Le Tidikelt.

Le Tidikelt a certainement de grandes affinités déjà signalées avec le Touat et le Gourara. Il les continue linéairement, c’est l’extrémité de la « rue de palmiers ». Notons pourtant que la continuité au Tidikelt est interrompue par des brèches fréquentes et notables.

Ici comme au Touat et au Gourara les oasis sont en général sur la plus inférieure des couches crétacées, les grès albiens ; ces grès sont recouverts par place par des terrains d’atterrissement récents, en un point (pourtour de la coupure d’In R’ar) ils font défaut et sont remplacés par des calcaires crétacés d’étage indéterminé. Mais la nappe d’eau est bien dans le Crétacé. Il a été souvent question de la « r’aba » du Tidikelt, qui est naturellement non pas une forêt, comme le sens usuel du mot arabe r’aba semblerait l’indiquer, mais un pâturage de chameaux, maigre et piteux d’ailleurs. C’est un long ruban de verdure rare et grise qui s’étire exactement à la limite du Crétacé et du Primaire, mais toujours exclusivement sur le Crétacé.

La r’aba est un lieu de sources ou de points d’eau ; elles sont particulièrement abondantes autour de la grande trouée d’In R’ar mais, plus ou moins serrées, elles se retrouvent partout dans la r’aba. Ainsi donc, au sommet de la falaise secondaire, des sources, une brousse de zita et d’autres arbustes sahariens ; en bas, sans transition, sur la pénéplaine carboniférienne, l’aridité absolue, le désert maximum. Ce contraste saisissant est le même partout.

C’est ainsi d’ailleurs que les assez beaux pâturages du Gourara méridional (Bel R’azi, Deldoul, Lella R’aba) sont sur le Crétacé et s’arrêtent brusquement à la limite des terrains primaires.

E.-F. Gautier. — Sahara Algérien.Pl. XLIX.

Cliché Laperrine

90. — BLED EL MASS.

Couches siluriennes (phyllades) très énergiquement plissées et arasées, sur le terrain on les voit supporter le dévonien horizontal.

Cliché Gautier

91. — Dans l’Adrar Ahnet (guelta d’Ouan Tohra), une gorge sauvage au fond de laquelle la progression n’est pas possible sans corde. — Grès quarziteux.

E.-F. Gautier. — Sahara Algérien.Pl. L.

Cliché Pichon

92. — ADRAR AHNET ; UN RAVIN DANS LES GRÈS SILURIENS.

E.-F. Gautier. — Sahara Algérien.Pl. LI.

Cliché Pichon

93. — ADRAR AHNET ; OUED TEDJOULJOULT. — Grès Siluriens.

Il n’est pas possible de se soustraire à la conclusion que la nappe d’eau se trouve dans le Crétacé.

Mais d’où vient-elle ?

M. Flamand attribue à l’eau d’In Salah une origine méridionale ; il la croit venue du Mouidir et l’hypothèse n’est pas invraisemblable ; les grès du Mouidir sont, assurément, un gros réservoir d’humidité, avec lequel il est facile d’imaginer que le Tidikelt puisse être en communication.

Il est certain que le dj. Azzaz et le dj. Idjeran, affleurement de grès dévonien qui borne à l’est le Tidikelt, sont des lieux de sources (Aïn Kahla, etc.) et ces sources sont alimentées par le Mouidir. A l’autre bout du Tidikelt Aïn Cheikh jaillit de même dans un affleurement de grès éodévonien. Il semble donc bien que la nappe souterraine des grès méridionaux doive trouver son chemin jusqu’au Tidikelt où l’existence de failles facilite son ascension. D’autre part pourtant, on ne peut guère supposer que l’oasis d’In R’ar soit, par une coïncidence purement fortuite, précisément au débouché d’un grand oued descendu du Tadmaït. Il faut apparemment se garder de conclusions absolues et supposer que le Mouidir et le Tadmaït collaborent à la prospérité du Tidikelt.

