LIX
C'est vraiment curieux, dans la vie d'un peintre japonais, les changements de noms et de signatures, et je crois qu'il est de toute nécessité, pour l'étude de l'oeuvre d'Hokousaï, chez lequel ces changements sont plus fréquents que chez tout autre peintre du Japon, de les indiquer, de les signaler.
De 1778 à 1785, Hokousaï, alors dit Tétzouzô, signe ses compositions du nom de Katsoukawo Shunrô ou simplement Shunrô.
En 1785, il signe un des deux livres, qu'il publie dans l'année: Goummatei.
En 1786, à la sortie de l'atelier Shunshô, il abandonne complètement la signature Katsoukawa Shunrô, pour prendre la signature Mougoura Shunrô, faisant comprendre par le nom de Mougoura (buisson) qu'il est indépendant de toute école. Il signe ainsi jusqu'en 1795.
En 1795 il signe Hishikawa Sôri ou simplement Sôri. Mais, avant d'adopter le nom de Hokousaï pour plusieurs années, un grand diptyque en couleur représentant un défilé d'hommes, de femmes, d'enfants, se promenant devant le temple d'Asakousa: planche qui est un mélange de Kiyonaga et d'Outamaro, nous le montre signant, peut-être quelques semaines: Tôshû Shunrô, changé de nom.
En 1796 il signe: 1° Hishihawa Sôri; 2° Sôri tout court; 3° Hokousaï
Sôri; 4° Hokousaï.
C'est donc à partir peut-être des derniers mois de l'année 1795, mais bien positivement à partir du Jour de l'An de 1796, qu'il prend le nom d'Hokousaï (l'atelier du Nord) entremêlé d'autres noms.
En 1797 il signe: 1° Hishikaw Sôri; 2° Sôri; 3° Hokousaï Sôri.
En 1798 il signe: 1° Sôri; 2° Hokousaï Sôri; 3° Hokousaï.
Cette année, il donne son nom de Sôri à son élève Sôji, et il signe: Sôri changé en Hokousaï.
En 1799 il signe: Sôri changé en Hokousaï et Hokousaï.
En 1800 il signe: Hokousaï, précédemment Sôri, et Gwakiôjin Hokousaï (Hokousaï fou de dessin) pour la première fois.
La même année il signe le COUP D'OEIL SUR LES DEUX BORDS DE LA SOUMIDA et le COUP D'OEIL SUR LES ENDROITS CÉLÈBRES DE YÉDO, et les POÉSIES ILLUSTRÉES SUR LES RÔLES DES RÔNINS, publiées en 1802: Hokousaï Tokimasa.
En 1801, 1802, 1803, 1804, il signe: Gwakiôjin Hokousaï (Hokousaï fou de dessin).
Il y a vers ce temps des estampes signées de lui Kakô, signature qu'il a mise au bas de sa prose, signant Tokitaro Hakô la TACTIQUE DU GÉNÉRAL FOURNEAU et autres livres jaunes.
En 1805 il signe: Koukoushin Hokousaï Gwakiôjin Hokousaï.
En 1806 il signe: Gwakiôjin Hokousaï, Katsoushika Hokousaï.
En 1807 il signe: Katsoushika Hokousaï. Ce nom, il le prend par amour pour ce quartier campagnard qu'il habita une partie de sa vie et qui le faisait se faire annoncer chez ses amis comme le paysan de Katsoushika.
En 1808 il signe: Hokousaï (tout court).
En 1809, 1810, 1811, 1812, 1813, peut-être 1814 et 1815, il signe: Katsoushika Hokousaï.
En ces années, quand il peint à Riôgokou un formidable Hotei, il signe: Kintaïsha Hokousaï (Kintasha voulant dire la maison au sac de brocart, qui est une allusion au sac de toile d'Hotei).
En 1816 il change de nom et signe: Hokousaï, changé en Taïto.
En 1817, sur la résistance du public à accepter le nom de Taïto, il signe: Hokousaï Taïto, dans les premiers mois de l'année: Taïto, précédemment Hokousaï.
En 1818 et 1819 il continue à signer: Taïto, précédemment Hokousaï.
En 1820 il change encore de nom, et signe: Katsoushika I-itsou, changement du nom de Hokousaï Taïto.
En 1821 il signe: Katsoushika I-itsou (celui qui ne fait qu'une chose), comme s'il voulait exprimer le regret de n'avoir fait que de la peinture depuis sa jeunesse; il signe encore: Guetti rôjin I-itsou (I-itsou vieillard fou de la lune).
En 1822 il signe: Fouzénkio I-itsou (I-itsou, celui qui ne fait qu'une chose, sans se laisser influencer par les autres).
En 1823 il signe: I-itsou. Hayashi dit que Hokousaï, voulait qu'on prononçât ce mot Tamekazou ou I-itsou, et que c'est une erreur de prononcer Tamé-itchi.
En 1824 il signe: I-itsou, le vieillard de Katsoushika, et le vieux fou I-itsou.
En 1826 il signe: le vieillard de Katsoushika I-itsou.
En 1829 il signe: le vieillard I-itsou, et cependant comme le public a l'habitude de son ancien nom, il signe cette année, les HÉROS DE SOUIKO: le vieillard I-itsou de Katsoushika, précédemment Hokousaï.
En 1834 il change une dernière fois de nom et signe: Manji changement de nom de Hokousaï, et Svastica [Symbol: svastika], le signe de Man (dix mille).
En 1835 il signe: Manji.
À partir de 1836, jusqu'à sa mort, il signe: Manji vieillard fou de dessin.
Hokousaï a usé encore d'autres signatures; de 1799 à 1800 il a signé: Shinsai, nom qu'il a quitté pour le donner à son élève Hanji, et encore vers 1800 il a signé: Raïto et Raïshin, le mot tonnerre, à la suite d'un terrible coup de tonnerre qui l'avait fait tomber de la chaussée dans une rivière.
Enfin, ainsi que l'annonce l'Oukiyo-yé Rouikô de Kiôdén, a-t-il signé des
DESSINS D'AMOUR du nom de Goumma ou Gounmatei?