ahmed, Imellal, Aïn Othman, el Mouizzir, etc. ; la carte Prudhomme n’en donne pas moins de dix-huit.
Des accidents tectoniques beaucoup moins importants, mais de même orientation nord-sud jouent au Tidikelt au point de vue humain un rôle considérable, toutes les palmeraies du Tidikelt sont des lignes de végétation allongées nord-sud ; c’est particulièrement marqué à Foggaret ez Zoua, In Salah, Aoulef. En général la ligne des palmiers est doublée d’une sebkha étirée dans le même sens. Cela revient à dire que les eaux du Tidikelt sont concentrées dans des poches ou plus précisément, dans des cuvettes synclinales, très allongées dans le sens de la méridienne. M. Flamand, à propos de Foggaret ez Zoua et d’In Salah, était arrivé à cette conclusion, et elle paraît incontestable ; les couches crétacées de Baba Ahmed ont une allure synclinale, en cuiller, sensible à l’œil. En somme, les terrains du Tidikelt, en général crétacés, sont affectés des plis posthumes, dont la direction est imposée par celle des plis primaires sous-jacents ; car tous, les calédoniens, comme les hercyniens, ont ici une direction uniformément subméridienne[221]. Ces plis ont rejoué, et les failles profondes se sont traduites en surface par des fléchissements en cuvettes synclinales de la couverture crétacée.
Sous-sol primaire. — La couverture crétacée est sans épaisseur au Tidikelt et, à sa limite sud, il est facile d’étudier le sous-sol primaire. Cette limite est très nette, elle est marquée presque partout par des falaises abruptes mais peu élevées (quelques dizaines de mètres).
Les formations primaires qu’on observe au pied des falaises et dans le golfe d’In R’ar sont généralement carbonifériennes, ou du moins presque tous les gisements de fossiles signalés sont carbonifériens.
Les fossiles abondent dans la dépression d’In R’ar (Aïn In Mellal, Aïn Mouizzir Sr’ir, Aïn Othman). Des fossiles de cette provenance ont été étudiés par M. Flamand[222] qui conclut ainsi : « On voit que toute cette faune, dans son ensemble, est bien caractéristique du terrain carboniférien et que — la présence d’espèces telles que Plectambonites analoga, Productus semireticulatus, Michelinia favosa, Fenestella membranæ, Pleurotomaria Yvani, etc., indique vraisemblablement l’existence de deux étages viséen et tournaisien. »
Des fossiles d’Aïn Tar’lift appartiennent au même étage.
Au chapitre précédent on a déjà mentionné les gisements de fossiles carbonifériens limitrophes du Touat et du Tidikelt, à Aïn Cheikh et Hacian Taïbin ; ainsi que le gisement authentiquement éo-dévonien d’Aïn Cheikh.
M. Flamand qui en a étudié le premier les fossiles, conclut ainsi[223] : « L’ensemble de cette faunule caractérise nettement le Dévonien inférieur ; de plus, la présence et l’association de quelques formes : Chonetes sarcinulata Schloth., Spirifer cf. Rousseaui Rouault, Pleurodictyum du groupe du constantinopolitanum, etc., permettent de considérer les assises gréseuses d’Haci Cheikh comme appartenant vraisemblablement à l’étage coblentzien. »
Ce sont les seuls fossiles dévoniens qui aient encore été signalés au Tidikelt. Les formations carbonifériennes sont malheureusement bien loin d’avoir ici la même uniformité de facies que dans le nord : dans la zone du Béchar, par exemple, ou même encore au Gourara, le Carboniférien (Dinantien) se distingue aisément à ses assises massives de calcaire bleuâtre.
Au Tidikelt, le calcaire n’a pas tout à fait disparu (Hacian Taibin, par exemple). Mais les marnes prédominent ; ce sont elles qui fournissent les plus beaux fossiles (Aïn Cheikh, Tar’lift). Elles sont interstratifiées de schistes très fissiles (ktoub), de grès très fissiles ou même de grès en bancs assez épais, qui paraissent appartenir à l’étage.
Fig. 54. — Coupe d’Aïn Cheikh.
Ce caractère protéiforme du Carboniférien est d’autant plus regrettable qu’on peut être amené à confondre ces formations avec d’autres d’un âge tout différent. S’il y a lieu de croire, en effet, que le Carboniférien soit au Tidikelt l’étage primaire le plus largement représenté en surface, il est incontestable que les plis et les accidents primaires ont chance d’avoir amené à l’affleurement tous les étages du Dévonien et du Silurien.
En effet l’architecture de la pénéplaine primaire apparaît au Tidikelt avec plus de netteté relative qu’au Touat ; dans le Tidikelt occidental, en particulier, l’étude du plissement hercynien à Aïn Cheïkh et au dj. Aberraz est très instructive. Les deux coupes s’appliquent au même plissement, à 20 kilomètres environ de distance l’une de l’autre, et elles sont bien symétriques.