Il en a grand besoin, car il se trouve dans des conditions défavorables pour utiliser la nappe d’eau du Tadmaït, qui manifestement d’après la pente générale du terrain est surtout drainé au profit des autres groupes d’oasis (Ouargla, Gourara, Touat).

N’oublions pas il est vrai que le Tidikelt, comme importance numérique en palmiers et en âmes, est inférieur de moitié au Touat ou au Gourara. Un coup d’œil sur la carte montre que, au Tidikelt, la distribution des oasis est assez particulière.

Tandis que les palmeraies du Gourara et du Touat s’étendent bout à bout, en formation linéaire, les palmeraies d’In Salah, d’In R’ar, d’Aoulef, etc., sont parallèles l’une à l’autre, en colonne de compagnie.

Cela revient à dire que chacune a son originalité propre, et sa nappe d’eau particulière. Il serait désirable d’en avoir des monographies.

Quoique ces études de détail fassent défaut on peut affirmer cependant, en règle générale, que chaque palmeraie est en relation avec une petite cuvette syndicale, allongée nord-sud, petit pli posthume déterminé par un effondrement local du substratum hercynien ou calédonien. Cette petite cuvette synclinale est une poche où l’eau s’est accumulée comme le montre non seulement l’existence de l’oasis mais encore en général celle d’une ou plusieurs sebkhas.

La carte ci-jointe, dressée par M. le lieutenant Voinot, et qui m’a été communiquée par M. le commandant Lacroix, rend sensible cette disposition à l’oasis d’Aoulef-Timokten. La cuvette synclinale n’est pas marquée seulement par les courbes de niveau, mais encore par des foggaras, naturellement normales à la pente, et qui viennent de l’ouest à Timokten et de l’est au contraire à l’Aoulef. Cette disposition des foggaras en auréole ou en rose des vents autour d’une sebkha centrale ne se retrouve nulle part ni au Touat, ni même je crois au Gourara, où le parallélisme des foggaras entre elles est la règle générale.

Fig. 60. — Carte d’Aoulef, dressée par M. le lieutenant Voinot.

(Les traits noirs convergents sont les foggaras.)

Notons pourtant que certaines oasis du Gourara, en petit nombre (par exemple Ouled Mahmoud), sont elles aussi en relation avec de petits plis posthumes.

Cette similitude apparaîtra accentuée si on se rappelle que le Gourara a quelques puits artésiens (Ouled Mahmoud en particulier). Depuis notre installation aux oasis nous avons fait des efforts infructueux pour en forer au Touat — couronnés de succès au contraire au Tidikelt, au moins sur certains points.

D’après M. le lieutenant Voinot le Tidikelt a 8 puits artésiens : 1 à Foggaret ez Zoua, 4 à In Salah, 1 à Akabli, 1 à Tit, 1 à In R’ar. Evidemment l’accumulation des eaux dans des cuvettes synclinales explique le succès de ces forages.

Le Tidikelt a donc une hydrographie assez originale. D’autre part on sait déjà qu’il partage avec le bas Touat le privilège regrettable d’être ensablé. In Salah est très menacé par les dunes. Aoulef l’est aussi comme en témoigne la carte. D’après les traditions, dans un certain nombre de ksars l’homme a été chassé par le sable.

Notons cependant que dans le fossé d’effondrement, qui a le monopole des dunes, le Tidikelt est bien loin d’être le point le plus ensablé. Les grosses agglomérations de dunes se trouvent dans les maaders du Bota (erg Tegant, erg Iris), et de l’O. Adrem (erg Ennfous, erg Tessegafi), c’est-à-dire au point précis où il est naturel qu’ils soient, si on admet un rapport entre les alluvions et les dunes.

Histoire. — C’est au point de vue humain que le Tidikelt se distingue franchement du Touat et du Gourara.

A ce point de vue la meilleure monographie a été rédigée il y a plusieurs années déjà par M. le lieutenant Voinot. Elle n’a pas été publiée encore, et il est à craindre qu’elle ne le soit jamais ; c’est une raison de plus pour lui faire de larges emprunts[236].

