XXXI

Cette note sur le Paysage à cent ponts est un témoignage du tempérament poétique du peintre, et la biographie de Kiôdén affirme en effet que Hokousaï fut un excellent poète dans la poésie Haï-kai (la poésie populaire).

A propos du goût d'Hokousaï pour la poésie, on raconte qu'il était membre d'une société de poètes, nommés les sociétaires de Katsoushika et, en raison de sa supériorité sur ses confrères, y exerçant une sorte de présidence. Or dans cette société il y avait des gens de service, ignorant que le peintre et le poète étaient le même homme, et il arriva qu'un soir on lui apporta une lanterne dont le papier était blanc, sans aucune ornementation; Hokousaï demanda un pinceau et dessina des tiges de fougères, d'un trompe-l'oeil si extraordinaire que le domestique qui avait apporté la lanterne ne put s'empêcher de crier: «Oh! vraiment, monsieur Hokousaï, quelle disposition vous avez pour le dessin!»

On entend l'éclat de rire des sociétaires de Katsoushika en train de regarder Hokousaï peindre.