Aïn Cheikh. — La coupe ([fig. 54]) est loin de me satisfaire ; je l’ai relevée trop vite en 1903 et je n’ai pas revu Aïn Cheikh depuis. La coupe a environ 4 kilomètres de long, transversalement à la direction du pli. C’est une fenêtre ouverte à travers les grès du Crétacé inférieur par l’érosion de l’oued Chebbi. Voici d’ouest en est la succession des affleurements primaires.
1. Marnes et calcaires intercalés, fossiles carbonifériens abondants.
2. Formations peu résistantes, accusées en creux et couverts de débris, supposées représenter le Méso et le Néo-dévonien ?
3. Les grès éodévoniens, avec intercalations d’argile, fossilifères. La source d’Aïn Cheikh jaillit entre deux feuillets de grès. Des dépôts travertineux tout voisins attestent l’importance de la source à l’époque quaternaire.
4. Argiles ou marnes, formation peu résistante, accusée en creux et couverte de débris, difficile à observer. (Méso-dévonien ?)
5. Couches de calcaire amarante compact, contenant des fossiles, en particulier des orthocères, indéterminables. (Méso-dévonien ?)
6. Schistes noirs, fissiles, puissants, l’oued Chebbi y a creusé son lit. Il doit son nom à un gisement d’alun (chebbi) qui se trouve en grands cristaux dans un lambeau d’alluvions quaternaires à proximité de la source. Il semble donc bien que ces schistes soient alunifères.
Or les schistes à graptolithes, rapportés par Foureau du Tindesset, sont des schistes alunifères, et jamais encore on n’a signalé d’alun au Sahara dans une formation autre que silurienne. D’autre part, la source d’Aïn Chebbi, qui est abondante et pérenne, est probablement en relation avec un accident, une faille.
Les couches 1, 2, 3, 4, 5 plongent toutes à l’ouest, sous un angle de 45° peut-être. Le grès éodévonien recouvre les calcaires à orthocères, plus jeunes que lui. De part et d’autre de l’affleurement éodévonien qui marque nécessairement l’axe du pli, les affleurements de couches plus jeunes ne sont nullement symétriques.
Nous avons donc un pli orienté nord-sud (simple ou double ?), vigoureusement déversé sur l’est, et qui vient s’écraser le long d’une faille contre un horst silurien.
Notons que ceci est une interprétation tardive, après des années écoulées, de la coupe notée sur le carnet.
Djebel Aberraz. — Celle du dj. Aberraz en revanche ([fig. 55]), encore que lacunaire, ne fait aucune part à l’hypothèse interprétative ; elle est due à M. Chudeau.
Le djebel Aberraz est formé par deux anticlinaux déversés vers l’est ; le pli occidental surtout est important ; ils contrastent nettement avec la région située plus à l’est (jusqu’à Bled el Mass) où les plis à peine marqués forment une série de dômes et de cuvettes nettement fermés.
Les couches carbonifériennes fossilifères s’observent au voisinage de Hacian Taïbin sur le versant ouest du pli occidental.
Au sommet de ce pli, au dj. Aberraz proprement dit, affleurent en puissantes assises des grès qui ont le facies et la masse des grès éodévoniens. Cette partie du pli ayant été malheureusement traversée de nuit la succession des couches n’a pas pu y être notée.
Ce plissement hercynien est arrêté à l’est par le horst calédonien de Bled el Mass. Il est composé de grès et de schistes verts et violets, parfois de couleur claire, très plissés et injectés de quartz. (Voir pl. XLIX, [90.])
Ce horst silurien était déjà arasé à l’époque dévonienne, puisque le grès dévonien de Garet Tamamat repose dessus en couches horizontales.
Fig. 55. — Coupe d’H. Taïbin à Garet el Diab. — 1/600000,
Cr, Crétacé inf. ; C, Carbonifère ; D, Dévonien ; S, Silurien ; Ŧ, pointe fossilifère ; F, faille et diaclase.
(Bull. Soc. géol. Fr., 4e série, t. VII, p. 202, fig. 2.)
Il semble donc bien établi qu’un horst silurien, bordé à l’ouest par une faille nord-sud, s’étend d’Aïn Chebbi à Bled el Mass ; c’est le butoir contre lequel est venu se déverser sur toute sa longueur visible le pli hercynien d’Aïn Cheikh-Dj. Aberraz ; et nous constatons ici, avec une grande précision, la limite entre les domaines respectifs des plis hercyniens et calédoniens.
Si mes souvenirs, un peu lointains, sont exacts, les schistes alunifères d’Aïn Chebbi sont bien moins dérangés que les couches de Bled el Mass. — Ceux du Tindesset, photographiés par Foureau[224], paraissent assez voisins de l’horizontale. Il n’y a là aucune contradiction puisque les schistes à graptolithes sont rattachés par M. Haug au Silurien supérieur[225]. Les couches de Bled el Mass sont probablement du Silurien inférieur[226].
Pli d’In R’ar. — Le pli hercynien d’In R’ar est encore plus mal connu que celui d’Aïn Cheikh, pourtant son étude nous conduit à des conclusions identiques.