Dans le travail de M. Voinot, la partie historique est très neuve et très intéressante.

Dans le haut Touat, au Gourara, dans l’O. Saoura il ne subsiste pas de traditions indigènes concernant le premier aménagement hydraulique du pays ; aussi loin que va la mémoire humaine on retrouve les oasis déjà existantes. Elles sont probablement préislamiques ; en tout cas il est impossible d’affirmer qu’elles ne le sont pas.

Au bas Touat, d’après Watin[237], des traditions un peu confuses assignent une date à l’établissement des premières foggaras. Elles auraient été creusées par les Barmata, au IIIe siècle de l’hégire, c’est-à-dire au Xe siècle de J.-C. Auparavant il n’y aurait eu au Reggan que des puits de caravane, creusés par les Arabes Moakel, nomades du Sahel, qui « avaient établi un courant commercial entre le Soudan et le Maroc ». Ces traditions sont, il est vrai, fâcheusement associées à l’étymologie Ouatin Touat, ce qui n’est pas pour leur donner un caractère d’authenticité ; elles méritent pourtant attention.

Au Tidikelt le doute n’est plus permis, les traditions recueillies par Voinot sont nombreuses, précises et concordantes. Partout le souvenir s’est conservé d’une époque où le pays entier était un pâturage, parcouru par les troupeaux touaregs, et dont la r’aba est aujourd’hui le dernier vestige. Dans chaque oasis on indique exactement la date de la fondation.

In Salah serait la plus ancienne ; ce fut un pâturage des Touaregs Kel Amellen jusqu’au XIIIe siècle environ, époque où les premières foggaras auraient été creusées par un nègre nommé Salah, et un certain Mohammed el Hedda, venu de Deldoul (Gourara). De là évidemment l’étymologie Aïn Salah, inventée après coup par les Arabes, puisque le nom véritable est In Salah, et que la particule Berbère In est fréquente dans l’onomastique (In R’ar, In Belrem, etc.).

Viennent ensuite par ordre d’ancienneté :

Akabli, — autrefois pâturage de Hacci Debder — l’oasis a été fondée en 1230 — agrandie en 1235, 1255, 1273, 1303.

Aoulef, puis Tit, puis In R’ar.

L’oasis de Timokten n’a été mise en culture qu’aux environs de 1700.

Les oasis de l’extrême est, Haci el Hadjar, Milianah, Foggaret el Arab, Igosten, datent du XVIIIe siècle. A Foggaret el Arab, la foggara la plus ancienne, foggara el Guedima, est de 1720 ; la plus récente, celle de Hadj Ali, est de 1800.

Ce sont là des souvenirs précis, souvent datés, quelques-uns tout récents, et qui ne peuvent pas être mis en doute.

Aussi bien les défricheurs du Tidikelt sont venus très souvent du Touat et du Gourara.

A Aoulef la migration de 1303 est celle des Ouled Meriem du Reggan. Les Ahl Azzi qui fondèrent Tit venaient de Fenourin (Touat). Parmi les fondateurs de Timokten, les uns (Ouled Yahia) venaient de Deldoul, les autres (Ouled Dehane) du Timmi.

Il est clair que parmi les trois groupes touatiens, le Tidikelt est le plus récent de beaucoup, c’est une idée toute nouvelle et que nous devons entièrement à M. Voinot.

On sait anciennement que les inscriptions tifinar’ ne sont pas rares au Tadmaït[238], et les Touaregs affirment que le Tadmaït fut jadis leur domaine. Tout confirme donc le recul des Touaregs au Tidikelt dans les derniers siècles.

La grande poussée d’arabisation, venue de l’ouest, du Maroc et de la Seguiet el Hamra, ce qu’on pourrait appeler la poussée andalouse, a donc eu sa répercussion jusqu’ici. Elle a refoulé les Berbères hors du Tidikelt, et du même coup elle y a apporté l’agriculture. Nous saisissons ici sur le fait, beaucoup plus nettement qu’ailleurs, le lien qui existe entre la poussée andalouse et le progrès économique au Sahara, et sans doute il n’est pas surprenant que les fugitifs des huertas espagnoles aient été en Afrique de bons professeurs d’hydraulique agricole.

Démographie et organisation politique. — Le Tidikelt est sur la frontière des deux langues et des deux cultures, arabe et berbère ; c’est une marche où l’influence arabe est encore mal assise. On s’en rend compte en étudiant avec M. Voinot sa démographie et son organisation politique.

J’emprunte d’abord à M. Voinot un tableau intéressant et inédit.

BLANCSHARATINTOTAL des habitants
Foggaret ez Zoua333137470
Foggaret el Arab393675
Igosten204107311
Haci el Hadjar11647163
Sahela Fokania19083273
— Tahtania6338101
Miliana321951
In Salah10906101700
In R’ar43745482
Tit412110522
Aoulef181319783791
Akabli471421892
Total général520036318831

Ce tableau fait ressortir d’un coup d’œil un certain nombre de faits intéressants.

Il nous donne la proportion exacte à la population générale des haratin, c’est-à-dire des paysans. Je ne crois pas qu’on la connaisse au Touat et au Gourara. Ici elle est assez faible. Sur 8831 habitants 3631 seulement cultivent, et nourrissent les autres. Il est vrai que le nombre des esclaves n’est pas indiqué, on ne nous dit pas s’il est inclus dans celui des haratin. On verra en outre que l’agriculture n’est pas la seule ressource alimentaire du Tidikelt.

Sur douze ksars il en est deux beaucoup plus importants que les autres qui renferment à eux seuls plus de la moitié de la population totale, ce sont In Salah et Aoulef ; autour de l’un se groupe le Tidikelt oriental, autour de l’autre l’occidental : ce sont les deux capitales, comparé au Touat et au Gourara le Tidikelt est centralisé.

De ces deux centres le plus important n’est pas le plus connu, In Salah (1700 habitants) ; mais c’est de beaucoup Aoulef (3791 habitants). Je n’imagine pas pourquoi la plus petite agglomération est précisément celle dont le nom s’est imposé au public européen ; c’est apparemment une notoriété de hasard, mais qui a eu ses conséquences puisque In Salah, après avoir été notre objectif stratégique, est aujourd’hui notre capitale administrative. Ce n’est pas sans conséquences fâcheuses pour Aoulef, et même au Sahara une réclame insuffisante eut un désavantage économique.

L’hydrographie de détail au Tidikelt n’ayant pas été étudiée, il est impossible de savoir si Aoulef dispose d’une nappe d’eau plus puissante ; faut-il invoquer, pour expliquer l’infériorité d’In Salah, le fait incontestable que les dunes y sont bien plus agressives ? ou faut-il trouver naturel que le centre le plus occidental soit aussi le plus évolué, puisque la colonisation est venue de l’ouest ?

Le tableau ne distingue pas les Arabes des Berbères, mais le texte du rapport Voinot est explicite sur la question.

La prédominance politique appartient incontestablement aux Arabes.

Dans l’est, à In Salah, les maîtres sont les Ouled Ba Hammou, Ouled Baba Aïssa et Ouled Mokhtar, qui se rattachent à un ancêtre commun venu du dj. el Akhdar en Tripolitaine.

Dans l’ouest, à Aoulef, ce sont les Ouled Zenana venus de Tlemcen en 1690. Ces deux groupes de familles arabes, chacune dans son domaine, exercent leur autorité d’une façon assez particulière.

Et d’abord ils l’assoient sur la force et la crainte, et non pas sur le respect religieux. Il existe au Tidikelt des zaouias, qui ont été fondées au XVIIe et au XVIIIe siècle comme dans les autres groupes d’oasis. Des chorfa du Touat (Sali) ce sont établis à Aoulef au commencement du XVIIe siècle. Des Kounta se sont fixés à Akabli en 1749, mais ces personnages religieux sont bien loin de jouer dans le Tidikelt occidental le rôle prépondérant qui est dévolu aux gens de poudre, les Ouled Zenana.