D’après un rapport manuscrit de M. Voinot, les couches primaires plongent en sens inverse de part et d’autre du golfe primaire.
D’autre part, sur l’itinéraire de Tirechoumin à Baba-Ahmed et dans le prolongement du golfe, on rencontre successivement des couches qui plongent à l’est, au voisinage de Tirechoumin, et à l’ouest au voisinage de Baba Ahmed. Il ne semble donc pas douteux qu’il n’y ait là un grand pli anticlinal étiré nord-sud.
Le pli d’In R’ar s’arrête brusquement à 15 kilomètres environ au sud de Tirechoumin, à une ligne de faille au delà de laquelle le Carboniférien fossilifère se présente brusquement en couches horizontales sur de grandes étendues. Plus au sud, on ne retrouve plus de couches carbonifériennes ou dévoniennes plissées, et quand on arrive à des couches plissées, elles appartiennent au substratum calédonien. Ici donc encore nous pouvons délimiter avec précision les domaines respectifs des plissements hercyniens et calédoniens ([fig. 50]).
En somme, dans le Tidikelt occidental, d’In R’ar à Aïn Cheikh, le sous-sol primaire est une pénéplaine où l’on distingue deux faisceaux de plis hercyniens, entre lesquels le horst calédonien projette un promontoire jusqu’à la falaise crétacée. Et si les détails manquent, ce sont là du moins des traits généraux absolument exacts.
Sud d’In Salah. — Dans le Tidikelt oriental (In Salah), la structure de la plate-forme primaire est plus mal connue et plus incertaine ; je n’ai de documents que sur la route d’In Salah au Mouidir par Haci el Kheneg (route faite en partie de nuit).
Le puits d’el Kheneg est dans des grès bien lités, interstratifiés de quelques lamelles argileuses ; à travers les couches minces d’argile les couches gréseuses sont réunies par des colonnettes de grès, très régulières, qui se débitent en rondelles tout à fait semblables, comme forme et comme dimension, à des bourres de fusil de chasse ; dans les argiles, j’ai recueilli une Rhynchonnelle.
Malheureusement, ce fossile n’est pas caractéristique. D’après le facies, on pourrait croire les couches d’el Kheneg éodévoniennes ? (surtout à cause des « bourres de fusil », mais c’est naturellement un indice très faible). En tous les cas elles appartiennent plutôt à la série dévonienne.
On sait que dans un échantillon de schistes provenant de Haci el Kheneg et rapporté par le lieutenant Cottenest, M. Flamand a découvert des Graptolithes[227] ; ces schistes ont été recueillis au campement à quelques centaines de mètres du puits. Leurs relations stratigraphiques avec les terrains voisins sont inconnues.
Il semble impossible d’attribuer au Silurien les grès à colonnettes de H. Kheneg — qui par définition ne sont pas des schistes à graptolithes. Mais ces grès supposés éodévoniens sont à peine dérangés, ils plongent vers l’ouest d’une inclinaison très légère. Ils ont donc échappé au plissement hercynien, et, comme à Garet Tamamat ils reposent vraisemblablement sur le horst silurien.
Seulement je ne puis pas indiquer, dans le Tidikelt oriental les limites exactes de ce horst.
Le substratum primaire apparaît, le long de l’oued Inesmit, au pied de la falaise crétacée, à une quarantaine de kilomètres au S.-S.-E. d’In Salah. Il est représenté par des schistes fissiles noirs, des calcaires bleus à Crinoïdes et à Cyathophyllum en bancs réguliers, des marnes, des grès en plaquettes.
C’est un facies qui rappelle celui des couches carbonifériennes. Les strates plongent au N.-N.-O., d’une inclinaison légère, mais plus accusée qu’à H. el Kheneg. Je n’ose pas risquer d’hypothèse explicative.
Malgré l’incertitude des limites exactes, il n’est pas douteux que l’extrémité du horst calédonien ne voisine avec In Salah puisque Haci el Kheneg est à une centaine de kilomètres seulement de l’oasis.
Nous sommes donc certains que le placage crétacé du Tidikelt, sur toute sa longueur, recouvre à peu près la vieille suture en zigzag des domaines hercynien et calédonien.
M. Flamand a signalé un plissement hercynien à l’est du Tidikelt (Aïn Kahla)[228], et rien naturellement n’empêche de croire que la zone des plis hercyniens ne réapparaisse plus loin à l’est.
Pourtant le pli d’Aïn Kahla a un axe cristallophyllien ou cristallin, et cela le rapprocherait plutôt des plis calédoniens que des hercyniens. La question n’existait pas au moment où M. Flamand a vu ce pli ; puisque alors, l’existence au Sahara de plis calédoniens n’était pas soupçonnée. Elle mériterait un supplément d’information ; si le pli d’Aïn Kahla est hercynien, il faudrait conclure que les plis hercyniens gagnent en intensité, d’ouest en est. Car les plis occidentaux ne sont pas assez énergiques pour amener à l’affleurement des couches aussi anciennes.