La prééminence des familles arabes guerrières a eu pour conséquence certaines tendances monarchiques. A In Salah la famille Badjouda, des Ouled Ba Hammou, exerçait une sorte de royauté.

En somme, sans que les djemaa aient disparu, il existe au Tidikelt, dans chacun des deux centres, une concentration de l’autorité entre les mains de familles arabes militaires. Nous sommes loin de l’anarchie touatienne et cela sent la marche frontière.

Les Berbères d’ailleurs, quoique subordonnés, ne sont pas ici dans une situation humiliée comme les Zenati du Touat et du Gourara, ils ne font pas figure de vaincus et d’annexés.

Le groupe berbère le plus important est celui des Ahl Azzi, ils se disent issus du Tafilalet en faisant étape au Touat. Ils sont m’rabtin (marabouts), c’est-à-dire qu’ils constituent une noblesse religieuse très respectée, dont l’arbre généalogique remonte aux premiers temps de l’Islam. En réalité, j’imagine que leur rôle social est le suivant. Comme Berbères ils sont bilingues, et comme marabouts, dans un pays où toute l’instruction est religieuse, ils ne peuvent pas être tout à fait analphabets. Auprès des Touaregs de marque on trouve généralement un secrétaire Ahl Azzi. Ils constituent une tribu d’interprètes, et ils jouent donc un rôle considérable dans un pays Arabe qui a des voisins et l’on pourrait presque dire des maîtres Berbères.

Car les Touaregs sont chez eux au Tidikelt, ils en sont restés en quelque sorte les suzerains. A 30 kilomètres au sud d’In Salah, Haci Gouiret est dominé par une petite gara couverte d’inscriptions tifinar’ ; ç’a été la guérite des guetteurs touaregs, beaucoup d’inscriptions y sont récentes, grafitti de sentinelles dans un corps de garde, et sa seule existence atteste des prétentions de surveillance et de domination.

L’influence touareg au Tidikelt s’atteste dans le costume, par la prédominance des cotonnades bleues, tout à fait inconnues au Touat et au Gourara où les blanches sont seules en usage.

Quelques tribus ou fragments de tribus Touaregs sont fixés au Tidikelt, à Akabli. — Les Settaf y sont devenus ksouriens, ce sont des nobles Azguers.

Autour d’Akabli gravitent d’autres Touaregs, agrégés aux tribus de l’Ahnet, les Sekakna, les Mouazil et les Kenakat ; ce qui explique pourquoi Sidi Ag Gueradji, chef des Taïtoq et de l’Ahnet, a eu longtemps à Akabli une sorte de maison de plaisance.

Les Sekakna, les Mouazil et les Kenakat sont des nomades, et ce ne sont pas les seuls au Tidikelt — nomades aussi, parmi les Arabes, les Oulad Zenana d’Aoulef, les Oulad Bahamou et les Oulad Mokhtar d’In Salah, les Ouled Yahia et les Ouled Dahane de Timokten, les Zoua de Foggaret ez Zoua. En somme, une fraction assez considérable du Tidikelt continue à nomadiser. Cela s’accuse d’ailleurs dans le tableau, dressé par Voinot, du cheptel au Tidikelt.

600 chameaux, 16 chevaux, 20 mulets, 700 ânes, 2500 moutons et chèvres.

La proportion des chameaux est tout à fait anormale pour un pays d’oasis et atteste la persistance des habitudes nomades. On se rappelle que le Touat n’a pas un seul nomade et que le Gourara en a pour mémoire (les Kenafsa). Voici donc une autre originalité du Tidikelt, et si on peut y voir une survivance de l’époque où tout le pays était en pâturages, il est surtout légitime de noter la relation entre le nomadisme et les vertus guerrières tout particulièrement nécessaires au Tidikelt.